Production laitière 2013 : la rentabilité décroche avant la remontée des prix du lait

GENEVIEVE AUDEBET

Production laitière 2013 : la rentabilité décroche avant la remontée des prix du lait

Malgré une conjoncture laitière favorable, les éleveurs laitiers sont confrontés à une baisse de rentabilité liée à une hausse inédite de leurs coûts de production, accentuée par une contraction du volume livré. La progression du prix du lait au 2e semestre a déjà permis de soulager les trésoreries mais la répercussion sera plus lente en termes de revenus.

Un marché toujours porteur

Sur le marché mondial, les clignotants sont au vert : les marchés sont porteurs notamment dans les Pays Asiatiques et en Russie. Les prix des produits industriels se maintiennent à des niveaux élevés. Le marché reste tendu car le niveau des stocks est au plus bas. Néanmoins, après plus d’un an de baisse de collecte, la production repart dans les 3 grands bassins laitiers qui approvisionnent le marché mondial (USA, Nouvelle Zélande et Union Européenne).                              

En France, la reprise de la collecte française s’amplifie depuis le mois de septembre. Elle bénéficie de facteurs favorables : le prix du lait plus attractif, la légère baisse des coûts des concentrés, la reconstitution des stocks d’ensilage de maïs de meilleure qualité et l’augmentation des vélages cet été. Le bassin grand ouest (33% des livreurs de lait et 30% de la production laitière nationale) est particulièrement dynamique : les laiteries proposent aux éleveurs autour de 10% de volumes d’opportunités pour la campagne 2013/2014.

La hausse des cours mondiaux a entrainé une augmentation du prix du lait payé au producteur plus ou moins marquée… l’intervention du médiateur, le manque de réactivité dans le système de fixation du prix du lait, le mix produit des laiteries (Part des produits de Grande Consommation par rapport aux produits industriels) sont autant de raisons qui expliquent la remontée tardive du prix du lait au cours du 2e semestre 2013. Au final le prix payé producteur sur l’année 2013 devrait se rapprocher de 357€/1000 l (340 € prix de base + plus value qualité de 17 €) soit un niveau proche de 2008 (cf graphique).

Baisse de rentabilité pour les producteurs

A l’opposé les éleveurs ont dû faire face à une hausse continue des coûts de production qui atteignent 332 €/1000 l en 2013 soit le niveau le plus élevé jamais observé. Produire du lait coûte de plus en plus cher au producteur.

Le coût alimentaire monte à 102 €/1000 l dans les premières clôtures du 3e trimestre 2013. Les charges de structure repartent à la hausse. Contrairement à 2012 avec un fort effet dilution,  la baisse des volumes livrés (-2% au 1e trimestre, -3% au 2e trimestre et 3e trimestre) entraine une hausse des coûts unitaires de près de 22 €/1000 l. Le niveau des investissements atteint le même niveau qu’en 2012 à 34 000 € par exploitation. Le point d’équilibre global repart lui aussi à la hausse à 332 €/1000 l malgré l’effet céréales.
Au final la rentabilité des laitiers fléchit. L’EBE passe  de 199 € sur l’ensemble des clôtures 2012 à 171 € sur le premier semestre 2013. La marge nette d’autofinancement  se réduit à 5 €/1000 l. Les revenus des éleveurs décrochent de près de 40 €/1000 l.

Une répercussion lente de la hausse de prix au producteur

La hausse du prix du lait à partir de juillet devrait permettre aux éleveurs d’améliorer leur trésorerie mise à mal au 1e semestre. Cependant il faudra aussi tenir compte de la chute des prix des céréales : la marge brute blé passe de 1074 €/ha en 2012 à 634 €/ha dans les premiers résultats 2013. Le prix du lait a varié de près de 100 € entre le mois d’avril à 285 €/1000 l et le mois de juillet à plus de 390 €/1000 l. La reprise en termes de revenu sera décalée. Elle devrait mieux se mesurer à  partir de la fin 2013 et surtout au premier semestre 2014. Depuis 2007 les éleveurs sont confrontés à une forte volatilité à l’intérieur d’une campagne laitière et d’une campagne laitière à l’autre. La fin des quotas en 2015 et la concurrence entre les différents opérateurs laitiers devrait encore accentuer cette variabilité. La gestion prévisionnelle de la trésorerie (TRESOLAIT) reste plus que jamais d’actualité pour résister aux fluctuations de marché …

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