Filière : Les Coopératives laitières favorables à un système de contractualisation

Annick Conté

La FNCL souhaite discuter, dans le cadre de l'interprofession, d'un système de double volume/double prix.

La raison de la crise laitière actuelle ? Tout le monde le dit, c'est la désactivation des différents dispositifs d'ajustement de la production à la consommation. « On est aujourd'hui dans un système dérégulé. Très peu de volumes en plus ou en moins peuvent avoir des conséquences importantes sur les prix, a rappelé Dominique Chargé, secrétaire général de la FNCL lors de l'assemblée générale le 23 avril dernier. L'excès de produits industriels entraîne le prix du lait dans une spirale descendante, avec de surcroît un risque de non collecte des laits flottants. Si l'on ne fait rien, c'est la promesse d'un prix volatil pour les années à venir, tel qu'on le vit déjà aujourd'hui. À moins de ramener un minimum de régulation, en tenant compte des spécificités françaises. »

Gérard Budin, président de la FNCL. « La contractualisation ne doit pas avoir pour seul et unique but d'adapter les volumes de lait aux demandes du marché, notamment intérieur. » (A. Conté)

Gérard Budin, président de la FNCL. « La contractualisation ne doit pas avoir pour seul et unique but d'adapter les volumes de lait aux demandes du marché, notamment intérieur. » (A. Conté)

Un volume B marginal et optionnel

« Il est de plus en plus clair que la contractualisation devient un outil indispensable tant pour les producteurs que pour les entreprises qu'elles soient coopératives ou privées », a affirmé Gérard Budin, président de la FNCL. Une contractualisation pour laquelle « on a tout intérêt à tracer un cadre général interprofessionnel ».

« Elle ne doit pas avoir pour seul et unique but d'adapter les volumes de lait aux demandes du marché, notamment intérieur. Mais doit aussi donner l'opportunité aux producteurs qui le souhaitent de produire en marginal une quantité de lait supplémentaire. Même si celle-ci leur est rémunérée à un prix correspondant aux prix mondiaux, elle leur permettra de financer une partie de leurs charges fixes. » La FNCL relance donc l'idée d'un système de volumes et de prix différenciés, présentée par Frédéric Chausson, directeur du développement coopératif de Sodiaal Union. Il s'agit de séparer le volume de lait produit en deux volumes. Un volume A stable, représentant un pourcentage du quota historique (à définir) ; il serait payé à un prix A de type accord sur le prix du lait de 1997 (avec un mix d'indicateurs). Et un volume B optionnel, laissé au bon vouloir du producteur ; il serait payé à un prix B réactif connecté au marché beurre/poudre. Frédéric Chausson ne voit pas d'autre solution pour échapper à l'avenir à un prix du lait qui oscillerait entre 200 et 400 euros/1000 litres.
« Un tel système donnerait aux entreprises un argument fort pour expliquer aux distributeurs que le prix de la matière première des PGC n'est pas le même que celui des produits de dégagement, affirme de son côté Dominique Chargé. Il est urgent de rentrer rapidement dans la contractualisation, quitte à faire évoluer le système après. »

Garantir l'étanchéité

Mais la mise en place d'un tel système est « complexe et soulève pas mal de questions ». En particulier, comment garantir l'étanchéité des différents volumes mis en marché, c'est-à-dire garantir que le volume additionnel B ne vienne pas contaminer le volume A ? Pour cela, il faut assurer la transparence du système. La solution est-elle dans une gestion collective du quota B ? Autre question, soulevée par le président de la FNPL, Henri Brichart : « le prix A restera-t-il la résultante des marchés ou deviendra-t-il un élément directeur de la politique des entreprises de transformation ? » Et un tel système est-il « OMC compatible » ?
« Discutons-en en interprofession, conclut Gérard Budin. Mettons-nous d'accord et faisons ainsi le choix du développement et de la valeur ajoutée pour nos producteurs et nos entreprises. »

Source Réussir Lait Elevage Juin 2009

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