Rentabilité des élevages : Les revenus 2009 chutent de 50 % sauf pour les AOC de l'Est

Amélie Villette

Les estimations des Réseaux d'élevage montrent une chute des revenus de 50 % touchant tous les systèmes sauf les AOC de l'Est, se traduisant par une perte de rémunération du travail allant jusqu'à 1 Smic/UMO.

Les Réseaux d'élevage viennent de publier leur synthèse annuelle avec les résultats définitifs des exploitations laitières en 2008 et des estimations de résultats pour l'année 2009. « Ces estimations sont réalisées par nos experts régionaux à partir d'un panel de vingt cas types répartis sur l'ensemble du territoire, auxquels sont appliqués les prix et rendements observés dans l'année avec des effets volume », explique Jean Seegers, de l'Institut de l'élevage.
Après une année 2008 marquée par la hausse du prix du lait et l'envolée de celui des intrants, les estimations prévoient pour 2009 une baisse des revenus de l'ordre de 50 % qui touche tous les systèmes, n'épargnant que les producteurs AOC de Franche Comté et des Savoies. L'année 2009 a été plutôt favorable aux fourrages mais le prix du lait a baissé de 16 à 20 % entraînant une chute du produit brut non compensée par des charges restées globalement stables.

Un nivellement des revenus par le bas

Chez les éleveurs spécialisés de plaine, les baisses de revenus sont de l'ordre de 50 % et touchent plus sévèrement les systèmes basés sur le maïs, qui consomment en général plus d'intrants. En montagne, on observe de fortes disparités entre les éleveurs de Franche-Comté et des Savoies qui tirent profit de la gestion collective de leurs AOC, et le Massif central où les revenus chutent de 40 à 50 % en 2009.
Les exploitations mixtes lait-viande tirent mieux leur épingle du jeu, car la présence d'un produit viande significatif leur permet de tamponner la baisse du produit lait. La chute de revenu s'y annonce donc un peu moins importante que dans les exploitations spécialisées, mais cache de profondes disparités entre les doubles troupeaux de montagne (laitiers-allaitants) qui voient leurs revenus baisser de 25 % seulement, et les engraisseurs de taurillons ou boeufs de l'Ouest dont le revenu chute de plus de 50 %. Les polyculteurs-éleveurs, doublement pénalisés par la poursuite de la dégradation du prix des céréales, enregistrent la perte de revenu la plus importante (55 %).
En 2008, le prix de revient du lait avait beaucoup augmenté, jusqu'à 50 €/1000 l pour les systèmes de plaine basés sur le maïs. En 2009, ce coût de production est resté stable, entraînant une perte de rémunération du travail qui atteint en moyenne 0,7 Smic/UMO en montagne (hors zones AOC de l'Est) et 1 Smic/UMO en plaine, ce qui amène la rémunération effective du travail à 0,3 et 0,5 SMIC.

 

 

Source Réussir Lait Mai 2010

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