Fabricants d'aliment du bétail : Inventer le futur de la nutrition animale »

Emeline Bignon

Si la compétitivité reste un enjeu majeur, les fabricants d'aliments doivent aussi composer avec la demande sociétale et l'image associée aux différentes matières premières.

« Dans le contexte actuel, la part d'imprévisible et d'aléas est de plus en plus forte. Pour imaginer le nouveau cap de l'alimentation animale, nous devons mener une réflexion collective et tissé des relations nouvelles », a exposé Adolphe Thomas lors de l'assemblée générale du Syndicat national de l'industrie de la nutrition animale, le 27 mai dernier, à Paris. Une idée qui fait écho au projet de contractualisation interfilière — entre fabricants et organismes stockeurs, et fabricants et éleveurs — pour aider à la maîtrise de la volatilité du cours des matières premières. « Mais pour être efficace, cette contractualisation doit s'envisager tout au long de la chaîne, jusqu'à la distribution, insiste-t-il. Il faut pouvoir répercuter l'impact de l'évolution des cours des matières premières dans les prix de vente des produits animaux au consommateur. » La balle est dans le camp des distributeurs.
« Nos clients sont prêts à payer un peu plus cher des produits animaux seulement s'ils offrent une différenciation par rapport à ceux des autres pays de l'Union européenne. N'est-il pas possible par exemple de produire sans soja dans l'alimentation ? », s'interroge Serge Papin, président de Système U, invité au débat. « Oui, à condition que les consommateurs soient prêts à consentir pour cela un écart de prix significatif, rétorque Olivier Lapierre du Cereopa. Le soja est aux filières animales (NDLR : porcs et volailles) ce qu'est le kérosène aux avions. S'en affranchir totalement reviendrait à faire voler les avions avec du charbon… »

Répondre à une demande intérieure plus exigeante, tout en restant compétitifs avec nos voisins européens se révèle une équation difficile à tenir pour les filières animales. (C. Gérard)

Répondre à une demande intérieure plus exigeante, tout en restant compétitifs avec nos voisins européens se révèle une équation difficile à tenir pour les filières animales. (C. Gérard)

L'engagement de l'aval est la clé du problème

Répondre à une demande intérieure plus exigeante, tout en restant compétitifs avec nos voisins européens se révèle une équation difficile à tenir pour les filières animales. Pour Serge Papin, pourtant, « la demande est là et la tendance ne s'inversera pas. Il faut donc trouver une troisième voie entre l'agriculture conventionnelle et le bio », en tenant davantage compte de la demande de la société notamment en matière de résidus de pesticides, d'antibiotiques, etc. « Je crois au développement des produits à vocation santé. »

Des ingrédients polémiques dans le collimateur

L'enseigne se dit prête à s'engager sur le long terme avec une valorisation à la clé. Elle affiche la volonté d'exclure de ses produits une liste de 80 ingrédients « polémiques », comme l'huile de palme par exemple. « Le jour où c'est la grande distribution qui fera les normes, on sera mal barré ! », lance avec un sourire ironique Xavier Beulin, président de la FNSEA. « Les commerçants n'ont pas vocation à changer le monde, mais à satisfaire les consommateurs », conclut Serge Papin.

Source Réussir Lait Juillet-Août 2011

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