Savoir se faire remplacer réduit les embarras en cas d’accident

Sandra Roupnel - Réussir Lait Février 2012

Savoir se faire remplacer réduit  les embarras en cas d’accident
Les documents de atransmission des consignes sont une aide incontournable pour se faire remplacer. © S. Leitenberger

L’absence accidentelle d’un exploitant est rarement prévue. Elle engendre pourtant de multiples difficultés. Enquête.

Les problèmes posés par le remplacement d’un exploitant en cas d’accident peuvent être importants. Une enquête auprès de trente et un agriculteurs accidentés du travail ayant fait appel au service de remplacement a permis à la chambre d’agriculture de la Manche de faire le point sur les difficultés rencontrées et les solutions.
Selon Ugo Denis, conseiller à la chambre d’agriculture, « le risque maximal est atteint lorsque la personne est seule sur l’exploitation, qu’elle n’a jamais été remplacée et n’a pas de contrat d’assurance. Les pertes d’exploitation peuvent devenir insurmontables »,
a-t-il précisé lors de la deuxième rencontre sur la gestion des risques organisée à Coutances.

Disposer d’atouts pour se faire remplacer

Parmi les premières difficultés rencontrées par les éleveurs enquêtés, la nécessité de faire appel à plusieurs remplaçants afin d’atteindre un nombre d’heures suffisant tout en respectant le Code du travail. La disponibilité des remplaçants est compliquée à gérer. D’autant que les remplaçants les plus compétents sont souvent les plus occupés. Ces derniers préférant en outre les remplacements prévus. Il apparaît que les exploitants habitués à partir en vacances ou en week-end savent se faire remplacer. Le remplaçant connaît l’exploitation et des documents existent souvent pour faciliter le remplacement.
Or, les documents de transmission des consignes et supports permettant de tenir à jour les informations clés sont une aide incontournable en cas d’absence de l’exploitant. Dans un premier temps et pour une courte durée, l’entraide ou l’aide d’un proche est intéressante. Et le remplaçant peut y trouver un référent. Certaines exploitations adhérentes d’un service de remplacement se partagent un agent remplaçant recruté en CDI par le service de remplacement. Cette solution garantit la qualité du remplacement et la rapidité d’intervention.
« Plus l’exploitation comporte d’UTH, plus le remplacement est aisé, estime Ugo Denis. Le travail se réorganise plus facilement. La fonctionnalité des bâtiments facilite aussi la tâche des exploitants. »
Mieux vaut enfin avoir réfléchi la question complexe des assurances. « Une assurance adaptée apporte une couverture au-delà des quatre heures du contrat de base. Elle couvre aussi les arrêts de longue durée. Une majorité d’exploitants sont assurés au régime de base ce qui est nettement insuffisant pour couvrir les frais supplémentaires. »

Éclaircir la question des assurances

S’il reste compliqué de se retrouver dans la logique complexe des contrats d’assurance (MSA, complémentaires, services de remplacement, assurance décès-invalidité…), « mieux vaut prendre le temps d’y voir plus clair et prévoir le versement d’indemnités journalières et/ou d’une rente », conseille Mme Grillon, responsable des contrats pour le cabinet de courtage en assurances Lemière.
La prévention des risques sur l’exploitation passe enfin par la constitution du document unique d’évaluation des risques professionnels et pourquoi pas par une formation aux premiers secours.

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