Quelques signaux encourageants : Le prix du lait 2010 renouera-t-il avec la hausse ?

Costie Pruilh

Au 20 novembre, les discussions entre transformateurs et producteurs sur le prix du lait n'avaient pas repris. Les signaux de reprise sur les marchés sont positifs, mais seront-ils durables ?

Au 20 novembre, personne ne pouvait dire quel sera le prix du lait début 2010. Il existe trop d'inconnues. Pour l'instant, les cours du beurre progressent, ceux de la poudre stagnent mais étaient bien remontés, et il y a un frémissement sur les cours des fromages d'exportation type edam gouda ; des signaux encourageants. Mais l'incertitude concerne la gestion des stocks qu'aura la commission européenne (280 000 tonnes de poudres et 80 000 tonnes de beurre). Si elle déstocke cet hiver, c'en sera fini de la hausse sur les produits industriels.
Du côté de la FNPL, « pour nous, c'est simple, l'accord du 3 juin doit continuer de s'appliquer, déclare Gilles Psalmon, son directeur. L'accord a défini trois formules qui prennent en compte les produits industriels, les fromages d'exportation et les PGC. Et on compare le trimestre en cours par rapport au même trimestre de l'année précédente. Dans ces conditions, si on table sur le fait que les tendances actuelles sur les marchés se prolongeront, on aura une hausse sur le premier trimestre 2010. Et la flexibilité pourrait fortement diminuer, voire être annulée. »

Mais les industriels ne vont probablement pas vouloir appliquer l'accord à la lettre, et voudront négocier. La Fnil (fédération nationale de l'industrie laitière) a fait savoir qu'il est primordial que « les prix du lait en France redeviennent cohérents avec ceux pratiqués sur le marché européen. La filière laitière française ne pourrait pas supporter à nouveau un décalage de compétitivité du niveau de celui de 2009. Sur l'ensemble de l'année 2009, le prix du lait français aura été supérieur de 20 % en moyenne annuelle par rapport à ses concurrents, les exportations ont reculé de 16 % en valeur et les importations de lait, emmental et crème se sont envolées. » Toutefois, la Fnil indique que « au vu des signaux de marché favorables, on peut raisonnablement penser qu'en 2010 le prix du lait en France sera au moins égal au prix constaté en moyenne en 2009. Cette tendance devrait s'observer dès le premier trimestre 2010 par rapport à la fin de l'année 2009. » Ce qui pourrait signifier une baisse du 1er trimestre 2010 par rapport au 1er trimestre 2009, sauf peut-être dans les régions du grand Est où la grille 2009 avait été réécrite.
La Confédération paysanne demande que le prix du lait tienne compte de tous les marchés, ainsi que des coûts de production. « Il faut des règles européennes pour gérer les volumes et fixer le prix du lait, pour éviter la concurrence actuelle entre les producteurs et transformateurs des différents pays », ajoute Yves Leperlier, de la confédération.

Si la commission européenne déstocke cet hiver, c'en sera fini de la hausse sur les produits industriels. Les stocks sont de 280 000 tonnes de poudres et 80 000 tonnes de beurre. (S. Leitenberger)

Si la commission européenne déstocke cet hiver, c'en sera fini de la hausse sur les produits industriels. Les stocks sont de 280 000 tonnes de poudres et 80 000 tonnes de beurre. (S. Leitenberger)

 

Plus de 280 euros chez nos voisins

L'Apli et la Confédération paysanne demandent que la flexibilité additionnelle soit abandonnée au 4e trimestre, au vu de la reprise sur les marchés des produits industriels. « Le prix du lait français peut à nouveau augmenter puisqu'il progresse chez nos voisins. J'ai entendu parler de 280-300 euros pour novembre en Allemagne », assure Pascal Massol, président de l'Apli. En Belgique, un conseiller agricole informe que le prix du lait d'octobre est de 28,66 euros/100 kg.
Selon Gérard Calbrix, d'Atla(1), le prix du lait chez nos voisins est effectivement en hausse, en lien avec l'amélioration des cotations des produits industriels. « FrieslandCampina annonce environ 290-300 euros pour novembre. En Allemagne, le prix devrait augmenter sensiblement car des hausses de tarifs ont été passées à la grande distribution sur le lait de consommation et le beurre. Dans les pays du nord de l'Europe, les entreprises auront tendance à surpayer le lait de fin d'année pour éviter le dépôt de bilan d'exploitations laitières. »
Ainsi, le prix du lait chez nos voisins va rejoindre le prix du lait français (entre 250 et 290 euros suivant les régions), voire le dépasser, en fin d'année. Rappelons quand même que le prix du lait français se raisonne sur l'année, et qu'il est traditionnellement moins élevé en hiver qu'en août septembre, pour inciter à une production moins saisonnée.

Les producteurs demandent à connaître le prix du lait du premier 2010 avant la fin de l'année, pour avoir de la lisibilité. Mais pour l'instant, aucune date n'a été fixée pour discuter du prix du lait entre les transformateurs et les producteurs. L'interprofession semble fragilisée.

(1) Atla : Association de la transformation laitière

Source Réussir Lait Elevage Décembre 2009

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