Quotas laitiers: un an après, le trop-plein en Europe pèse sur les prix

Quotas laitiers: un an après, le trop-plein en Europe pèse sur les prix

Depuis la fin du système des quotas le 31 mars 2015, la production de lait a bondi en Europe, faisant chuter les prix dans le monde, mais les grands producteurs ne sont pas prêts de faire machine arrière.

Question: Quel est l'impact de la fin des quotas sur la production et les prix ?  

Réponse: La production de lait en Europe a augmenté d'environ 2% sur un an. Les plus fortes progressions (de janvier à novembre 2015) concernent l'Irlande (+13%), la Belgique (+6,5%) et les Pays-Bas (+6%). La production a aussi augmenté en Allemagne et en Pologne.    En France, la hausse s'est faite dans des proportions moins élevées (+1,1%). L'hiver doux, en faisant pousser davantage d'herbe - donc de nourriture pour les vaches - a favorisé le mouvement. En parallèle, la demande a reculé sous l'effet de l'embargo russe et de la baisse de consommation en Chine. Conséquence: les prix des produits laitiers ont baissé de 3% au niveau mondial.  

Q: Quelles sont les conséquences pour les éleveurs laitiers dans le monde ?  

R: En France, les prix ont reculé de 29 euros par tonne de lait sur un an, à 297 euros/tonne en décembre. Soit un prix inférieur aux coûts de revient des producteurs plongés dans une grave crise, qui les a poussés à d'innombrables manifestations depuis l'été. En Allemagne, les producteurs souffrent aussi de la faiblesse des prix, mais dans leur grande majorité, ils ne versent pas une larme sur les quotas. Ils n'envisagent pas de réduire leur production, tablant sur d'hypothétiques nouveaux marchés à l'export. En Irlande, la plupart des éleveurs vendent désormais leur lait en-dessous de leurs coûts de production. "Combiné avec le fait que certains éleveurs se sont endettés significativement pour s'agrandir, la durée de la baisse des prix sera cruciale pour la survie de certains élevages", selon l'association des producteurs de lait irlandais (ICMSA).

Aux Pays-Bas, les éleveurs ont "augmenté la production pour augmenter le cash-flow" (flux de trésorerie), mais le secteur estime que la baisse des prix est due "surtout, surtout, à la chute de la demande chinoise et au boycott russe", explique Klaas Johan Osinga, de l'Organisation néerlandaise des agriculteurs et éleveurs (LTO). Un argument qui ulcère la Nouvelle-Zélande, premier exportateur mondial de lait touché de plein fouet en 2015 par la baisse des prix. Les responsables du secteur reprochent à leurs collègues européens de jouer un rôle important dans la chute des prix, en produisant trop de lait. La coopérative Fonterra, géant mondial de l'industrie laitière, a dû supprimer plus de 700 emplois. Elle a aussi abaissé à deux reprises le prix payé aux éleveurs qui produisent du lait pour son compte, soit la quasi-totalité des producteurs du pays.   

Q: L'Europe est-elle prête à fermer le robinet ?  

R: Pas vraiment. "Les éleveurs européens ne réagissent pas tous de la même manière à la crise", souligne le cabinet spécialisé Agritel. "Si en France, (la crise) va se traduire par l'arrêt de nombreux élevages faute de rentabilité, dans les pays d'Europe du Nord, les éleveurs font le pari d'augmenter les volumes produits pour compenser la perte de chiffre d'affaires", estime Agritel. En Allemagne, la fédération MIV table sur "des volumes encore plus importants" pour le premier semestre 2016, alors que "les producteurs sont face à des problèmes terribles, parfois existentiels". Pour la fédération allemande des agriculteurs DBV, le salut réside dans l'export, et c'est au gouvernement d'ouvrir aux agriculteurs les portes de nouveaux marchés. Elle met en avant "les potentiels inexploités sur les marchés régionaux et mondiaux", notamment au Japon et en Amérique du Sud.

Aux Pays-Bas, qui dépassaient déjà souvent leurs quotas avant la fin du système, pas de baisse de production en vue, mais plutôt l'espoir "d'un catalyseur pour faire augmenter les prix", comme la fin de l'embargo russe ou une reprise de l'économie chinoise, selon Klaas Johan Osinga. En Nouvelle-Zélande, les éleveurs, confrontés à d'importants problèmes de trésorerie, ont pour leur part réagi en réduisant leur production. La plupart des fermes devraient retrouver leur viabilité à moyen terme.

Source Agreste (service statistique du ministère de l'Agriculture), FAO.

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Commentaires 9

papy

si l Europe est le problème a la crise élevage alors ayons le meme courage que les anglais menaçons l Europed en sortir.

beberino

boycottez le salon ,on s amuse pas autour d une tombe!!!!

beberino

c etait une logique infentine que suprimer les cotta allait entrainer une surproduction!!!!
et la baisse des cour par la memme occasion
le syndicat na pas lever le petit doigt contre cette supression , normal il est liberale et de meche avec les grosses industrie agroalimentaire qui le finance!!!!!!!

PIPO

+++13/100de lait en Irlande .L EUROPE INDIVIDUALISTE DE MR LE COMMISSAIRE EUROPEEN QUI NE L OUBLIONS PAS EST D ORIGINE IRLANDAIS. FAITES COMME JE DIS MAIS PAS COMME JE FAIS.

J m 54

C est a Bruxelles qu' il faut allez manifeste boycotter le salon

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