Les charges plombent les résultats des producteurs laitiers

COGEDIS FIDEOR

Les charges plombent les résultats des producteurs laitiers

Un prix du lait élevé mais aussi une flambée des charges alimentaires ont marqué la campagne laitière 2013-2014. Cette situation n’a pas permis une amélioration notable des situations financières. Explications.

Sur la campagne laitière 2013-2014, les exploitations laitières continuent leur croissance en dépassant la moyenne symbolique des 400 000 L de référence laitière, soit une progression de 4,5 % par rapport à 2012. L’effectif moyen des cheptels se fixe à 59 vaches pour une surface agricole utile de 74 ha. Face à cette expansion, la productivité du travail est de plus en plus importante car la main d’œuvre disponible reste stable avec 1,81 UTH par exploitation. Au cours des 4 dernières campagnes laitières, chaque UTH a produit en moyenne 5 000 L de plus par an.

+ 10 €/ 1000 L de coût alimentaire

Les éleveurs français ont su adapter leur production pour répondre à une demande mondiale soutenue. Cela s’est traduit par un prix du lait attractif et en progression sur 2013-2014. Aux clôtures de campagne, il se situait en moyenne aux alentours de 380 €/ 1 000 L. Mais les perspectives qui semblaient toujours bien orientées sur la première partie de l’année sont aujourd’hui mises à mal, notamment par les conséquences de l’embargo russe.

Cependant, si le prix du lait a été plus élevé lors de la dernière campagne, il a aussi été contrebalancé par une flambée des prix de matières premières et donc de l’aliment. C’est la double peine pour les éleveurs qui ont été  contraints d’augmenter les quantités d’aliment distribués pour assurer leur hausse de production. Au final, le poste alimentaire subit une augmentation de 10 €/ 1000 L. Les charges proportionnelles en sont impactées et progressent de 10,3 €/ 1 000 L. De ce fait, les dépenses alimentaires ont accentué les charges globales des élevages laitiers qui augmentent régulièrement depuis plusieurs années. Depuis 4 ans, elles ont ainsi progressé de 35 €/ 1000 L.

9 €/ 1000 L d’autofinancement

Le coût de production suit en toute logique la même orientation. Après une hausse de 4,3 % l’an dernier, sa progression sur la campagne 2013-2014 s’élève de 5,3 %, soit 17 €. Cette situation pénalise l’Excédent brut d’exploitation (EBE) qui, malgré un prix du lait élevé, diminue de 8 €/ 1 000 L pour se fixer à 165 €/ 1 000 L. Après avoir couvert le remboursement des annuités et assuré les prélèvements privés, il ne reste que 9 €/ 1 000 L de disponible pour un potentiel autofinancement. Ce qui représente une enveloppe annuelle de moins de 4 000 € pour une exploitation moyenne de 400 000 L. Pour la campagne 2014-2015, la forte détente observée sur les cours des matières premières devrait apporter une bouffée d’oxygène aux trésoreries des éleveurs qui peinent à se reconstituer. L’inconnue majeure reste le prix du lait qui, à l’image d’autres productions, pourrait souffrir des derniers évènements géopolitiques  qui pèsent sur les transactions.

Anticiper la fin des quotas

Le 1e avril 2015 sonnera officiellement la fin des quotas. Ce sera aussi l’occasion pour les éleveurs de saisir de nouvelles opportunités et d’accroître leur production. Dans plusieurs régions européennes, il est déjà prévu une augmentation de 10 % de la production entre 2010 et 2020. Avant de se lancer, l faut se poser les bonnes questions :

 

  • Le      troupeau : quel est le coût marginal d’un surplus de      production ?
  • Les      bâtiments : combien de places sont disponible pour loger des animaux      supplémentaires ?
  • L’environnement :      des surfaces d’épandage supplémentaires sont-elles nécessaires ?
  • La réforme de la      Pac : comment va évoluer la capacité financière de      l’exploitation ?
  • La main      d’œuvre : comment absorber le surcroît de travail ?

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