Lait : les clés d’un agrandissement réussi

Geneviève AUDEBET

Le choix d’un nouveau système de traite, comme le robot, est plus fréquent dans le cas de la construction d’un bâtiment neuf ou dans les agrandissements les plus importants.

Quels choix d’investissement effectuer lorsque l’on agrandit son exploitation laitière ? Quelles en seront les conséquences sur l’organisation du travail ? Le CERFRANCE a mené l’enquête.

Dans la perspective de la fin des quotas laitiers et de la réforme de la Pac, CERFRANCE a analysé l’agrandissement des élevages laitiers au travers d’une enquête. Cette dernière porte sur 377 exploitations qui se sont agrandies de plus de moitié au niveau du litrage vendu entre 2005 et 2011. Elle montre tout d’abord que 8 exploitants sur 10 privilégient le réaménagement de l’existant avec auto construction. Le choix d’un bâtiment neuf concerne uniquement les agrandissements les plus importants (quota doublé). L’aire paillée reste dominante. Le choix du matériel de traite est conditionné par la taille de l’agrandissement. 85 % des exploitations restent en système de traite standard. Le choix d’un nouveau système de traite est plus fréquent dans le cas de bâtiment neuf, et dans les agrandissements les plus importants.

Un suivi du troupeau plus précis

L’enquête a, en outre, permis de dégager les clés d’un agrandissement réussi aux dires des éleveurs.

L’agrandissement entraîne une intensification du système laitier (taille du troupeau, augmentation du rendement par VL) qui nécessite un suivi plus précis. De fait, selon eux, le regroupement sur un seul site permet une meilleure surveillance du troupeau et une meilleure gestion du temps de travail. Les éleveurs soulignent également qu’il faut être vigilant sur le renouvellement, en évitant d’élever un trop grand nombre de génisses.

Après regroupement, certains d’entre eux se sont équipés d’outils de surveillance pour le suivi des chaleurs et (ou) des vêlages suite à l’augmentation de la taille du troupeau.

Beaucoup d’éleveurs notent que l’accès au pâturage a fortement baissé suite à l’agrandissement. Les facteurs limitants sont généralement la surface accessible ou le temps de travail.  L’utilisation du robot de traite limite aussi l’accès au pâturage. Autre constat et non des moindres : les économies d’échelle attendues ne sont pas forcément constatées dans la réalité.

L’agrandissement entraîne une nouvelle organisation du travail. La SAU augmentant, l’agrandissement s’accompagne d’une plus forte spécialisation des tâches (lait, cultures, autres ateliers.) Le temps libre et le remplacement de chaque associé doivent  être pris en compte. Les travaux des cultures sont souvent délégués, sauf dans les plus grandes structures qui disposent de matériel en propre. Au final les exploitants s’accordent à dire que «les facteurs humains sont prioritaires dans la réussite d’un regroupement, et que l’objectif principal doit être de continuer à dégager un revenu.» Un bon raisonnement car, avant de chercher à s’agrandir, il est essentiel d’essayer de valoriser au maximum le potentiel de son exploitation.

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