Production française : Le Bassin Sud de Midi-Pyrénées s'interroge sur son avenir laitier

Bernard Griffoul

Dans cette zone où le lait régresse à vue d'oeil, malgré des structures favorables, la filière se demande comment maintenir la motivation des éleveurs et faciliter la transmission des exploitations.

Des cessations encore plus nombreuses (- 5,5 % par an) que dans le reste du Sud-Ouest. Une sous-réalisation du quota d'environ 25 %. Des installations de jeunes éleveurs laitiers de plus en plus rares… Les départements du sud de Midi-Pyrénées (Gers, Haute-Garonne, Ariège, Hautes-Pyrénées) auxquels s'adjoint l'Aude, avaient quelques bonnes raisons de convoquer début février les acteurs de la filière lait pour se demander si cette tendance peut encore être inversée. Ce « Bassin Sud » compte 775 producteurs, détenteurs d'un quota moyen d'environ 350 000 litres. « Dans notre région, il y a du lait pour tous ceux qui veulent en produire », a expliqué Thierry Lanuque, président de l'interprofession du Sud-Ouest, Cilaisud. Une situation à priori plutôt enviable. Pourtant, la foi dans le lait vacille.
Daniel Soubiran fait partie de ces éleveurs dont l'exploitation paraît taillée pour affronter l'avenir : 900 000 litres de quota, 40 ans de génétique… Un élevage de référence en Haute-Garonne. Pourtant, à 56 ans, il a décidé de jeter l'éponge. En EARL avec sa soeur, confrontée à des soucis de santé, et sans succession assurée, il va se consacrer à la culture et à la viande.
Cette cessation pose la question de la reprise de ces ateliers de taille importante hors du cadre familial. Une étude du CER France de Haute-Garonne montre que le capital moyen (hors foncier) des élevages laitiers du département s'élève à 265 000 euros. L'enveloppe de prêts MTS JA ne permet de le financer qu'à hauteur de 40 %. Et la reprise totale sans autofinancement est inenvisageable : elle absorbe 80 % de l'EBE. Tous les intervenants se sont accordés sur la nécessité « de construire de nouveaux outils afin de permettre aux jeunes de s'installer », notamment trouver des solutions de portage du capital.

Les éleveurs laitiers du Sud-Ouest ont souvent dû gérer une croissance rapide de la production. (B. Griffoul)

Les éleveurs laitiers du Sud-Ouest ont souvent dû gérer une croissance rapide de la production. (B. Griffoul)

Les entreprises affirment vouloir rester dans le Sud-Ouest

Parmi les atouts du Sud-Ouest, la présence encore forte des outils de transformation, orientés sur les PGC, et la proximité d'un bassin de consommation, y compris au-delà des Pyrénées, en Espagne. Les principaux groupes qui collectent sur cette zone (3A Coop, Danone, Lactalis) ont réaffirmé leur volonté de maintenir leurs usines sur ce territoire. « Il n'y a aucune inquiétude à avoir quant à la pérennité de notre groupe dans la région. Des investissements continueront à être faits sur nos sites », a notamment insisté Christophe Barayre, responsable de la collecte grand Sud-Ouest chez Lactalis. « L'enjeu majeur sera de continuer à approvisionner les sites industriels de notre région », a résumé Thierry Lanuque.

Source Réussir Lait Mars 2011

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