L’arrêt du lait fragilise les exploitations

Costie Pruilh - Réussir Lait Février 2013

L’arrêt du lait fragilise les exploitations
C’est le contexte propre à chaque exploitation qui pèse dans la décision finale. © J. Chabanne

Cerfrance Calvados a réalisé une simulation d’arrêt de la production laitière pour se spécialiser en grandes cultures. L’EBE baisse. La marge de sécurité peut rester satisfaisante si le contexte grandes cultures reste durablement favorable.

« Et si j’arrêtais le lait ? » est la question du moment posée au conseiller de gestion. Les motivations sont souvent autres qu’économiques : résoudre un problème de main-d’œuvre suite au départ d’associés, s’exonérer de contraintes administratives (conditionnalité, directive nitrates…), lever l’astreinte journalière. « Les structures qui projettent d’arrêter sont plutôt de grande taille. Elles ont une surface labourable suffisante pour se poser la question. Alors que jusqu’à présent les arrêts de gros quotas ne concernaient que les zones intermédiaires, ils touchent aujourd’hui aussi les bassins laitiers. En cause, un vrai décalage de rentabilité (revenu brut, revenu ramené au temps de travail, revenu ramené aux engagements financiers) entre les grandes cultures et le lait. Personne ne sait dire si cette situation sera durable ou non. Certains font le pari que oui », brosse Alain Le Boulanger, économiste au Cerfrance Normandie Maine.
Le fait qu’il n’y ait plus d’aide couplée à la production laitière, et que la volatilité du prix du lait et des intrants se soit renforcée, est défavorable au maintien du lait. Le lait a longtemps été synonyme de revenu régulier et stable. Ce n’est plus le cas.

Les gros arrêts gagnent les régions laitières

Le Cerfrance Calvados a réalisé une simulation sur deux cas types inspirés de cas réels. Pour ces deux exemples, la mise aux normes est remboursée et le niveau d’endettement est limité. « La situation financière de départ est en effet déterminante pour supporter la baisse d’EBE qui découle de l’arrêt de la production laitière », souligne Baptiste Fos, conseiller de gestion au Cerfance Calvados. Le fait que la rentabilité de l’atelier lait soit moyenne dans les deux cas a également toute son importance. Et dans tous les cas, l’arrêt du lait est un pari sur de bons prix durables en grandes cultures, avec peu de mauvaises années. Au vu des simulations, « il paraît plus facile d’arrêter le lait à l’approche de la retraite qu’au moment d’un départ d’associé, car il faut alors financer la reprise des parts sociales dans un contexte de baisse de l’EBE », conclut Baptiste Fos. Il met en garde : « La spécialisation fragilise l’exploitation face à un retournement des marchés grandes cultures. »
Au-delà de l’analyse économique « c’est le contexte propre à chaque exploitation (familial, motivations, relations laiterie…) qui pèsera dans la décision finale. L’analyse doit donc se faire au cas par cas. »

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Commentaires 11

jo 79

on en peut plus de ce lait qui n'est pas payé
on peut pas embauché , si ça continue on arrete tout car notre santé en prend un coup

lolo64

l arret du lait fragilise la filiere lait ,en aucun cas l agriculteur

eleveur 61

Les transformateurs considérent colecter trop de lait en france ;le groupe lactalis en est la preuve en 2012 il a payè la tonne de lait 10€ inferieure à ces collégues c'est la preuve qu il vont continuer à faire pression sur les prix.Aujourd hui il n y a pas d'avenir pour les producteurs .

jm 03

pas de salarier pas de lait travailler a 5 euro de l heure ca suffit il on raison d arretter

jm 03

pas de salarier pas de lait travailler a 5 euro de l heure ca suffit il on raison d arretter

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