Reproduction en élevage bovin : Du vêlage à 22 mois, c'est possible !

Sandra Roupnel

La ferme expérimentale des Trinottières mène un essai innovant : les chercheurs y testent le vélâge précoce des femelles nées tardivement

« Nous avons voulu tester la faisabilité du vêlage à 22 mois en vue de résoudre la problématique des veaux qui naissent tardivement, explique David Plouzin, conseiller spécialisé génisses laitières à la chambre d'agriculture du Maine-et-Loire. Nous savons aujourd'hui que les vêlages très précoces sont possibles. »
L'idée était de faire vêler très jeunes les femelles qui, aux Trinottières, naissaient au mois de décembre. Ces dernières étaient jusqu'alors orientées vers un vêlage tardif, à 33 mois, afin de ne pas modifier la période de vêlage. Une dizaine d'animaux est ainsi élevée depuis trois ans dans l'objectif de vêler à 22 mois. « La phase 0-6 mois est primordiale, insiste David Plouzin. Nos animaux pesaient 220 kg à 6 mois, soit 10 kg de plus que les génisses en vêlage 24 mois. Ensuite, une croissance régulière et soutenue leur a permis d'atteindre 380 kg à 13 mois, pour la mise à reproduction. Rappelons qu'en vêlage 24 mois, l'objectif est de 400 kg à l'insémination, vers 15 mois. Bien développées, elles font le même poids que les génisses en vêlage 24 mois, soit 660 kg avant le vêlage. »

Ces génisses âgées de 20 mois vont vêler à 22 mois en septembre-octobre. Avant elles auraient vêlé à 33 mois, soit 330 jours de vie improductive économisés ! (DR)

Ces génisses âgées de 20 mois vont vêler à 22 mois en septembre-octobre. Avant elles auraient vêlé à 33 mois, soit 330 jours de vie improductive économisés ! (DR)

Dans l'essai, les génisses pesaient 220 kg à 6 mois

Cette courbe de croissance est plus facile à atteindre avec des races précoces comme la race Prim'Holstein. Et David Plouzin d'ajouter : « Nous n'incitons pas les éleveurs à faire vêler à 22 mois. Nous souhaitons, avec nos essais, leur montrer l'intérêt de faire vêler plus tôt leurs génisses. Dans le Grand Ouest, les femelles laitières vêlent en moyenne à plus de 30 mois. Or, les vêlages tardifs ne sont intéressants que dans certaines situations particulières, avec d'importantes surfaces en herbe à valoriser par exemple. »

En vêlant tôt, les vaches produisent plus de lait par jour de vie

Les études comparatives entre les vêlages précoces (24 mois) et tardifs (33 mois) donnent un léger avantage en termes de production laitière en première lactation au vêlage tardif (+ 300 kg de lait en 1re lactation).
En revanche, en vêlant tôt, les vaches produisent plus de lait par jour de vie (+ 2kg). Elles ont aussi une meilleure longévité. Les génisses en vêlage tardif sont plus lourdes (715 kg) au vêlage mais aussi souvent plus grasses ce qui tend à réduire l'âge de la réforme. Les conditions de vêlage sont identiques, soit 12 % de vêlages difficiles dans les deux cas. Par rapport à un vêlage à 24 mois, une génisse qui vêle à 33 mois coûtera à l'éleveur 24 % plus cher. En vêlant à 22 mois, son coût sera diminué de 7 %.

Source Réussir Lait Juin 2011

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires