Incidence sur le revenu : Lait : Etude sur la productivité de la main d'oeuvre

Emmanuel ETESSE (Cogedis)

La productivité de la main d'oeuvre laitière est en augmentation. Elle est au coeur de la rentabilité de l'exploitation. Analyse de Emmanuel Etesse.

La productivité de la main d'oeuvre laitière a progressé de 15,8 % sur les 5 dernières campagnes d'après une enquête Cogedis sur 1200 exploitations laitières spécialisées. Derrière ce résultat global, se cache une grande hétérogénéité. Le litrage par UTH varie de moins de 80 000 à plus de 400 000 litres ! La moyenne est de 195 000 litres par UTH. Cette augmentation atteint en moyenne 30 000 l en 5 ans. Elle s'explique par plusieurs facteurs comme la concentration. Alors que le nombre de petites exploitations diminue, et que la taille des structures ne cesse de croître, la main d'oeuvre elle, n'est guère extensible. Les gains de productivité sont donc d'actualité. Le manque de candidats au salariat agricole, l'amélioration des conditions de travail, l'évolution génétique du troupeau, sont aussi des facteurs explicatifs de cette progression du volume produit par actif agricole. La révision récente des projets agricoles départementaux va aussi dans ce sens.

Hausse du revenu

Cette hausse de la productivité se traduit naturellement par une hausse du revenu*. Ceux qui font des efforts ou bien qui investissent pour améliorer le rendement de leur exploitation laitière en récoltent logiquement les fruits. Ce qui est nouveau, c'est que cette corrélation entre la productivité et l'excédent brut d'exploitation (EBE) par UTH familial est quasiment de 1 pour 1 jusqu'à 350 000 litres par UTH. Au-delà, le rapport commence légèrement à s'infléchir tout en restant positif. Ceci étant, sur ces niveaux extrêmes, il est difficile pour l'instant de se prononcer car peu d'exploitants ont poussé l'organisation de leur exploitation de façon à pouvoir produire plus de 400 000 litres par UTH. Ceux qui s'y sont lancés ont souvent beaucoup investi dans du matériel de distribution, de traite (type robot), de façon à automatiser leur production.

80 à 100 euros pour 1000 litres

Une limite vient nuancer toutefois cette linéarité entre la productivité et le revenu. L'amélioration du rendement laitier par UTH nécessite souvent des aménagements ou même des investissements lourds. Le risque est qu'ils absorbent la totalité ou plus que ce qui est gagné en termes d'EBE. Un raisonnement de gestionnaire est toujours primordial et il faut donc cibler les investissements qui permettent à la fois de gagner du temps sur les tâches courantes et de se concentrer sur les aspects techniques. Le coût des nouvelles acquisitions se traduira par des remboursements d'emprunts auquel l'EBE doit faire face. L'analyse des chiffres de notre échantillon montre qu'en moyenne, 1000 litres de productivité gagnée par UTH se traduit par une progression de 150 à 200 euros d'EBE. Cette progression de l'EBE sert pour moitié à financer les investissements qui ont permis d'y parvenir… Reste donc pour les prélèvements privés, et pour la marge de sécurité, une manne financière de 80 à 100 euros par 1000 litres de productivité gagnée, ce qui constitue un très bon rendement.

Attention tout de même aux limites de ce système car à trop vouloir en faire, on perd parfois plus d'argent qu'on en gagne. Il faut se fixer des objectifs de productivité, les franchir par palier et s'y préparer ! Au départ d'un associé, passer de 200 000 litres/UTH à 300 000 litres par UTH ne s'improvise pas. Embauche, investissement, association sont autant de pistes à étudier…

*Concernant la rémunération, c'est l'EBE par UTH familiale qui est le critère retenu car la rémunération des salariés figure déjà au niveau des charges de structure et est donc d'ores et déjà soustraite de l'EBE

 

Source Cogedis

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