Quatre scénarios pour l'avenir de la filière laitière française en 2030

Quatre scénarios pour l'avenir de la filière laitière française en 2030

Entente mondiale entre un petit nombre d'acteurs survivants, filière laitière conquérante et régulée, ralentissement des échanges internationaux ou encore baisse drastique de la production, la filière laitière française envisage plusieurs scénarios pour son avenir dans les 15 ans à venir.

"Au service de l'emploi et de la vitalité des territoires".

La Confédération paysanne propose un "5ème scénario" intitulé "au service de l'emploi et de la vitalité des territoires. Un  scénario qui privilégie  le rôle des pouvoirs publics et décrit l'instauration dans la nouvelle PAC d'une "conditionnalité sociale des aides et de la différenciation des soutiens selon la taille des fermes".

Concernant le commerce mondial, "les accords de libre-échange abandonnés, les droits de douane empêchent d'un côté la concurrence sur les denrées de masse protégeant les paysans locaux, mais de l'autre côté ne freinent pas particulièrement les importations de produits à forte valeur ajoutée ou innovants, la balance commerciale française laitière continuant à progresser", décrit également le syndicat.

En menant ce travail de prospective sur l'avenir de la filière laitière en 2030, l'établissement public FranceAgriMer espère ainsi permettre aux professionnels d'avoir les moyens d'infléchir leur destinée après la fin des quotas laitiers le 31 mars.A la croisée des chemins, la filière avait besoin de se projeter dans une réflexion plus large, en "s'affranchissant de la dictature du court terme", explique le président du conseil spécialisé de FranceAgriMer pour les filières laitières, Dominique Chargé en présentant ce projet.

FranceAgriMer a animé pendant deux ans une instance de réflexion, composée de 22 professionnels et experts de la filière lait, de la recherche et de l'administration qui ont sélectionné 87 hypothèses sur 500 étudiées pour construire ces quatre scénarios contrastés.

 

Spirale concurrentielle ou filière conquérante et régulée ?

Dans le premier scénario, la crise économique mondiale atteint son paroxysme et chaque pays préfère développer sa propre filière laitière. Le marché mondial se résume à la poudre de lait. Le prix croissant du foncier favorise la concentration et la spécialisation des exploitations, même si les politiques publiques maintiennent a minima de petites exploitations familiales.

Le deuxième scénario décrit une spirale concurrentielle avec des prix qui s'effondrent jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de marges. Le modèle de la "ferme des 1.000 vaches" devient la norme et les opérateurs industriels arrivent à une entente oligopolistique mondiale entre un tout petit nombre d'acteurs survivants. Ce scénario est sans doute l'un des plus frappants alors que la chute des cours français comme mondiaux met en ce moment même les producteurs de lait "en danger immédiat" selon leur fédération, la FNPL.

Le troisième scénario dessine au contraire une filière laitière conquérante et régulée. Le rapport de force entre les producteurs, de mieux en mieux organisés, et les industries agroalimentaires est régulé par l'inter-profession. La production de lait est majoritairement laissée aux grosses fermes automatisées.

Quant au quatrième scénario, il envisage une réduction de la voilure de la production européenne confrontée à une réduction de la demande intérieure et l'arrivée de nouvelles épizooties, en lien avec le changement climatique. La course à la spécialisation laitière s'arrête avec un retour à une relative autonomie fourragère.

Ces scénarios ne doivent pourtant pas être pris pour des prédictions, ils ne sont pas "probables", mais "possibles dans le long terme", selon le chef du service "Évaluation et prospective", Patrick Aigrain. Ils doivent être utilisés pour aider à prendre des décisions stratégiques : "si une de ces histoire déplaît, que faire pour l'éviter ? Ou au contraire comment favoriser l'émergence d'un autre scenario ? Enfin, si ça arrive, comment réagir ?", explique-t-il.

L'intérêt de cet exercice était de voir "comment ensemble on peut actionner nos moyens et ceux des pouvoirs publics pour influer sur le futur", un futur qui "sera le fruit de la volonté des acteurs", note M. Chargé. "On pourra toujours discuter sur la pertinence d'aller dans telle ou telle direction, mais nous considérons que nous avons fait notre travail" en apportant ces pistes de réflexion, ajoute M. Chargé.

 

Source AFP

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Commentaires 3

dob

Si nous ne réfléchissons pas, ils le font à notre place.
Il n'empêche que pour s'organiser, il faut voir loin...

fairytales

les seuls bon poste dans l'elevage , les ronds de cuir de l'interro et celui qui a pondu les 4 scenario , si l'agriculture arretait de payer trop d'interpro et la suradministration et la surfonctionnarisation je pense qu'il y aurait alors des marges de manoeuvres

skippy

Il y a un moyen d'arrêter de payer l'interpro? Elle fait une nouvelle fois preuve de sa médiocrité. Publier ça dans le contexte actuel est totalement irresponsable.

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