Les revenus 2013  des laitiers à la loupe

Patricia Olivieri

Les revenus 2013  des laitiers à la loupe
En 2013, les systèmes herbagers du Massif central ont dégagé de meilleurs résultats que leurs collègues utilisateurs de maïs - P.O

Si l’année 2013 a été plus favorable aux producteurs français, les écarts de revenus entre régions persistent.

Dans son dossier annuel consacré aux revenus des élevages laitiers français, l’Institut de l’élevage propose une analyse de l’évolution de la situation économique des différents systèmes laitiers de l’Hexagone : des plus intensifs et productifs, comme les laitiers spécialisés du Grand Ouest, aux polyculteurs-éleveurs, aux élevages des régions d’appellations fromagères de Franche-Comté, en passant par les exploitations de montagne du Massif central. Pour tous, l’année 2013 est marquée par un niveau historique de l’indice Ipampa(1) lait de vache à 133,8 (+ 1,5 % par rapport à 2012), dû à la flambée des matières premières végétales intervenue mi-2012. Une année marquée, parallèlement, par un prix du lait (standard) en hausse notable au second trimestre pour s’établir en moyenne sur l’année à 344 €/ 1 000 litres, soit + 10 % par rapport à la moyenne 2012.

 

 

De 42 300 € à... 17 700 €

Néanmoins, 2013 est toujours synonyme de forts écarts de revenus comme le confirment les estimations des résultats courants avant impôts (RCAI) établies par l’Institut à partir d’un panel de 250 exploitations bovines laitières issues des Réseaux d’élevages. Ainsi, les revenus varient en 2013 de 17 700 € par unité de main d’œuvre exploitant (UMOE) pour les plus bas, ceux des zone de montagne avec maïs, à 42 300 € pour les exploitations de plaine couplées à un atelier de viande bovine (allaitant ou taurillons). Ces dernières sont suivies de près par les producteurs de lait disposant parallèlement de cultures de vente (42 200 € de RCAI / UMO) même si ces élevages accusent une baisse de près de 20 % de leurs revenus en un an consécutive au manque à gagner sur l’atelier grandes cultures. En troisième position, malgré un revenu en repli depuis quatre ans, ce sont les laitiers de Franche-Comté (41 200 €) qui damnent le pion aux éleveurs spécialisés du Grand Ouest (32 800 €). Chez les producteurs du massif du Jura, l’augmentation régulière du prix du lait (+ 10 % en 2013) est gommée par la diminution des volumes (- 3 %) liée à une productivité des troupeaux bridée par une année fourragère 2012 peu favorable et une mise à l’herbe en 2013 catastrophique. Les éleveurs spécialisés de plaine bénéficient eux d’une légère hausse de leur revenu (+ 9 %) suite à l’augmentation du prix du lait, les volumes ayant néanmoins stagné, là encore du fait de mauvaises conditions climatiques mais aussi de concentrés restés chers. Ces régions devraient néanmoins, selon l’Institut de l’élevage, mettre le pied sur l’accélérateur des volumes dès cette année. Bons derniers dans cette hiérarchie des revenus : les systèmes laitiers de montagne, principalement du Massif central(2). Même si 2013 marque un redressement de 35 % du résultat des laitiers de montagne avec maïs (à 17 700 €/UMOE), et de 8 % pour les laitiers de montagne herbagère (18 470 €), les écarts se creusent avec les autres systèmes.

 

 

Une question d’efficacité économique

"La grande différence de revenus de ces systèmes, expliquent Yannick Péchuzal et Mathilde Bonnestebe, du service Références de la chambre d’agriculture du Cantal, c’est le déficit de productivité et d’efficacité économique. On est à 207 000 litres par UMO pour les élevages de montagne avec maïs, à 135 000 l pour les laitiers de montagne herbagère, contre 243 000 l pour les éleveurs de plaine spécialisés." Un déficit de productivité que l’on retrouve chez les collègues du Jura mais qui est là compensé par un prix du lait- valorisé en AOP comté - largement supérieur. Comment expliquer les moins bons résultats des élevages de montagne avec maïs par rapport aux laitiers à l’herbe dans nos régions ? "C’est le coût de l’intensification, c’est-à-dire de l’engrais et la mécanisation, répond Yannick Péchuzal. À cela s’ajoute en 2013 le coût du correcteur maïs avec des tourteaux à 480 €/tonne, qui, rendus dans le Cantal, affichent un surcoût de 30 €/T. Globalement, ces systèmes, moins extensifs, ont aussi moins d’aides, pas de PHAE…" Quelles sont les perspectives pour 2014 ? "Un prix du lait au moins égal sur l’année à celui de 2013, un prix du soja qui ne devrait guère baisser, des cours des céréales qui dépendront de la récolte… Si les fourrages sont de bonne qualité, 2014 devrait être une assez bonne année avec en plus l’effet de la revalorisation de l’ICHN", diagnostiquent les deux experts.

(1) Qui mesure l’évolution du coût des matières premières. (2) Dans le panel étudié, on compte quatre élevages laitiers cantaliens de montagne avec maïs (Châtaigneraie) et huit de montagne herbagère (secteurs Monts du Cantal, Planèze, Margeride) suivis par le service Références de la Chambre d’agriculture.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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