Tableau de bord de l’Economie de l’Exploitation Laitière (Résultats 2016)

INSTITUT DE L'ELEVAGE IDELE

Economie laitière - Résultats 2016

La Fédération Nationale des Producteurs de Lait (FNPL) est à l’initiative d’une réflexion visant à harmoniser et simplifier certains indicateurs technico-économiques impliqués dans les calculs de performance des fermes laitières. Cette réflexion qui a porté sur 9 indicateurs technico-économiques a été menée par 6 organisations agricoles travaillant au plus près des éleveurs laitiers (APCA, AS gestion, BTPL, CER France, FCEL, Institut de l’élevage). Découvrez les principaux éléments de la réflexion dans cette synthèse.

Tableau de bord des critères nationaux Bovins Lait

Le tableau de bord reprend ces indicateurs (excepté ceux concernant le travail) calculés sur la base de données nationale des fermes du dispositif Inosys Réseaux d’Elevage pour l’année 2016 avec une comparaison à 2015 pour le même échantillon de fermes.

Il est important de rappeler ici que l’échantillon de fermes INOSYS-réseaux d’élevage, soient  356 exploitations laitières utilisées pour le calcul des indicateurs, est composé d’exploitations dont la dimension et l’efficience sont reconnues comme supérieures à la moyenne française.

Systèmes de plaine : Les spécialisés limitent la casse alors que les polyculteurs et mixtes s’enfoncent dans la crise

Baisse générale des Excédent Brut d’Exploitation (EBE)

L’ensemble des EBE diminuent dans les systèmes de plaine. La chute est plus modérée sur les systèmes spécialisés et très légère pour les élevages spécialisés en Bio. Les systèmes de polyculture et mixtes lait-viande souffrent d’avantage. En effet, l’année 2016 s’est révélée catastrophique pour les grandes cultures sur le plan des rendements mais aussi des prix. La conjoncture n’était pas non plus favorable pour la filière viande et les conditions de production rendues difficiles par la piètre qualité des fourrages.

Les annuités pèsent de plus en plus lourd sur des EBE réduits

On le sait, l’indicateur  annuité des emprunts LMT/EBE (%)  est très sensible. Il se dégrade fortement pour le système polyculteur qui est le système qui a la plus forte baisse d’EBE en 2016. Les autres systèmes voient cet indicateur plutôt stabilisé.

Les trésoreries convalescentes

Il semble que les trésoreries se soient amélioré en 2016 sur les systèmes de plaine excepté le système bio. Cette amélioration reste aussi surprenante que difficile à expliquer. On peut penser que cette amélioration peut trouver son explication dans l’aide conjoncturelle mais aussi dans des prêts de consolidation de la trésorerie.

Baisse généralisée de la productivité en 2016

L’ensemble des systèmes ont rencontrés des difficultés pour produire les volumes de lait en 2016. L’année a été particulièrement défavorable à la production de fourrages de qualité et au pâturage.  Là encore se sont les systèmes spécialisés qui ont le mieux résisté.

Dans ces conditions difficiles les éleveurs ont su réagir en  réduisant les charges

La baisse des marges brutes est contenue par une maîtrise ou un report important des charges. C’est une bonne réaction des éleveurs qui a permis de limiter l’impact de cette année particulièrement difficile sur la rentabilité de l’atelier lait. Mais les reports de charges ou leur contraction extrême ne peut pas se répéter sur plusieurs années au risque de mettre en jeu la durabilité de l’atelier laitier.

Tableau de bord des critères nationaux Bovins Lait

Systèmes de Montagne : Les systèmes hors AOP font preuve de robustesse

Baisse tendancielle des EBE

Globalement, les EBE ont baissés en 2016 sur les systèmes de montagne. Ces exploitations ont une sensibilité connue aux conditions climatiques et plus particulièrement aux conditions de pousse et de récolte de l’herbe. C’est sur les systèmes très herbagers (AOP) que la chute a été la plus forte.

Stabilité du poids des annuités vis-à-vis de l’EBE

L’ensemble des systèmes de montagne contiennent la part des annuités sur l’EBE à moins de 50%. Ceci peut s’expliquer par le fait que nous sommes  sur des systèmes à moindre productivité de la main d’œuvre qui ont moins investis dans les bâtiments les installations et le matériel que les systèmes de plaine dans lesquels l’exigence de productivité de la main d’œuvre est beaucoup plus forte.

AOP : des systèmes rentables mais plus sensibles et fragilisés en année difficile

Les exploitations en système AOP de l’est dégagent toujours de très bons niveaux d’EBE par UMO exploitant en 2016, même si celui-ci fléchi sensiblement par rapport à 2015. Outre le fait que ces systèmes d’exploitation soient du fait des cahiers des charges des AOP plus sensibles aux années fourragères difficiles, on note une fragilité certaine traduite par un certain nombre d’indicateurs. Ce sont les indicateurs de charges de l’atelier lait tel que le coût du système d’alimentation (325€) ou le prix de fonctionnement (498€) qui sont de plus en plus déconnectés des autres systèmes (hors AOP). Le poids des annuités ramenées aux 1000 litres (156€)  est également un vrai point de fragilité pour ces exploitations.

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