Producteurs de lait : “On ne peut plus se contenter de promesses !”

Patricia Olivieri

Près de 100 producteurs de lait réunis devant la préfecture mercredi pour rappeler à l’État ses engagements et exiger des mesures concrètes.

Producteurs de lait : “On ne peut plus se contenter de promesses !”

Depuis leur dernière opération auprès des grandes surfaces implantées dans le département fin janvier (1), rien n’a changé. Le prix du lait payé sur ce premier mois de l’année n’a pas dépassé 315 € les 1 000 litres, tandis que le poids des charges, d’alimentation notamment, annihile toute rentabilité à leur production laitière. Les trésoreries des éleveurs laitiers cantaliens sont donc toujours dans le rouge et il manque une vingtaine d’euros la tonne au prix du lait pour couvrir les coûts de production. Rien n’a changé donc, hormis des annonces, celles de François Hollande lors de sa journée marathon au Salon de l’agriculture. Des engagements à soutenir l’élevage laitier de l’Hexagone repris depuis par son ministre, que les producteurs laitiers aimeraient bien voir traduites dans des actes.  “On ne peut plus se contenter de promesses, on nous parle de mesures fiscales, mais ça veut dire quoi ?” fustige Chantal Cor, présidente de la section laitière de la FDSEA 15, syndicat qui, avec les Jeunes Agriculteurs, avait appelé mercredi matin à un rassemblement devant la préfecture. “Les producteurs de lait n’en peuvent plus, ils sont en train de se désengager de la production, alors que ce sont eux qui tiennent le territoire dans un département comme le nôtre !”

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Chacun se renvoie la balle...

Et s’ils sont pas loin de 100  à s’être de nouveau mobilisés, venus des deux principaux secteurs laitiers cantaliens, c’est en premier lieu pour interpeler le nouveau préfet Jean-Luc Combe et lui rappeler d’autres engagements pris par le gouvernement. “Les pouvoirs publics s’étaient engagés à ce que les préfets de Région tiennent dans chaque grand bassin laitier une réunion avec l’ensemble des représentants de la filière - producteurs, entreprises, grande distribution - d’ici fin février. Je l’ai rappelé lors de la session de la Chambre d’agriculture le 22 février au préfet, précise Chantal Cor. Aujourd’hui, des dates circulent mais rien n’est arrêté pour le bassin Auvergne Limousin.” “Il s’agit, par cette action symbolique, de bien lui faire percevoir les difficultés et enjeux de la filière laitière cantalienne, source d’emplois directs et indirects”, enchaîne Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA, avant qu’une délégation soit reçue par le représentant de l’État auquel les syndicalistes ont prévu de remettre les motions appelant à une répercussion de l’inflation des charges des producteurs jusqu’au consommateur. Des motions cosignées par les responsables des GMS (grandes et moyennes surfaces) visitées fin janvier. Un accord de principe de la grande distribution qui renvoie implicitement la balle dans le camp des entreprises.  “La grande distribution nous dit de nous tourner vers les entreprises, les entreprises nous disent que les discussions sur le prix du lait se font désormais avec les OP (organisations de producteurs) qui ne sont même pas encore toutes créées... Au final, c’est nous, producteurs, qui sommes dans la panade depuis qu’il n’y a plus d’accord interprofessionnel et donc plus d’indicateur de prix !”, tempête Chantal Cor. Dans cette partie de billard, les producteurs attendent donc de l’État qu’il ramène toutes les parties autour de la table, qu’il fasse évoluer la Loi de modernisation de l’économie (la fameuse LME) pour permettre cette répercussion des hausses des coûts de production à l’aval et qu’il “éclaircisse le rôle du Cniel”, l’interprofession laitière nationale, “qui n’a plus le droit de rien faire, surtout pas de parler prix du lait”. Des messages que Jean-Luc Combe a promis de transmettre au préfet de Région, confirmant qu’une réunion régionale était bien prévue le 15 avril mais que les choses “prendraient du temps”... Un temps que les producteurs n’ont plus.

  (1) (Carrrefour Market, Géant, Intermarché, Leclerc, Simply Market, lire l’Union du 2 février)

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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Commentaires 1

eleveur 61

Cette situation démontre que la contractualisation mise en place dans le seul but de donner le plein controle des transformateurs sur les producteurs n'esperé pas trop des pouvoirs publics qui sont a l'origine des contrats que nous avons.

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