Herbe et céréales, un régime au top pour l’AOP

Patricia OLIVIERI

Nouveau portrait de producteur engagé, cette fois dans la zone granitique de la Planèze, qui valorise ses céréales.

Installé voilà sept ans au bourg de Rezentières en production laitière, Thierry Vernières, 40 ans, élève aujourd’hui 40 montbéliardes et leur renouvellement pour une référence de 256 000 litres livrés à l’usine 3A de Talizat. Il y a trois ans, ce producteur a fait le choix de s’engager dans les filières AOP d’Auvergne, en respectant le cahier des charges des appellations cantal, bleu d’Auvergne et fourme d’Ambert dont les zones de production couvrent la commune. “Je ne l’ai pas fait que pour la carotte financière, explique-t-il. Mais aussi pour la démarche qualité qu’il y a derrière.” Sans compter un autre argument économique apparu depuis : celui de pouvoir commercialiser des vaches pour la production auprès de collègues concernés par la zone de l’appellation cantal. “On a de plus en plus de demandes”, expose Thierry Vernières, sachant que lui-même s’astreint à un taux de renouvellement annuel de 25 à 30 % et qu’il utilise quelques doses de semences sexées en IA (insémination animale) afin de s’assurer d’avoir des génisses

Une production de céréales accrue pour réduire la facture d’alimentation.

Viser l’autonomie en paille

Un choix d’autant plus pertinent que Thierry Vernières dispose aujourd’hui de surfaces adaptées à son cheptel. Avec 71 ha, son chargement ne dépasse pas 0,8 UGB/ha et l’éleveur a diversifié son assolement via une production accrue de céréales autoconsommées sur cette zone granitique : il cultive 7 ha (contre 4,5 il y a quelques années) de blé mais aussi de triticale, qui lui permettent de réduire ses coûts d’alimentation  mais aussi d’être autosuffisant en paille (les laitières sont en étable entravée, les génisses de 1 à 2 ans sur paille accumulée). Le reste de la SAU est réparti en 18 ha de prairies temporaires et 46 ha de prairies naturelles (soit 64 ha de SFP).  L’alimentation des laitières se fait à base d’enrubannage d’herbe et de foin avec une complémentation en céréales, en tourteau acheté via un groupement au sein de la Cuma de Rezentières et d’aliment vaches laitières. Le concentré ne dépasse pas le 1,8 kg par vache laitière imposé par le décret de l’appellation cantal. “Je n’ai pas eu de problèmes particuliers pour m’adapter à ces nouvelles conditions de production”, explique l’éleveur qui a déjà été contrôlé deux fois. En 2011, la sécheresse l’a néanmoins conduit à acheter des fourrages extérieurs à la zone de production de l’appellation cantal, en l’occurrence du maïs ensilage, grâce la dérogation obtenue auprès de l’Inao. En 2012, le producteur a eu l’opportunité d’acquérir à nouveau de l’ensilage de maïs (11 TMS), issu cette fois de la zone AOP. L’agriculteur de Rezentières fait par ailleurs partie des éleveurs engagés avec 3A dans une production de cantal au lait cru valorisée par une prime de 6 €/ 1 000 litres. “Ce sont des contraintes supplémentaires au niveau de l’hygiène de la traite, cela demande beaucoup plus de rigueur mais on est suivi par des techniciens”, commente-t-il.

Hygiène irréprochable

“Cette production de cantal au lait cru a été délocalisée progressivement à partir de juin 2011 de Saint-Mamet à Talizat, retrace Gilles Meyrial-Lagrange, technicien production laitière de 3A qui suit Thierry Vernières. Quatre-vingt producteurs de la grande région qui va de la Planèze à la Margeride en passant par le secteur sanflorain ont été sélectionnés sur leurs résultats sanitaires pour approvisionner cette filière.” Une filière(1) qui exige une attention sanitaire  permanente. Ainsi, toutes les citernes sont analysées au dépotage avec recherche de pathogènes et en cas de problème, la coopérative peut remonter aux producteurs dont le lait fait l’objet d’un prélèvement à chaque pompage. “Cela demande d’être très réactifs, on est en permanence sur la brèche et côté producteurs, on impose une hygiène de traite irréprochable”, explique le technicien, pour qui le mot d’ordre est un maximum de prévention via un suivi poussé des  producteurs. (1) Pour 2013, 1 800 tonnes d’AOP sont prévues en fabrication à l’usine de Talizat.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires