Toujours de grandes incertitudes sur la Chine

Virginie Quartier

Toujours de grandes incertitudes sur la Chine
Les importations de laits infantiles et de laits liquides ont augmenté de 20 % par rapport à 2014. - © P. Bourgault

Les grands exportateurs fondent beaucoup d'espoir sur le marché chinois. L'inconnue forte reste la production laitière nationale.

En 2014, les producteurs chinois ont jeté du lait !

En 2013, la production laitière en Chine avait baissé de 6% et les ventes augmenté de façon inexpliquée. Le prix du lait a alors fortement augmenté et cela a créé des tensions. Les entreprises ont augmenté leurs importations de produits laitiers à partir de la fin de l'année.
Début 2014, la croissance de l'économie a ralenti et la consommation baissé. Les industriels sont toujours confrontés à un manque de produits laitiers. La poudre importée est alors jusqu'à deux fois moins chère que le lait produit en Chine. Les prix intérieurs sont sous pression, ils ont perdu 20% depuis le début 2014, mais cela ne suffit pas. Les transformateurs cessent la collecte des producteurs chinois ! De nombreux éleveurs ont été forcés de jeter du lait et de décapitaliser tout ou partie de leurs troupeaux. Alerté, le gouvernement a obligé la reprise de la collecte, mais à des prix en baisse, jusqu'en mars 2015.

923 000 tonnes de poudre de lait et 186 000 tonnes de lait liquide ont été importées en 2014 par la Chine. Neuf fois plus qu'en 2007. La consommation de produits laitiers a triplé en Chine depuis 2000, à 30 litres par an et par habitant en 2014. Elle importe environ 20% de sa consommation de produits laitiers. « Mais en 2015, retournement de situation, sur les cinq premiers mois, les achats de poudre ont été divisés par deux par rapport à 2014, et sont de 12% inférieurs à 2013, explique Jean-Marc Chaumet, de l'Institut de l'élevage, dans la lettre de veille Chine-Abcis. Cette désaffection touche principalement les poudres grasses : si les importations de poudre maigre reculent de 30% par rapport à 2014, elles restent en progression par rapport à 2013. » Quant aux importations de laits infantiles et de lait liquide, elles ont augmenté de 20% par rapport à 2014 ! « Les stocks constitués sur 2014 ne seront sans doute pas écoulés avant septembre-octobre. L'inconnue forte reste la production laitière nationale. Après la chute du prix du lait, la décapitalisation et le ralentissement des investissements dans les fermes géantes en 2014, nul ne sait quelle sera la production laitière en Chine en 2015 », avance Jean-Marc Chaumet. La production laitière intérieure a été largement soutenue par le gouvernement grâce à des prêts bonifiés, des subventions à l'achat d'aliments et des offres de génétique. Elle est passée de 10 à 35 millions de tonnes entre 2000 et 2008.

Un marché très convoité

Les leaders mondiaux investissent et renforcent leurs partenariats capitalistiques avec les industriels laitiers chinois : Danone, FrieslandCampina, Fonterra... Plusieurs sites de transformation sont actuellement en construction, notamment par Yoplait, Beingmate, Yili, Fonterra... Des fonds importants sont également investis en amont, dans les fermes laitières. En retour, les Chinois investissent dans le monde, en Nouvelle-Zélande, aux USA, en Australie, et en Europe. Excédentaire sur les biens manufacturés, la Chine est très dépendante de l'extérieur pour ses approvisionnements agricoles. Elle importe 20% de ses besoins en produits laitiers. Avec 20 millions de naissances en 2015, le marché chinois est très convoité. La prochaine mission d'agrément des entreprises françaises pour l'export en Chine est prévue à l'automne.

