La crise motive les éleveurs à rester en AOP normande

Costie Pruilh

La crise motive les éleveurs à rester en AOP normande
Mettre en cohérence les volumes de lait produits avec les quantités de fromages vendus est un des challenges que se donne l'Union des OP. - © Anaof/archives

Le renforcement du cahier des charges des trois appellations d'origine protégées fromagères normandes s'achèvera en 2017 avec la règle de 50% minimum de race normande dans chaque exploitation engagée, "ce qui correspond environ à 75% de normandes dans la collecte de lait AOP", indique Benoît Duval, président de l'Union des cinq organisations de producteurs de fromages AOP normands. "Une grosse partie des producteurs qui voulaient se désengager de l'AOP l'ont déjà fait en 2015. Cette année, avec la crise, nous avons au contraire des éleveurs qui toquent à la porte des AOP. Les fromageries ont acté le principe d'une prime AOP de 50 euros/1000 l maximum pour 2017, sauf Isigny sainte mère, qui ne donne aucune plus-value. Le montant que les éleveurs toucheront dépendra de la répartition des livraisons sur l'année, et la prime sera conditionnée au respect d'exigences sanitaires. Les plus performants devraient réussir à obtenir 40 euros."

Pour un prix du lait déconnecté du conventionnel

L'Union d'OP défend la déconnexion du prix du lait AOP du prix conventionnel. Une orientation prise par exemple par la fromagerie Gillot (lire brève ci-contre). Mais tous les transformateurs ne le font pas. "Les écarts de prix sur l'année 2015 atteignent 15 à 20 euros pour 1000 litres !"

L'autre challenge que se donne l'Union d'OP, c'est la mise en cohérence des volumes de lait produits par rapport aux quantités de fromages vendues. "Nous nous sommes prononcés contre la cessibilité des contrats de gré à gré, pour atteindre cet objectif. Dans le cas d'une simple transmission, le jeune reprend rapidement le volume contractuel du cédant, gratuitement. Une exploitation qui veut du volume supplémentaire demande à sa fromagerie et à l'OP si le marché le permet. L'OP et la fromagerie décideront s'il vaut mieux attribuer des volumes à cette ferme (cela remet-il en cause sa capacité à répondre au cahier des charges?) ou faire entrer un nouveau producteur dans l'AOP."

Source Réussir Lait

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