Le lait de consommation est au plus mal

Annick Conté - Réussir Lait Juin 2013

Le lait de consommation est au plus mal
Selon Syndilait, l’application des 3 centimes par litre du médiateur conduirait à plus de 100 millions d’euros de pertes sur l’année pour le secteur. © Commission européenne

« La revalorisation du litre de lait est une question de survie, a affirmé Giampaolo Schiratti, président de Syndilait (et directeur général de Candia) lors d’une conférence de presse le 16 mai. La situation du secteur s’est fortement dégradée depuis mars 2012. 60 % des laits de consommation « blancs » ont été vendus à moins de 60 c/l, et le prix moyen 2012 de 0,83 c/l n’a pas bougé depuis 2008. Les entreprises ont perdu de l’argent ; Sodiaal par exemple annonce une perte de 25 millions d’euros sur le secteur en 2012. Les industriels sont confrontés à une hausse de leur prix de revient lié là l’augmentation du prix du lait (qui représente environ 60 % du prix de revient) mais aussi de l’emballage (+ 25 % de hausse sur le PEHV en deux ans), du transport (+ 3 à 5 % en 2012) et de l’énergie. Des hausses qu’ils n’ont pas réussi à répercuter même partiellement aux distributeurs.

Propositions jugées inapplicables

Dans ce contexte de crise, le communiqué du médiateur du 15 mai précisant les conditions de mise en œuvre des 25 centimes de compensation de hausse des charges des producteurs a fait l’effet d’un pavé dans la mare. Ces propositions sont jugées inapplicables : elles ne permettent pas de reconstituer la marge et mettent à mal toutes les négociations en cours sur les MDD et premiers prix (nettement plus favorables que les 3 centimes) avec les distributeurs. La référence au prix moyen négocié avec les distributeurs en 2012 pour le secteur du lait de consommation fait bondir les industriels. « Le prix a baissé à partir de mars 2012. Nous voulons une référence au prix du 1er janvier 2012 qui est un prix normal », défend Emmanuel Vasseneix, Laiterie Saint Denis de l’Hotel, chiffres de la LSDH à l’appui (48 centimes en janvier 2012, 41 centimes au plus bas et 46 centimes en janvier 2013). Selon Syndilait, l’application des 3 centimes du médiateur conduirait à plus de 100 millions d’euros de pertes sur l’année pour le secteur, sans tenir compte des hausses qui vont se poursuivre sur les autres coûts de production et de la nouvelle écotaxe.
Sans revalorisation du lait de consommation, les industriels seront amenés à se tourner vers d’autres secteurs. « Les entreprises sont en train de se créer des outils de régulation. »  Huit nouvelles tours de séchage représentant une capacité d’un milliard de litres de lait sont en construction. Le secteur du lait de consommation, pour près des trois quarts des MDD et des premiers prix, pèse, lui, 3,4 milliards de litres.

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