Prix du lait : la FNSEA lance la mobilisation contre Lactalis

Prix du lait : la FNSEA lance la mobilisation contre Lactalis

La FNSEA, premier syndicat agricole, va mener à partir de lundi soir des actions devant une quinzaine d'usines de Lactalis afin d'obtenir la reprise des négociations sur le prix du lait payé par le géant industriel et jugé très insuffisant par les éleveurs.

"Toutes les régions sont mobilisées", et le mouvement, qui débutera à 20H00 ne s'arrêtera que lorsque les discussions avec Lactalis reprendront, a déclaré le secrétaire général de la FNSEA Dominique Barrau. Les actions devant les usines seront accompagnées d'opération de sensibilisation des consommateurs qui débuteront dans l'après-midi, a-t-il précisé. Les sections locales de la FDSEA doivent détailler dans l'après-midi les actions exactes qu'elles prévoient. Des "circulations de tracteurs" sont déjà prévues près de sites Lactalis en Haute-Saône, ainsi que des "sit-in" dans l'Ouest, par exemple devant une usine de camemberts de la Manche. Quelques agriculteurs étaient déjà présents sur le site logistique de Cesson-Sévigné près de Rennes en milieu de journée, où l'action semblait devoir démarrer très rapidement, selon des responsables syndicaux locaux.  

"Les actions se feront avec peu de monde et dans le temps (...) c'est symbolique", a expliqué le président de la FDSEA d'Ile-et-Vilaine Loïc Guines, présent à Cesson-Sévigné. "Ce que l'on demande c'est que Lactalis arrive au moins entre 290 et 300 euros" par litre de lait, car obtenir plus selon lui est inenvisageable en raison du marché, plombé par la surproduction européenne.   Selon M. Barrau toutefois, la FNSEA n'a pas "de recommandation précise" sur le prix qui devrait être accordé par Lactalis, mais laisse juges sur ce point les organisations de producteurs qui participent directement aux négociations.      

"Les producteurs de lait ont vraiment la trouille"

"Beaucoup de producteurs se demandent de quoi sera fait leur avenir, certains ont pris déjà la décision d'arrêter", a expliqué Didier Lucas, président de la FDSEA des Côtes-d'Armor. Des agriculteurs se rendront dans des supermarchés en Bretagne, dans le Grand Est, les Hauts-de-France ou en Rhône-Alpes pour sensibiliser les consommateurs, avec par exemple des opérations de "stickage" (pose d'autocollants portant des slogans anti-Lactalis sur les produits du groupe), a expliqué M. Barrau. La FNSEA avait annoncé dimanche cette mobilisation générale, pour tenter de forcer le n°1 mondial du lait à remonter ses prix d'achat, après l'échec de deux sessions de négociations, jeudi à Paris et vendredi à Laval.  

En élargissant le combat à l'ensemble du pays, les producteurs de lait cherchent à augmenter la pression sur Lactalis, resté silencieux depuis vendredi. Le groupe laitier avait alors proposé une augmentation de 15 euros la tonne de lait à compter du 1er septembre, soit environ 271 euros, une proposition perçue comme un camouflet par les agriculteurs.   Pour Loïc Guine, il y a eu des avancées malgré l'échec des négociations la semaine dernière: "on a réuni toutes les organisations de producteurs autour de la table, alors que jusque là c'était chacun dans son coin". "On voit bien que Lactalis a une énorme pression", assure-t-il, évoquant un courrier envoyé aux producteurs la semaine dernière dans lequel l'entreprise menaçait de suspendre la collecte de lait en raison des actions menée contre le site de production de Laval.    "Aujourd'hui les producteurs de lait ont vraiment la trouille", a-t-il assuré.  

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a affirmé lundi ne pas avoir le numéro de téléphone portable d'Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, ni avoir jamais rencontré ce patron très secret. "Je suis encore disponible pour faciliter et pousser au dialogue, mais je n'ai pas de moyen de pression direct", a-t-il répété, tout en jugeant "pas acceptable" que Lactalis soit l'entreprise "qui paye le litre de lait au producteur le moins cher de toutes les laiteries de France". Un producteur sur cinq en France travaille pour Lactalis soit 20% de la collecte française, ou 5 milliards de litres de lait sur un total de 25 milliards produits annuellement en France. L'entreprise commercialise notamment les marques Lactel, Bridel, Président, Lanquetot et Roquefort Société.

Source AFP

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Commentaires 12

Seb 19

Ce qui me plaît c'est qu'on va négocier un prix d'achat à 300€ alors qu'on a un prix de revient à 340€ !! Ça sert à quoi il vaut mieux arrêter de traire et faire venir du lait de l'étranger de toute façon ils n'attendent que ça ced fumiers!

Seb 19

Ils se servent sans arrêt de la surproduction pour baisser le prix aux producteurs mais par contre eux pour revendre le lait les fromages et tous les produits laitiers il n'y a plus de surproduction et le consommateur paie super cher! Si le marché est déstabilisé c'est bien à cause de ça!
La marge est toujours pour ceux qui travaillent le moins et qui dépensent le moins!!
Il n'y a qu'en agriculture qu'on ne peut pas faire notre prix de vente, c'est une idée je vais aller acheter mon aliment ou mes produits véto et donner ce que je veux moi ou bien je vais aller chercher mon fromage à ma laiterie et leur dire je vous l'achète 1€ le Kg on va voir le résultat !!
Ils sont simplement entrain de se tirer une balle dans le pied, je plains les générations futures !!

PHARE4488

c est comme le geant qui rachete tous les abattoirs , je n achete plus de produits de cette marque biguard pour ne pas le nommer.

mimi53

beaucoup vont soufrir de cette crise agricole 1agriculteur fait vivre 7 personnes alors on ne va plus nous jalouser avec nos primes qui ne sont q/une compensation a la perte de nos revenus avec nos tracteurs qui sont nos outils de travail nous sommes bien loin d/avoir un 13e mois de salaire etc etc je prefere deposer le bilan que daller en prison mais je suis daccord avec alain se lever tous les matins en pleurant avant daller faire la traite cest le bagne demandons tous le rsa

ABCsans le dire

certaines laiteries sont parties pour payer 13% de leur litrages a moins de 200€ les milles litres.ce sont les Volumes B payé 15€ en dessous de la valorisation beurre poudre.pour être au même niveau que lactalis leur prix A devra avoir bien plus de 10€/1000l que celui de lactalis. Mr Le FOLL semble l'ignorer

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