Lait contaminé Lactalis: la réponse des autorités mise en cause

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Lait contaminé Lactalis: la réponse des autorités mise en cause

L'affaire du lait infantile de Lactalis contaminé aux salmonelles a rebondi mercredi autour de la lenteur supposée de la réaction des autorités après la découverte de bactéries dans l'usine en août et en novembre 2017.

L'hebdomadaire Le Canard Enchaîné affirme notamment que des inspecteurs vétérinaires n'ont rien détecté lors d'une visite de contrôle en septembre.

Quelle a été la réponse de l'Etat?

Un arrêté préfectoral, daté du 9 décembre et publié à la fin du mois, a demandé l'arrêt de l'activité de production de poudres de lait infantile de l'usine Lactalis de Craon (Mayenne). A cette occasion, le gouvernement, en l'occurrence Bercy, chargé notamment de la Répression des fraudes et du suivi des produits infantiles, avait annoncé le 10 décembre un retrait massif de lots de lait, alors que jusque-là, seuls quelques lots avaient été rappelés. Onze jours plus tard, Lactalis procédait au rappel de l'ensemble de ses laits et autres produits infantiles produits dans cette usine depuis février.

Au sujet d'un contrôle pointé du doigt par le Canard Enchaîné mercredi, le ministère de l'Agriculture reconnaît qu'aucune anomalie n'avait été décelée en septembre dans l'usine. Cela s'explique par le fait que l'inspection "portait sur un seul domaine d'activité de l'usine": "un nouvel atelier de mélange à sec de céréales" et pas sur les activités de poudre de lait.

Le ministère affirme n'avoir "pas eu connaissance" des résultats des auto-contrôles menés par le groupe en août et en novembre qui avaient décelé des traces de salmonelles dans les bâtiments, mais pas sur les chaînes de production. Dans sa défense, il souligne qu'une obligation de notification n'existe que lorsque une non-conformité a été décelée sur un produit mis sur le marché.

En face, Lactalis rétorque que "les autorités ont à disposition les résultats des audits en permanence". Mercredi soir, le groupe a résumé sa version des faits dans un communiqué: "Les deux seules analyses positives, l'une en août et l'autre en novembre, de traces de salmonelle ont été révélées uniquement dans l'environnement et non dans les produits. Cela a donné lieu comme il se doit à l'application d'un programme de nettoyage adapté et à des contrôles renforcés sur les lots fabriqués à ces dates, contrôles qui se sont tous révélés négatifs. Toutes ces analyses ont été transmises aux autorités compétentes dès le début".

Où en est l'enquête judiciaire ? 

Une enquête préliminaire a été ouverte fin décembre par le parquet de Paris, notamment pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui". "Comment peut-on expliquer que Lactalis a su et n'a rien fait depuis août? Et l'Etat?" s'interrogeait, mercredi auprès de l'AFP, Quentin Guillemain, président de l'association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles, à l'origine de la première plainte déposée mi-décembre.

Une deuxième plainte a été déposée vendredi par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. La porte-parole de Lactalis a rappelé que les "causes potentielles" de contamination étaient connues, évoquant des "travaux" réalisés au premier semestre.

Dans quelle situation se trouve l'usine de Craon?

Lactalis affirme que "tout ce qui est fabriqué dans l'usine de Craon est arrêté depuis le 8 décembre", alors que Quentin Guillemain, disant s'appuyer sur des sources internes au groupe, continue d'avancer qu'une "partie de l'usine fonctionne aujourd'hui-même".

De source proche de Bercy, on explique que le site Lactalis de Craon comporte en fait deux usines, une de produits infantiles et une autre pour les fromages. "L'intégralité de l'usine qui fait le lait et les céréales est bien fermée, mais pas l'autre usine sur le même site, qui fabrique du fromage". Sur le plan social, une partie des 350 employés de l'usine pourraient subir des mesures de chômage technique, mais aucune mesure en ce sens n'a encore été annoncée, selon le groupe, alors que les vacances scolaires sont encore en cours et que les analyses et le nettoyage de l'usine se poursuivent.  

Quelles conséquences pour la population?

Au 20 décembre, l'autorité de surveillance Santé publique France avait recensé 35 nourrissons atteints de salmonellose en France depuis la mi-août. Ce nombre inhabituel l'a amenée à parler d'"épidémie", mais la santé de tous ces enfants est bonne, y compris pour les 16 qui ont été hospitalisés. Les salmonelloses sont des intoxications alimentaires allant de la gastroentérite bénigne à des infections plus graves. Pour 31 enfants malades, il a été prouvé qu'ils avaient consommé un lait infantile de l'usine Lactalis de Craon.

L'Association des familles victimes recense pour sa part 200 enfants présentant des symptômes similaires à ceux de la salmonellose, dont 60 hospitalisés et 35 diagnostiqués. L'affaire a pris une dimension internationale, au vu des volumes de produits infantiles exportés, notamment vers la Chine.

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Commentaires 8

jean

Sur le site du ministère de la santé il existe une recommandation pour les parents qui ne pourraient se procurer d'autres lait:Faire bouillir votre boisson en la préparant.Avant tout ceux qui donnaient directement du lait de leurs vachesen biberons à leurs enfants le faisaient d'abord bouillir.Pour les listérias,beaucoup de personnes en ont dans leurs frigos,et n'ont rien à voir avec les produits laitiers

jean

Les produits laituers fait dans cette usine ont été servis a plusieurs centaines de milles enfants.Apprenons a relativiser les chiffres et non a vouloir faire du Buzz à tout prix.Il existe certainement pour un nombre de consommateurs cents fois moins importants plus d'intoxication par des graines de datura.Sujet dont il est interdit que les médias en parle.......

altitude 1017

@ Jean: vous oubliez le principal;ce lait devait nourrir des BéBés fragiles, premas, malades...Pas des veaux. Lactalis savait, n'a rien dit... Une plainte est en cours, on verra bien. Lactalis va faire beaucoup de mal effectivement à la filière lait, ce ne sont pas les journalistes qui ont fermé les yeux sur des résultats douteux. J'étais producteur de lait, j'ai toujours pensé que ce serait une catastrophe pour filière et producteurs, qui eux, vont en faire les frais. ... Les grands experts se protègent et peut-etre qu'1 jour ils seront repris au ministère de l'alimentation pour manipuler et nous tromper sur les normes mis en place dans les industries !!! C'est un système feutré infiltré par les lobbys alimentaires

DIGUE3942

le seul qui paye les pots cassés c'est bien le paysan et personne d'autre.....

jean

le contenu de l'article montre bien que toutes les procédures ont été respectées.Malgré cela pour vendre leurs titres les journalistes jouent a semer le trouble.Merci de vouloir désastibiliser la filière laitière qui a déjà du mal a sortir d'une crise tres difficile.Le canard ferait bien de s'inquiété des nombreux cas d'intoxications provoqué par la consommation de cette plante poison le Datura.Heureusement qu'il y a bien moins de consommateurs que de lait infantiles car il y a déjà bien plus d'intoxications.ce serait pourtant très utile d'en informer les consommateurs

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