La France veut déployer sa filière de méthanisation agricole

Costie Pruilh - Réussir Lait Mai 2013

La France veut déployer sa filière  de méthanisation agricole
Le Club biogaz travaille à des propositions pour améliorer la rentabilité des projets. © J. Nanteui

Simplification administrative, tarifs à revoir pour l’incorporation d’effluents d’élevage, possibilité de commercialiser le digestat… Le gouvernement va tenter de lever des freins à un véritable essor de la méthanisation.

Le Plan énergie méthanisation autonomie azote présenté par le gouvernement vise la mise en route d’une vraie filière française, avec un objectif de 1000 méthaniseurs agricoles en 2020. Le modèle visé sont des installations collectives portées par les agriculteurs, valorisant des effluents d’élevage, fonctionnant avec des circuits d’approvisionnement courts, et des technologies et du savoir-faire français. Il répond aux objectifs de transition énergétique et de réduction de la dépendance de la France à l’azote minéral.

Une homologation de digestat attendue d’ici fin 2013

De nombreuses pistes et outils font partie de ce plan. En voici quelques-uns : un appel à projets « Gestion collective et intégrée de l’azote » sera initié dans deux bassins pilotes (fonds de 10 millions d’euros) ; acquérir et partager une meilleure connaissance des ressources méthanisables, notamment des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), et accompagner le soutien à l’utilisation de CIVE ; relever le seuil du régime d’autorisation de 50 à 60 tonnes d’intrants par jour dans le cadre de la réglementation relative aux installations classées pour la protection de l’environnement (rubrique ICPE 2781-1). « Afin de limiter les distorsions de concurrence avec les pays voisins, le Club Biogaz propose de remonter les seuils actuellement à 30 et 50 t/j, à 70 et 100 t/j », réagit ATEE Club Biogaz.
Pour pouvoir valoriser les digestats autrement que via un plan d’épandage, la première homologation d’un digestat de méthanisation agricole est attendue d’ici la fin de l’année 2013. Une autorisation provisoire de vente, préalable à l’homologation, servira à l’acquisition de données et à un retour d’expériences. « Il faut aussi rendre le plan d’épandage moins lourd à gérer administrativement », interpelle Armelle Damiano, de l’association Aile.
Pour améliorer le dispositif d’achat pour l’électricité produite à partir de biogaz, le plan s’engage à revoir la prime d’effluents d’élevage.

Des améliorations du calcul des primes toujours attendues

Aile souhaite aussi que toutes les formes de méthanisation agricole soient soutenues, et pas uniquement le petit collectif. « Pour la petite méthanisation, individuelle à la ferme, il manque un levier économique. Le tarif de base est le même de 0 à 150 kW. »
L’association rappelle aussi quelques revendications, que le plan n’évoque pas. « Le calcul de la prime à l’efficacité énergétique exclut toujours la chaleur nécessaire à l’hygiénisation des matières entrantes. La substitution du chauffage électrique par la chaleur produite par l’unité de méthanisation n’est pas prise en compte. Les améliorations de la valorisation de la chaleur réalisées après le dépôt du projet ne sont pas non plus comptabilisées dans le calcul de la prime à l’efficacité énergétique ! Et pour la prime aux intrants, le tarif pour le biométhane prend en compte davantage de types de résidus ! » Autant d’incohérences qui pénalisent des projets vertueux.

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