Production laitière : un Cantalien à la tête de l'Unell

P.Olivieri

Production laitière : un Cantalien à la tête de l'Unell
Claude Bonnet : “Le maître mot des contrats était l’équilibre. On en est toujours à des années-lumière”. P.O

L’Aurillacois Claude Bonnet a été élu à la tête des producteurs de lait français livrant à Lactalis.

C'est en quelque sorte au mini-paquet lait européen et à la volonté française d’enclencher le mouvement de la contractualisation dans la filière que l’Unell doit son existence. Les premiers pas informels de l’Union nationale des éleveurs livrant à Lac- talis, à la tête de laquelle le Cantalien Claude Bonnet vient d’être élu, remontent en effet à l’année 2011 et à de premières négociations plus que tendues avec l’entreprise de Laval. Structurée officiellement l’année suivante, l’Unell rassemble aujourd’hui 4 000 producteurs qui fournissent l’industriel et plusieurs chantiers de taille sont sur sa table.

On se rappelle du climat conflictuel qui a régné des mois durant entre les représentants des producteurs et Lactalis au moment de la mise en place des contrats. Où en sont les relations aujourd’hui ? Peut-on parler de partenariat ?

 

Claude Bonnet : “Les gens de Lactalis aiment à dire que nous sommes partenaires, mais ce sont de drôles de partenaires. Le maître mot de la contractualisation voulue par l’État était l’équilibre. On en est toujours à des années-lumière.”

 

Justement, quel bilan tirez-vous des contrats laitiers ?

C. B. : “Ça a été très compliqué et honnêtement on se pose des questions. On a pu aboutir grâce au médiateur qui a obligé Lactalis à lâcher du lest. Mais on constate aujourd’hui que sur l’enjeu majeur, qui était de sécuriser les producteurs, notamment via un mode de fixation du prix du lait basé sur l’accord de 2009, l’entreprise prend de grandes libertés. Nous ne sommes pas contre retoiletter cet accord national mais nous jugeons essentiel de maintenir un lien fort avec l’économie de la production laitière et avec la production européenne, et avec ce qu’on a appelé le tunnel allemand.”

Quelles sont les entorses au contrat que vous évoquez ?

C. B. : “Déjà, il y a deux ans, il y a eu un décrochage de l’entreprise en fin d’année avec le dispositif acté, idem l’an dernier. Et en 2014, sur mai-juin, on constate de nouveaux écarts, Lactalis cherchant visiblement à emboîter le pas du mode de fixation du prix adopté par la coopération, à savoir une moyenne annuelle sans véritable transparence. Les privés, dont Lactalis, sont en train de s’y engouffrer. Peut-être qu’au final, sur l’année, cela donnera la même chose   qu’avec   le   système   acté contractuellement mais à ce jour, on s’interroge vraiment. Sur ce début d’année, nous avons accepté un lissage sur le second semestre avec des sommes relativement conséquentes à la clé. C’est un effort important consenti par les producteurs mais on attend la contrepartie : que le contrat Lactalis soit appliqué soit au mois, soit au trimestre.”

Quels sont aujourd’hui vos moyens de pression face à ce géant de l’industrie laitière ?

 

C. B. : “Actuellement, nous fédérons 4 000 des 14 000 producteurs français livrant à Lactalis. Notre objectif est d’arriver à terme à 50 % car plus nous seront nombreux, plus les négociations seront sereines et les relations équilibrées. Mais pour y parvenir, il faut que l’entreprise accepte de mettre en place un système de différenciation pour les producteurs adhérant aux organisations de producteurs (OP). À ce jour, hormis leur motivation, les producteurs engagés n’ont aucun avantage. C’est tout l’enjeu d’une rencontre qui se tient le 8 juillet à Paris.”

Lactalis ne s’est pas encore exprimé sur la gestion des volumes pour l’après-quotas...

C. B. : “C’est un autre gros dossier. Les négociations ont débuté pour définir un système appliqué dans chaque bassin de production qu’il s’agisse des volumes dégagés par les cessations ou de volumes complémentaires selon la conjoncture. Le modèle n’est pas encore ficelé, mais ce qu’on craint, c’est que se reproduise ce qui s’est fait à la mise en place des quotas, c’est-à-dire un peu n’importe quoi. Nous demandons au contraire qu’un cadre soit fixé qui garantisse une équité entre producteurs d’une même OP.”

Où en sont de fait les agréments d’OP ?

C.B. : “Cinq OP de producteurs Lactalis sont reconnues - Aveyron, Bretagne et Pays de Loire, Sud-Est, Grand-Est et Normandie. Nous regroupons aussi au sein de l’Unell d’autres groupements plus petits issus de tout le territoire qui à terme seront reconnus en OP, en particulier dans le Massif central.”

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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