L’industrie laitière monte au créneau contre le projet de loi Sapin 2

Lise Monteillet

L’industrie laitière monte au créneau contre le projet de loi Sapin 2

Les mesures agricoles contenues dans le projet de loi Sapin 2 inquiètent la fédération nationale de l’industrie laitière (FNIL). Celle-ci est réticente à l’étiquetage de l’origine du lait, à la mention du prix dans les contrats et à la prise en compte des coûts de production. Des mesures qui risquent, selon elle, de dégrader le positionnement concurrentiel des transformateurs.

Selon la FNIL, le projet de loi Sapin 2 ne fournirait aucune réponse à la crise, mais conduirait plutôt à une perte de compétitivité des industriels français. « Les entreprises laitières ne demandent qu’une chose : avoir les mêmes règles du jeu que leurs concurrents », souligne Olivier Picot, le président de la FNIL.

Ce dernier se montre très réservé sur l’étiquetage de l’origine du lait et des ingrédients laitiers, un dispositif qui devrait être bientôt expérimenté en France, après avoir obtenu le feu vert de la Commission européenne. Cette mesure, soutenue par la profession agricole,  est jugée par Olivier Picot comme « extrêmement protectionniste ». Elle pourrait, selon lui, ouvrir une brèche dans laquelle s’engouffreraient d’autres pays européens. Or, la France n'a « aucun intérêt » selon la FNIL à aller dans cette direction, car elle exporte beaucoup de produits laitiers à l’étranger. « Il faut arrêter les fantasmes. Nous sommes exportateurs, pas importateurs », insiste-t-il. La mesure va également contraindre les industriels à modifier leurs emballages, ce qui représente des coûts supplémentaires.

Prix dans les contrats : la FNIL dit « non »  

Les industriels sont opposés à la mention d’un prix du lait prévisionnel dans les contrats de vente, préférant rester sur une « formule de prix ». « L’évolution future de ces cotations et indicateurs n’est pas connue pour les mois suivants, surtout dans des marchés de plus en plus volatils avec la libéralisation de la PAC européenne », argumente la FNIL.

L’obligation de prendre en compte les coûts de production dans la détermination du prix du lait payé au producteur inquiète également les industriels. Olivier Picot se demande quels coûts de production seront retenus : "le meilleur, le plus mauvais, une moyenne ?"

La FNIL s’interroge enfin sur la prochaine crise en prévision, celle « de la hausse du prix du lait ». Et elle alerte sur l’incapacité future de l’industrie à répercuter cette hausse vis-à-vis de la grande distribution, bloquée par le cadre réglementaire adopté en 2008. 

Selon le ministère de l'Agriculture, le projet de loi Sapin 2 contient «des avancées importantes pour les agriculteurs». Plusieurs dispositions visent ainsi «à assurer une meilleure répartition de la valeur au sein de la filière alimentaire, grâce à des relations commerciales plus transparentes et à une contractualisation rénovée entre les producteurs agricoles et les entreprises agroalimentaires d’une part, et les entreprises agroalimentaires et les distributeurs d’autre part».

Sur le même sujet : 

[Décryptage] 6 mesures sur l’agriculture dans le projet de loi Sapin 2

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Contrats : la FNSEA souhaite une prise en compte des coûts de production

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Commentaires 4

JCA61

La FNIL, voudrait elle continuée à nous enfumée?
Depuis plusieurs mois les industriels laitiers nous mentent à grand coups de pertes de marchés à l'international, ralentissement et saturation de la consommation intramuros. Restructurations j'en passe et des meilleurs!
Dites plutôt haut et fort que ces périodes vous permettent de faire des bénéfices extraordinaires sur le simple fait que vous achetez votre minerai " le lait" le moins cher possible et tous cela en organisant la surproduction.
Aujourd'hui vous assassinez l'agriculture et cela n'empêche personne de respirer, continuer à alimenter une politique agricole irresponsable.

skippy

Peut être que certains transformateurs (de Laval par exemple) sont aussi contre la fait de publier leurs résultats financiers.

1584

ils prennent vraiment les éleveurs pour des c..., je pense qu'à un moment ça va leur péter au nez et qu'ils risquent eux aussi de perdre leur chemise!

tom63

Oh, arrêtez, je vais faire ma petite larme vers la fnil ......

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