Monde : les prix du lait risquent de se tasser en 2014

Sophie Caron

Monde : les prix du lait risquent de se tasser en 2014

Le prix moyen du lait dans le monde semble se tasser sur le premier semestre 2014 du fait d’un sursaut de la production. Mais les perspectives en termes de demande, notamment chinoise, restent très favorables.

+ 20%

C'est la nouvelle progression 2013 des importations chinoises de poudre de lait. Selon la FAO, la Chine a importé l'équivalent de huit millions de tonnes en 2013, achètera encore plus en 2014 et pourrait ainsi absorber à lui seul une bonne partie de la collecte supplémentaire des grands pays exportateurs.

Source : idele-mag

L’Institut de l’élevage organisait ce mardi 21 mai une journée sur les perspectives des marchés mondiaux des produits laitiers intitulée « De la pénurie en 2013, au rebond en 2014 ».

En 2013, la demande mondiale en produits laitiers est en effet demeurée très dynamique alors que dans le même temps, la production des principaux pays fournisseurs avait du mal à décoller du fait des répercussions des incidents climatiques dans les pays de l’hémisphère Sud  et aux USA. Résultat : les prix ont flambé notamment en Nouvelle-Zélande, grande gagnante de cette pénurie de 2013. Dans ce pays, les prix payés aux producteurs sont aujourd’hui supérieurs à ceux des producteurs européens : du jamais vu ! « Avant 2009, l’écart de prix pouvait atteindre 70 à 120 euros les 1.000 litres en faveur des Européens », rappelle Benoit Rouyer directeur économique du CNIEL.

Reprise de la production mondiale

Depuis la fin 2013 et le début de cette année, on assiste à une reprise de la production mondiale. En 2014, les marchés du lait semblent donc plus équilibrés grâce notamment au dynamisme retrouvé des pays européens. En 2014, l’Europe pourrait  produire 3 à 4 millions de tonnes supplémentaires. Aux USA, l’USDA prévoit une hausse de 2% de la production nationale. Dans les 5 prochaines années, l’Inde mais aussi la Chine prévoient également de booster leur production, notamment pour répondre à la hausse de la demande de leurs marchés intérieurs. La Nouvelle-Zélande, par contre, n’a plus beaucoup de marge de progression.

Mais attention, « un faible excès de l’offre, de 1 à 2 millions de tonnes, peut avoir un effet dépressif considérable sur les marchés » préviennent les experts de l'Institut de l’Élevage. Ainsi, Gérard You estime que « l’année pourrait se terminer par un possible tassement, voire par une baisse des cours mondiaux ». D’ailleurs, depuis début février, les prix de la bourse mondiale des produits laitiers (Global Dairy Trade) ont accusé une baisse de 20 à 25%.

Une demande tirée par la poudre de lait

Pas de quoi s’alarmer pour autant, « les perspectives en terme de demande restent toujours très favorables », précise-t-il. Une demande fortement tirée par les produits secs comme la poudre de lait. Sur ces produits, la croissance de la consommation est de 8% en Chine, 6% en Inde et en Indonésie. "L'année 2014 démarre avec une conjoncture exceptionnelle de facteurs positifs : un prix du lait élevé, un léger relâchement des coûts d'alimentation, une demande internationale soutenue qui absorbe, pour l'instant sans coup férir, les surcoûts de production des principaux pays exportateurs mondiaux" estime pour sa part Benoit Rouyer.

La Chine cherche toutefois de plus en plus à contrôler et à sécuriser ses approvisionnements pour satisfaire son marché domestique. Une politique qui se traduit par une hausse de sa propre production mais aussi par des prises de participation ou des accords avec des industriels étrangers et notamment européens. En France, la société chinoise Biostime est ainsi entrée au capital de la coopérative normande Isigny Sainte-Mère. Synutra a de son côté investi 90 millions d'euros dans deux tours de séchage à Carhaix (Finistère). « Les produits laitiers français ont une excellente image en Chine, il faut en profiter » estime Christophe Lafougère, directeur du cabinet GIRA.

Quoi qu’il en soit, les éleveurs Français devront garder les yeux fixés sur le marché mondial car si 40% du lait produit en France est déjà exporté, ce chiffre va grimper avec l'augmentation de la production et le développement du marché des produits secs. « La dynamique de développement des éleveurs français se situe à l’export » insiste Benoit Rouyer du CNIEL. Des marchés qui pourraient d’ailleurs permettre aux éleveurs Français de « réduire leur dépendance à la grande distribution» estime-t-il.

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Commentaires 5

@eleveur

oui c'est logique non , on applique les logiques industrielles a l'agriculture , la performance les economies d'echelles qui pensait qu'il pourrait en etre autrement , il y aura toujours des petits eleveurs pour aller au salon et faire rire les parisiens et le reste ne sera qu'ultra industrialisé d'ailleurs les consommteurs acheteront toujours le plus bas prix ....quand beulin s'extsiait du modele de l'ex l'allemagne de l'est ca prefigurait de la vision fnsea de l'agriculture les coupbales sont les electeurs .... e tout logique demain avec les progres des gps , des drones , .... les exploitations cerealiere feront d'abord 1000ha puis les capitaux devenant trop lourds , le fiston ne pourra plus reprendre , alors viendront les industriels les fermes feront 5000 ha , puis viendront les banques les fermes feront 10 000 ha avec le moins de monde possible et le plus de rentabilité , les elevages seront de taille monstrueuses , rien n'empechera tout ça c'est le progres ....... LE syndicat se bat il contre la chute du nombre d'agri , se bat il contre les suicides , non c'est le statut quo car ca fait des fermes bonne a reprendre , jusqu'a temps qu'il n'en reste que quelques uns

oula

il faut apprendre a ne pas faire les gros bras a l'export ( on peut penser que ce sera valable bientot pour les cereales, ou l'on ferait mieux de se garder les filieres non ogm plutot que de vouloir se comparer aux autres pour savoir si on a la plus longue parce que oui on a la plus longue, la plus longue liste de charges, la plus longue liste d'intrants, la plus longue de materiel et bref au final on a la plus petite et on voit bcp de pays revenir sur nous qui vont bientot mieux faire) , car tous les pays sont capable de produire moins cher qu'en france, soit il faudra de la tres haute qualité ( ce qui n'arrivera donc pas pour le standard non transformé) soit se contenté du marché national ... toutefois tout les laitiers ne produisent pas a perte pour preuve nombre de tres belles structure ou les robots s'empilent

eleveur

l'avenir, les usines a 1000 vaches....Voila a quoi ont en est réduit.... Fini l'agriculture a taille humaine

popeye80

L'embellie est derrière nous si j'ai bien compris... Et on continue de vendre à perte. Qu'en sera t il demain?

eleveur

Et on a supprimé les quotas!
Les prix n'on pas fini de baisser!

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