En Chine, légère progression de la production malgré la crise

La rédaction

En Chine, légère progression de la production malgré la crise
En Chine, le prix du lait a perdu plus de 20 % entre janvier 2014 et mai 2015. - © P. Le Douarin

La Chine est en plein marasme laitier depuis 2014, alors que les conséquences du scandale de la mélanine se font toujours sentir. Beaucoup de petits producteurs ont mis la clé sous la porte suite à la forte chute du prix du lait. Celui-ci a perdu plus de 20 % entre janvier 2014 et mai 2015. Même s'il reste très supérieur (500 E/t) par rapport aux prix européens, il ne permet pas de couvrir des coûts de production très élevés à cause de la politique de soutien du prix du maïs. La majorité des vaches de ces petits producteurs ont été reprises par les plus grandes fermes, ce qui a permis à la production chinoise de progresser très légèrement, de moins de 1 % d'après les données officielles chinoises.

Baisse de consommation, chute du prix

Cette chute du prix du lait est liée à une baisse de la consommation chinoise à partir de mi-2014, et aux importations massives : plus d'un million de tonnes en l'espace de neuf mois ! Des importations qui avaient été tirées par la flambée du prix du lait chinois en 2013 (provoquée alors par le manque de lait).

En Chine, légère progression de la production malgré la crise

" En 2015, la filière est toujours marquée par la crise. La consommation a légèrement repris (+4 % par rapport à 2014) mais beaucoup moins qu'avant : les perspectives d'augmentation de la consommation ne sont plus les mêmes qu'en 2013, affirme Jean-Marc Chaumet de l'Institut de l'élevage. Les industriels chinois se livrent une féroce guerre des prix, car les stocks sont énormes (entre 150 000 et 250 000 tonnes). Ils sont par ailleurs confrontés à la concurrence du e-commerce très développé en Chine. " La réglementation concernant le e-commerce vient de changer en 2016 : jusque-là les produits importés sur internet étaient non taxés et non contrôlés au niveau sanitaire.

"Ceci n'est pas sans conséquence sur les importations de poudres maigres (-20 %) et grasses (-50 %) en net recul en 2015 par rapport à 2014. En revanche les importations de produits finis, vendus étiquetés importés (laits liquides, laits infantiles) poursuivent leur progression." On constate par ailleurs une part croissante des importations sous contrôle des entreprises chinoises : les investissements dans des usines ou des fermes à l'étranger (USA, France, Irlande, Pays-Bas, Danemark, Australie, Nouvelle-Zélande) se multiplient.

Perspectives 2016 : ventes en augmentation

Plus de 5 millions de naissances sont attendues en 2016 et les ventes de produits laitiers sont en augmentation sur le premier trimestre (+ 8 %). Les importations sont reparties à la hausse début 2016 dans toutes les catégories, "mais elles sont concentrées sur le mois de janvier à cause des modalités de l'accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande ; sur février-mars elles sont équivalentes à celles de 2015". Le prix du lait stagne mais le coût de production diminue suite à la baisse du prix de soutien du maïs à l'automne 2015. "Cela pourrait redonner de la rentabilité aux élevages chinois et booster la production."

Voir aussi article : " Des pays différemment impactés par la chute des cours mondiaux " et " Aux Etats-Unis, les éleveurs ont été 'préservés' jusqu'à fin 2015 ".

Source Réussir Lait

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