Protection des exploitations : Comment lutter efficacement contre les rongeurs

Franck Mechekour

La discrétion des rongeurs ne doit pas occulter leur capacité à causer des dégâts et à transmettre des maladies. Des appâts empoisonnés placés aux bons endroits restent la meilleure solution en cas d'infestation.

La biosécurité nécessite « une approche globale de l'hygiène dans l'élevage », insiste Grégory Theil, directeur marketing d'Ecolab. Le laboratoire aime à rappeler les sept péchés capitaux de l'hygiène : les bâtiments sales, les animaux crottés, les larves de mouches cachées, les insectes piqueurs, la salle de traite pas nickel, la mamelle pas respectée et nos fameux rongeurs nuisibles. La dératisation est de fait un élément important de la biosécurité en élevage parce les rongeurs sont vecteurs de nombreuses maladies comme la salmonellose, la paratuberculose, la leptospirose… et causent des dégâts dans les bâtiments.
Mieux vaut prévenir que guérir. C'est bien connu. Déclinée pour les rats, cette affirmation consiste avant tout à rendre l'exploitation agricole inhospitalière. « Les rats n'aiment pas se déplacer à découvert. Ils longent souvent les murs des silos et des bâtiments. Ils apprécient particulièrement tout ce qui peut leur permettre de se cacher comme l'herbe, les bâches de silos, les tôles qui traînent… », explique Michel Vincent, spécialiste de la dératisation au GDS service de l'Orne.
Le technicien conseille de bétonner ou bitumer les pourtours de bâtiments ou de silos sur une largeur de 2 à 3 mètres. « Les rats n'aiment pas qu'on leur gratte le dos, d'où l'intérêt d'installer des joints brosse en bas des portes. »

Dépose d'un sac contenant un appât empoisonné dans un tuyau pour protéger les humains et les animaux autres que les rongeurs. (F. Mechekour)

Dépose d'un sac contenant un appât empoisonné dans un tuyau pour protéger les humains et les animaux autres que les rongeurs. (F. Mechekour)

Les rats se déplacent essentiellement la nuit. Ils n'aiment pas le froid ni la pluie. C'est donc au début de l'hiver que le risque d'invasion débute. « Ce n'est pas toujours facile d'évaluer leur population. Mais quand nous estimons qu'il faut intervenir, le plus délicat ensuite est de bien placer les appâts contenant le poison (anti-coagulant) », souligne Michel Vincent.
« Un plan de dératisation correctement appliqué consiste à placer les bons appâts aux bons endroits, bien protégés et régulièrement renouvelés pour conserver
une appétence optimale et donc une efficacité maximale », précise-t-on chez Ecolab.

Appât empoisonné posé en hauteur pour empoisonner les souris circulant entre les silos. (S. Leitenberger)

Appât empoisonné posé en hauteur pour empoisonner les souris circulant entre les silos. (S. Leitenberger)

 

Une tactique différente pour les souris

Si le surmulot se déplace au sol et de préférence en longeant les murs, la souris aime aussi prendre de l'altitude. La pose des appâts se fera donc plutôt en hauteur (rebord de fenêtre…). Attention, pour empoisonner les souris, il faut travailler avec de l'avoine décortiquée, « sinon on les nourrit », expliquent Grégory Theil et Michel Vincent. Et pour cause ! « Une souris décortique toujours la céréale pour ne manger que l'amande ».

Le poison, un anti-coagulant, est appliqué sur différents supports adaptés à l'emplacement où sera déposé l'appât. (F. Mechekour)

Le poison, un anti-coagulant, est appliqué sur différents supports adaptés à l'emplacement où sera déposé l'appât. (F. Mechekour)

 

 

Source Réussir Lait Elevage Mars 2010

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