Génétique : La branche IA n'entend pas rompre sous le poids de la concurrence

Franck Mechekour

Comment poursuivre une forme de coopération dans un secteur qui s'est ouvert à la concurrence ? Cette question a fait l'objet d'un riche débat le 15 février lors de l'assemblée générale de l'Unceia.

Ouverture à la concurrence, génomique… En France, le secteur de la sélection et de l'insémination évolue à vitesse grand « V » depuis cinq à six ans. En effet, la Loi d'orientation agricole de 2006, a mis fin au monopole de zone qui protégeait depuis 1966 l'activité des entreprises de sélection et des coopératives d'insémination sur un territoire donné.

EuroGenomics, une collaboration européenne en Holstein

En l'absence de concurrence dans l'Hexagone, les entreprises de sélection ont mutualisé leurs efforts avec des résultats indéniables sur le terrain de la mise au point de nouvelles technologies. La révolution génomique, portée par l'Unceia et l'Inra, en est un excellent exemple. Dans son rapport moral, Michel Cetre, le président de l'Unceia(1), a notamment souligné que sans cet investissement collectif, « nous n'aurions pas connu un tel succès car les programmes de recherche requièrent beaucoup d'argent et une grande quantité de données ».
Préserver une dose de coopération tout en étant concurrent sur certains secteurs d'activités afin d'améliorer la compétitivité de son entreprise revient à pratiquer de la « coopétition ». Cette pratique ne date pas d'aujourd'hui a rappelé Christophe Assens, maître de conférences au sein de l'Institut supérieur du management de l'université de Versailles. Ce dernier a notamment cité des exemples de « coopétition » dans le monde de l'audiovisuel, de l'automobile (groupe PSA)… La fusion récente des activités de recherche semencière menées par les groupes InVivo et RAGT-semences en est un autre. Le secteur de la génétique bovine n'est pas en reste. Ainsi, via le projet EuroGenomics, cinq entreprises européennes(2), pourtant concurrentes sur le terrain, ont décidé en 2009 de mettre en commun leur population de référence en race Holstein (18 300 taureaux) pour améliorer la fiabilité des index génomiques.

Garder une part de liberté pour se différencier

Alain Guillaume, président de l'entreprise de sélection Gènes-Diffusion, a souligné que le travail réalisé en commun sur un dossier tel que la génomique, n'empêche pas « de garder une part de liberté pour se différencier ». Et d'ajouter : « tout ne doit pas venir de la capitale. Nous faisons aussi de très bonnes choses en région. » Rappelons que Gènes-Diffusion a mis en place une plateforme génomique multi-espèces en 2009 en complément du projet commun.
Fusion, partenariat plus ou moins développé… chaque entreprise de sélection tente de placer le curseur au bon endroit pour rester compétitif sur le marché de la génétique devenu plus concurrentiel.

(1) Union nationale des coopératives agricoles d'élevage et d'insémination animale.
(2) Unceia, CRV pour les Pays-Bas, DHV pour l'Allemagne et VikingGenetics pour la Scandinavie.


Source Réussir Lait Mars 2011

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