Prédire pour mieux s'organiser sur le plan industriel et commercial

Costie Pruilh

Chez Sodiaal, la prédiction des livraisons est rémunérée. D'autres coopératives demandent aussi aux éleveurs de faire cet exercice. Le but est de préparer la fin des quotas. Les coopératives, tenues de collecter tout le lait de leurs adhérents, veulent connaître les volumes à l'avance pour mieux s'organiser sur le plan industriel et commercial. Sur l'extranet de Sodiaal, chaque producteur peut remplir sa prévision mensuelle de livraison totale (appelée Asap). Les prévisions sont modifiables jusqu'à trois mois précédant le mois concerné.

Aujourd'hui, environ 55 % des producteurs, soit 70 % de la collecte, renseignent l'Asap. Sodiaal octroie une prime variable suivant la précision de la prédiction, qui peut atteindre 5 euros/1000 litres si l'écart entre le volume prévu et le réalisé est inférieur ou égal à 2 %. « En moyenne, nous versons 2 à 3 euros/1000 litres », précise Pierre Bernoux, chargé de mission économie laitière chez Sodiaal.

Certains industriels privés prévoient un encadrement strict de la production : pénalités, non collecte du lait en trop… (J. Chabanne)

Pour les éleveurs, un outils pour piloter la production

« Aujourd'hui, l'Asap permet d'être précis à trois mois, sur le volume total, avec 1 % d'écart entre le prédit et le réalisé. L'intérêt de la prédiction des livraisons pour la coopérative est de pouvoir anticiper les volumes que nous devrons transformer et vendre : quel volume, quand, dans quelles régions ? Cela nous permet de mieux nous organiser sur le plan industriel et de mieux nous positionner commercialement », indique Pierre Bernoux. Impossible pour l'entreprise de chiffrer le gain qu'a apporté cet outil à Sodiaal. « Mais il y en a un ; c'est pour cela qu'il y a une prime pour les producteurs qui prédisent précisément. » Et l'intérêt pour les producteurs ? « L'Asap va nous permettre d'affiner le niveau d'allocations provisoires et de l'annoncer tôt. Et demain, quand l'Asap tournera bien et que la prédiction n'aura plus de secret pour les producteurs, il pourra leur servir à piloter leur production. »

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Lait de septembre 2011. « Produire pour le marché », R. Lait n°250, p. 76 à 101.

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