Nombreux investissements dans des tours de séchage

Costie Pruilh - Réussir Lait Novembre 2012

Nombreux investissements  dans des tours de séchage
Fabrication de poudre de lait : tour de séchage dans une laiterie. © Rita Lemoine

Il n’y a pas que l’Allemagne qui investit dans les produits laitiers secs. La France aussi. Ces stratégies similaires font craindre pour l’équilibre des marchés des produits industriels, une fois tous ces projets mis en route.

«L’Europe de l’Ouest (Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas, Suisse) investit dans des sites de production de poudres de lait, poudres infantiles et poudres de lactosérum, pour un montant total de 925 millions d’euros (chiffre arrêté début septembre) », indique Benoît Rouyer, économiste au Cniel. Pour l’Allemagne, les investissements annoncés et finalisés connus (pour 2011-2012) s’élèvent à 371 millions d’euros. Pour la France, ils atteignent 249 millions d’euros.
« L’analyse des marchés conduit les entreprises vers les mêmes orientations stratégiques. D’un côté, nous avons un marché européen mature et un marché intérieur des produits de grande consommation (PGC) qui perd en valorisation. De l’autre côté, nous avons des pays émergents dont la demande croît bien plus vite que la production, et qui importent essentiellement des produits industriels. »
« Ces nombreux projets font craindre une surproduction quand les tours de séchage seront opérationnelles (2014–2015), et donc une moindre valorisation du lait sur ces débouchés. Le challenge n’est pas de fabriquer, mais de commercialiser ; il faudra réussir à fidéliser la clientèle. Ces nouveaux outils permettront déjà d’avoir moins de soucis de valorisation des excédents saisonniers. »
Les entreprises investissent aussi dans les PGC. Elles espèrent que « ces nouveaux débouchés vers le grand export auront une conséquence bénéfique, en donnant de l’air aux marchés PGC européens ».

Investissement mutualisé : l’Allemagne se lance en premier

En matière d’investissements, la France n’est pas à la traîne, et le chiffre de 249 millions d’euros est sans doute sous estimé, selon l’économiste. « Certaines entreprises investissent mais ne communiquent pas sur ce qu’elles font. Et il y a d’autres projets en réflexion, comme par exemple le projet d’Ingredia de tour mutualisée entre plusieurs opérateurs du Nord de la France. »
L’investissement mutualisé, l’Allemagne l’a fait ! « C’est le genre de projet qu’on aimerait voir aboutir en France. Il regroupe quatre coopératives, dont la coopérative Uelzena, qui porte le projet. Cette entreprise assure la partie fonctionnement de l’usine et la partie commerciale, et les autres amènent leur lait à l’usine », indique Benoît Rouyer.
Le Nord et l’Ouest de la France concentrent l’essentiel des projets français. « La question de la valorisation des excédents se pose toujours pour les autres bassins. Peut-être vaut-il mieux pour eux miser sur des fromages à exporter, sur des produits et marchés où ils ont déjà un savoir-faire technique et commercial ? »

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