Sans les attributions, “on aurait sans doute arrêté”

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Le Gaec de la Crouzette a conforté et développé son exploitation grâce à des attributions successives

Jean-François Falcon, André Delrieu et Éric Rispal, les associés du Gaec de la Crouzette

Depuis leur installation dans les années 80, aucun n’avait vu sa structure évoluer, ni en surfaces, ni en références laitières. “Ça commençait à devenir difficile”, témoigne aujourd’hui Jean-François Falcon qui, en 2006, avec deux autres producteurs laitiers coltinois André Delrieu et Éric Rispal, décide de franchir le pas et de s’associer en regroupant leurs trois exploitations (480 000 litres de références totales). Un pari audacieux et un projet sans lequel il n’est pas sûr que l’un ou l’autre des actuels membres du Gaec de la Crouzette n’aurait pas jeté l’éponge. “On n’était pas loin d’être au bout du rouleau, sans ce projet on aurait certainement arrêté. Notre objectif était de nous associer pour arriver jusque l’âge de la retraite en pérennisant nos outils et dégageant du temps pour nos familles”, poursuit-il. Les trois troupeaux (holstein et montbéliard) sont regroupés sur un même site, les anciens bâtiments reconvertis vers d’autres usages et une stabulation libre à logettes de 190 places (110 pour vaches laitières, 80 pour génisses) sort de terre deux ans plus tard. Parallèlement, les éleveurs instaurent une ration complète. De nouvelles conditions de travail dont l’effet se fait vite ressentir en termes de performances technico-économiques. La productivité est au rendez-vous, si bien que rapidement le besoin de références supplémentaires devient évident.

Des litrages plus que bienvenus
Déjà en 2007, le Gaec (transparence à trois parts) bénéficie d’une attribution de quotas de 30 000 litres à titre gratuit. Une première attribution qui sera confortée avec 15 000 litres achetés en 2008 et 2009 dans le cadre de la procédure TSST (transfert de références sans terre), puis par de nouveaux achats et affectations gratuites les années suivantes. Au final, en cinq ans, de 2007 à 2011, les références laitières du Gaec de la Crouzette passent de 480 kL à 690 kL (avec 120 kL d’attributions gratuites et 90 kL achetés). “Sans ces attributions, notre projet aurait difficilement abouti compte tenu de l’évolution des charges depuis 2006, expose Jean-François Falcon. On ne serait pas parvenu à dégager le revenu qu’on attendait.” Un développement conduit sans agrandissement, ni évolution notable du cheptel. “On a surtout amélioré notre productivité (NDLR : 6 500 l en moyenne sur les 110 laitières du Gaec contre 5 500 auparavant), tout s’est joué sur la performance, la productivité avec des bâtiments adaptés. C’est un peu un défi qui a pu se réaliser grâce à ces nouveaux quotas”, analyse le producteur. La suite ? Le Gaec a déposé cet été une demande  d’attribution pour 30 kL supplémentaires. Sans doute la dernière, les trois associés estimant être arrivés au terme de cette progression en volumes.
Le Gaec de la Crouzette, qui exploite 187 ha sur Coltines dont 15 ha de céréales (le reste tout en herbe), est quasi autonome en fourrages. L’exploitation est engagé dans la démarche AOP cantal au lait cru (coop. de Talizat).
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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