Production laitière : l'environnement, un frein au développement en Nouvelle-Zélande

Anne Sophie LESAGE

Production laitière : l'environnement, un frein au développement en Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande est un poids lourd de la production laitière. Ces dernières années, elle a considérablement augmenté sa production de lait, impactant l'environnement. 

La Nouvelle-Zélande également touchée par la crise

Ces dernière années, la Nouvelle-Zélande a été fortement pénalisée par la hausse du change de sa monnaie par rapport à ses concurrents laitiers. Ce qui a impacté la compétitivité du lait néo-zélandais. De plus, étant un pays fortement connecté au marché mondial, la Nouvelle-Zélande a subi « plus vite et plus fort la crise laitière que nous traversons » précise Mélanie Richard. Les prix sont également remontés plus vite. Cependant, ces deux éléments ont permis de mettre en lumière une certaine vulnérabilité du secteur laitier néo-zélandais. Le taux d’endettement par exploitation a augmenté de 130% en 10 ans et 77% des fermes ont eu des trésoreries négatives en 2015/2016.

La Nouvelle-Zélande représente 3% de la production mondiale de lait. Avec une population 14 fois moindre que celle de la France, sa production laitière est quasiment équivalente. Elle exporte 95% de sa production, essentiellement sous forme de commodités agricoles. En 20 ans, la Nouvelle-Zélande a multiplié par 2 sa production laitière, au détriment du cheptel ovin et allaitant. Cette production est réalisée pour les trois quarts dans l’ile du sud, qui concentre 40% du cheptel laitier. En 15 ans, les exploitations de l’île du sud se sont agrandies et intensifiées. Dans les années 2000, il y avait en moyenne 354 vaches laitières par exploitation pour 10 900kg/ha produits. L'an passé, ces chiffres ont atteint 624 vaches laitières en moyenne par exploitation, pour 13 600 kg/ha.

Au fil des années, l’augmentation des effectifs laitiers et l’intensification des systèmes ont eu pour effet de dégrader la qualité des eaux de surface. La Nouvelle-Zélande ayant un tourisme largement basé sur la nature et économiquement aussi important que le secteur laitier, « l’environnement devrait représenter un frein au développement de la production laitière » analyse Mélanie Richard, chef de projet au service économie des filières de l’Institut de l’Elevage. 

Environnement 

Pour protéger l’environnement la Nouvelle-Zélande légifère mais « c’est un processus qui est très lent. » Elle travaille actuellement sur la mise en place d’un plan à horizon 2025 pour la gestion de l’eau. Pour Mélanie Richard, « même si le discours Néo-Zélandais était déjà le même il y a 10 ans et que la production est restée stable, cette fois-ci la règlementation semble se mettre en place progressivement » 

Certaines régions laitières, les plus impactées par les problèmes de qualité des eaux, commencent déjà à s’organiser en mettant en place des limitations réglementaires sur les agrandissements ou les conversions. Au-delà du cadre législatif, le gouvernement et la filière laitière recherchent des solutions techniques pour « permettre à minima de maintenir la productivité. »

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