Le bassin laitier Sud-Est est créé

Neuf bassins laitiers sont mis en place à compter du 1er avril 2011. Leur délimitation tient compte de la structure et de l'organisation de la filière. La gestion par bassin prépare le secteur laitier français à la disparition des quotas en 2015.

Un double contraste : nord-sud et montagne-plaine

Le bassin laitier Sud-Est représente 15 % du territoire métropolitain et 19 % de sa population soit près de 12 millions d'habitants. Il s'agit donc d'un bassin de consommation de première importance.
L'essentiel du bassin est en zone défavorisée : 56 % en montagne ou haute-montagne, 17 % en piémont ou zone défavorisée simple, 27 % seulement en plaine.

En 2007, le bassin comptait 42 270 exploitations professionnelles, soit 13 % du total national. Le poids du lait dans l'agriculture varie fortement du nord au sud, et selon la situation en plaine ou en montagne :

- la Saône-et-Loire est orientée vers l'élevage de bovins viande et la viticulture d'appellation ; 13 % des exploitations professionnelles détiennent des vaches laitières mais seules 3 % sont spécialisées en bovins lait ;

- dans l'agriculture diversifiée de Rhône-Alpes, 30 % des exploitations détiennent des vaches laitières ; la spécialisation laitière est forte dans les Savoie et dans la Loire ;

- l'agriculture de Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) est dominée par les cultures permanentes (vignes, vergers), le maraîchage-horticulture et l'élevage d'ovins ; moins de 300 exploitations professionnelles détiennent des vaches laitières, dont les deux-tiers dans les Hautes-Alpes.

Une production encadrée

Les quotas laitiers sont des droits à produire individuels encadrant la production laitière. Le quota total des départements constituant le bassin approchait 18 millions d'hectolitres pour la campagne 2009-2010. Les livraisons à l'industrie représentent 94 % de ce total, les ventes directes 6 % et jusqu'à 15 % dans les Savoie. La région Rhône-Alpes détient à elle seule 90 % des quotas du bassin, la Saône-et-Loire 8 %, PACA seulement 2 %.

Le nombre de détenteurs de quotas, 8 400 en 2010, est en baisse constante, de 4 % par an depuis 2006 sur l'ensemble du bassin. Il résiste mieux cependant dans les Savoie, et en haute-montagne (-2 %).

Le quota moyen est de 210 000 litres par détenteur, avec des écarts importants : 143 000 litres en Ardèche, 324 000 litres dans l'Ain. Le quota moyen diminue du nord au sud, et de plaine à montagne. Cette variabilité est liée à des facteurs naturels, notamment les conditions pédo-climatiques qui déterminent la productivité des terroirs. Des facteurs structurels, tels que la taille des exploitations et le poids des formes sociétaires interviennent également.

Ces mêmes facteurs expliquent que le quota moyen du bassin soit sensiblement inférieur à la moyenne nationale (290 000 litres).
La production totale de lait de vache en 2009 est de 16,3 millions d'hectolitres, soit 93 % des droits à produire du bassin. Encadrée par la politique des quotas, la production est globalement stable depuis une vingtaine d'années.

Les quotas laitiers seront supprimés en 2015. Leur gestion jusqu'à cette échéance et la préparation de l'après-quotas, sont des enjeux déterminants de la création des bassins.

 

Une industrie laitière à deux visages

93 % du lait de vache produit dans le bassin est livré à l'industrie laitière. Le solde est constitué des ventes directes et de l'autoconsommation. L'essentiel des livraisons (92 %) est destiné à des établissements collecteurs implantés dans le bassin lui-même.

L'Enquête Annuelle Laitière 2009 a recensé dans le bassin 175 établissements collecteurs ou transformateurs de lait (tous types de lait confondus), soit près de 20 % du total national. Ils appartiennent à une centaine d'entreprises (raisons sociales) distinctes. La moitié des établissements ont la double activité collecte et transformation, 35 % la transformation seule, 15 % la collecte seule.

A chacun son produit laitier

Les produits intermédiaires sont revendus « en vrac » à des entreprises, pour fabriquer des produits laitiers ou non laitiers (glace, chocolat, alimentation animale…). Ils prennent plusieurs formes : laits liquides, laits concentrés, en poudre, crèmes… Une partie d'entre eux est destinée à l'exportation. Les produits intermédiaires représentent dans le bassin l'équivalent d'environ 2 millions d'hectolitres de lait entier.

Les produits finis représentent l'équivalent de 12 millions d'hectolitres de lait entier. La moitié du lait transformé est destinée à fabriquer des fromages affinés, 30 % des produits laitiers frais et fromages frais, les 20 % restants des laits liquides ou concentrés et des matières grasses. Cette
moyenne sur le bassin masque d'importantes disparités départementales.

 

Source Agreste

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires