Les fermes bio sont performantes, en moyenne

Costie Pruilh

Les fermes bio sont performantes, en moyenne
Certaines exploitations en bio sortent de très bonnes performances, à des niveaux que l'on n'observe pas en conventionnel. - © Charly Triballeau/Commission européenne

Les écarts sont importants entre les fermes laitières bio, quand on analyse le revenu disponible et l'efficacité économique.

" On entend souvent dire que le revenu par UTH est supérieur en bio qu'en conventionnel. Mais les exploitations laitières biologiques sont-elles toutes performantes ? Nous avons voulu voir dans le détail de quel ordre sont les écarts entre exploitations", expose Jérôme Pavie, de l'Institut de l'élevage(1). Sur la période 2011-2015, les résultats technico-économiques de 173 exploitations laitières bio françaises ont été analysés (échantillon constant).
Pour ces 173 exploitations, l'efficience, ou l'EBE hors main-d'oeuvre sur produit brut, est en moyenne de 45%. Certaines sortent de très bonnes performances, à des niveaux que l'on n'observe pas en conventionnel : 6 % ont un EBE hors main-d'oeuvre/PB de plus de 60%. Mais 11% des élevages sortent un EBE/PB inférieur à 35%.
Les meilleurs (quartile supérieur) font la différence avec : une part d'herbe (90% de la SAU) plus importante que les moins performants (83%) ; des charges opérationnelles sur produit brut moins élevées (17%) que le quart le moins performant (36%) ; et un moindre endettement : 33% d'endettement contre 56% pour le quart le moins efficient.

La structure financière, facteur important de la performance

Comment le revenu disponible a-t-il évolué sur la période ? En moyenne, il a fluctué entre 20 000 euros et 30 000 euros par UTH. Le quart des exploitations dont le revenu a le plus progressé sur la période 2011-2015 affiche une hausse de + 3 010 €/an en moyenne, pour atteindre 43 000 euros en 2015. Le quart le moins résilent a dégradé son revenu de 2 890 €/an en moyenne et passe sous la barre de 10 000 euros en 2015. "Pendant que des exploitations progressent, d'autres régressent", souligne Jérôme Pavie. Et les écarts se creusent. La différence entre ces deux groupes ne s'explique pas par des différences de structure, ni de productivité de la main d'oeuvre,... C'est la structure financière qui fait la différence ! C'est l'état financier au moment du choc qui détermine la capacité de rebondir après un aléas ! Le quart le plus performant a 39% d'annuités dans l'EBE, contre 55% dans le quart le moins performant.

L'agrandissement et l'intensification suscitent des craintes

" Les exploitations robustes — dont les fluctuations de revenu sont les plus réduites — sont plus petites, plus herbagères, moins intensifs, plus économes en charges de structure et de mécanisation, et elles sont moins endettés. Mais comme elles dégagent moins de revenu par UTH que la moyenne de l'échantillon et que les moins robustes, et ce quelque soit l'année, la recherche de robustesse pose question", fait remarquer Jérôme Pavie.
L'agrandissement des exploitations et des troupeaux modifie le profil moyen des élevages bio : moins de pâturage, plus de robotisation, des terrains plus morcelés. "Cette évolution s'accompagne d'une hausse des coûts de production. C'est une fragilité en cas de baisse du prix du lait bio", s'inquiètent l'Institut de l'élevage et l'Itab. "Cette évolution des élevages bio fait aussi craindre une perte de crédibilité du bio."

(1) Travail conduit avec l'Institut technique de l'agriculture biologique, Cerfrance...

Source Réussir Lait

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