Etude sur 53 élevages : L'installation d'un robot dégrade les cellules dans trois quarts des élevages

Annick Conté*

Mieux vaut assainir le troupeau avant l'installation d'un robot si l'on veut éviter d'être pénalisé financièrement pour dépassement de cellules après son installation.

Très souvent après l'installation d'un robot de traite, le niveau de cellules du tank augmente ; il retourne en général à son niveau initial dans un délai de 3 à 6-8 mois, vraisemblablement par élimination des vaches infectées. Comment limiter l'impact financier de cette évolution ? D'après une étude menée par le GDS 49 et l'école vétérinaire de Nantes sur 53 exploitations des Pays de la Loire, le niveau de cellules après l'installation d'un robot est déterminé par celui qui existait avant son installation. Il est donc conseillé, si l'on veut éviter d'être pénalisé sur le prix du lait lié aux cellules, de bien maîtriser depuis plusieurs années les infections mammaires (moins de 200 000 cellules) avant de passer au robot. Julien Freiss, lors d'une présentation à la Journée bovine nantaise le 1er octobre dernier, recommande par ailleurs « de mener une politique d'assainissement du troupeau en amont de l'installation et de ne pas saturer au début le robot (maximum 60 vaches par stalle) ». Sans oublier d'être vigilant sur l'hygiène du bâtiment.

5,5 mois en moyenne

L'étude a été menée dans des exploitations qui avaient installé un robot(1) entre 2001 et 2008. Elles ont en moyenne 53 vaches et 500 000 litres de quota. Les comptages cellulaires individuels et de tank ont été recueillies deux ans avant et deux ans après l'installation du robot.
On constate que le nombre d'exploitations étant au moins un mois au-dessus de 400 000 cellules a plus que doublé : il est passé de 13 à 28 élevages, avec un dépassement en moyenne de 5,5 mois sur 24 mois. Dans trois quarts des élevages, la dégradation observée sur les six premiers mois est supérieure à 25 000 cellules. Pour un tiers d'entre eux, elle est supérieure à 125 000 cellules. Et 18 exploitations sont à plus de 300 000 cellules sur les six premiers mois.

 

Le niveau de cellules se dégrade quel que soit le groupe. (Source : GDS49 - ENV Nantes)

Le niveau de cellules se dégrade quel que soit le groupe. (Source : GDS49 - ENV Nantes)

 

Plus de vaches infectées

Les 53 exploitations ont été classées en trois groupes selon leurs résultats avant installation : un groupe « faible » (au moins 11 contrôles à moins de 200 000 cellules), un groupe « élevé » (au moins 11 contrôles supérieurs à 260 000 cellules), et un groupe « moyen ». L'évolution a été la même dans les trois groupes. « Ce n'est pas parce qu'on est bon avant qu'on se dégrade moins », souligne Julien Freiss. Le groupe « faible » passe à plus de 250 000 cellules, le « moyen » à plus de 300 000 cellules et le groupe « élevé » à plus de 400 000. Il constate une très forte augmentation du niveau de cellules des vaches infectées avant installation (celles à plus de 300 000 cellules) : leur comptage augmente en moyenne de 350 000 cellules. Et surtout une forte augmentation du nombre de vaches infectées qui se sont contaminées après l'installation du robot.

Les éleveurs ont par ailleurs été questionnés sur leurs pratiques. Très peu sur les 66 pratiques étudiées semblent avoir une influence sur la dégadation cellulaire. La saturation des stalles semble jouer : mieux vaut éviter de traire plus de 60 vaches (avec des robots installés entre 2001 et 2008 dont la moitié en 2007-2008). Ainsi que l'utilisation de sciure en logettes et l'absence de désinfection des trayons avant l'administration d'un intra-mammaire. L'étude n'a pas mis en évidence d'efficacité flagrante du système de désinfection des manchons. De nouvelles études devraient être mises en place, sur de plus grands échantillons et sur les systèmes de désinfection des manchons.


(1) 77 % Lely - 23 % Delaval.

Source Réussir Lait Elevage Novembre 2009

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