Toujours de grandes incertitudes sur la Chine

Le développement rapide des grandes fermes laitières

« En 2012, 15% des vaches laitières étaient détenues dans des exploitations de plus de 1000 vaches, contre moins de 3% dix ans auparavant, explique l'Institut de l'élevage. Ces grandes exploitations appartiennent soit à des grands groupes laitiers chinois, qui développent en même temps la production et la transformation, soit à des entreprises spécialisées dans l'élevage laitier, soit à des investisseurs. » Ce développement s'est accéléré avec la crise de la mélamine. « Les autorités pensent que les grandes fermes permettent d'augmenter rapidement la production, de limiter les problèmes sanitaires et d'adultération du lait qui ont eu lieu pendant la crise de la mélamine », explique Jean-Marc Chaumet. Elles dépendent très fortement des importations de fourrages : 1 million de tonnes de foin ont été importées en 2014, à 80% des USA. Pour produire le lait, 200 000 vaches laitières ont été importées en 2014, principalement d'Australie, de Nouvelle-Zélande et de l'Uruguay. Une ferme peut coûter 20 millions de dollars. Le retour sur investissement, avec un prix du lait à 500 euros pour 1000 litres, peut être rapide, sur huit à dix ans. « Mais avec le ralentissement de la croissance en Chine, le prix du lait est plus faible. Ce qui, conjugué à la grande fragilité vis-à-vis des approvisionnements en alimentation, pose la question de la pérennité de ces systèmes. » Tous les investissements ne sont pas à l'arrêt : un projet sino-russe de construction d'une ferme de 100 000 vaches serait en cours, selon la lettre Chine-Abcis. Près de 700 millions de litres de lait pourraient y être produits à destination du marché russe et l'alimentation proviendrait de 100 000 hectares de terres situées en Russie.

Source Réussir Lait

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Commentaires 7

a

La taille des élevages tient en premier lieu au climat. Si on regarde les États-unies les grandes fermes d'élevage sont au sud avec des mexicains, mais en dessous des grands lacs (au Nord) on retrouve des élevage laitiers comme chez nous (autour de 80 vaches). Et il y a pas tellement de fermes de 1000 vaches au pays-bas (80 à 200 en général), le Danemark et l'ex-RDA sont plutôt des exceptions.
Dans les climats secs il est de tout manière impossible d'avoir assez de fourrage au pied d'une ferme, alors en Israël, comme en Égypte on privilégie de très gros élevage (quitte à transporter du fourrage et du lisier autant gagner sur la structure).
Par contre en climat tempéré (grand ouest Français, sud de l'Angleterre, Pays-Bas, sud des grands lacs) on a plus généralement des structures plus petite et familiale.
Et plus on va sur un climat continental (ou froid) plus les fermes laitières s'agrandissent (Canada, Danemark, ex RDA, Russie) parce que les hivers longs, comme les climats secs obligent a stocker tout les fourrages.
Et puis il y a les climats plus tropicaux (Argentine, Colombie et Nouvelle Zélande), on revient sur des tailles proches des climats tempérés, parce que l'herbe pousse 10 mois sur douze, pas de fourrage conserver et il est difficile de faire pâturé 1000 vaches.
Si les économistes pouvaient faire des cours de géographie et de climatologie on gagnerai du temps.
La Chine a inventé les jardins suspendus parce qu'elle manque de terre cultivable (tout le nord c'est de la montagne, climat froid).
De plus la mamelle filtre les toxines des fourrages comme les huitres filtrent les océans, des qu'il y des métaux lourds dans le sol (et il y a sur plus de 10% des terres cultivables, à cause de l'industrialisation sans norme, mais on a eût aussi à l'Est de la France des arrêts de collectes à cause de pluie acide venant d'Allemagne), on les retrouve dans le lait, c'est pour cela aussi qu'il importe des fourrages (c'est aussi possible parce qu'il y a plus de marchandises qui partent de Chine, c'est l'acheteur qui paye le transport, alors que le retour soit à vide ou avec du foin c'est le même prix), alors autant l'importer des Russie ou de Nouvelles Zélande (le climat tropical permet de produire au cour mondial sans subvention, mais cela reste une production plus faible qu'en France, il sera difficile d'augmenter le volume au même prix, c'est-à-dire sans concentrer on est autour de 6000 litres par vache, d’où un complément Russe).

CLOCHE215

attention, les nouveaux dirigeants de ces fermes sont sous le coup de la peine de mort s'ils n'atteignent pas les objectifs fixés par le parti.(d'autres y sont déjà passés...) Notre devenir d'agriculteur est piloté par bruxelles, notre sort n'est pas différent....

science

On ne peut pat pas etre contre les exploitations de 1000 vaches en France.En Allemagne,des exploitations de 1000 vaches existent déjà.Sinon,on perdra en compétitivité comme la production porcine...

barinne

encore il faut le vendre 500e que pense les bretons

AIGLE201

Un article pour favoriser les 1000 vaches en France. C'est uniquement du business de financiers,pour faire tourner leur commerce.

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

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