Un métier original : remplaçant indépendant

Véronique Bargain - Réussir Lait Décembre 2011

Patrick Bompoil au travail. © V. Bargain
Les remplacements pour les week-ends et vacances assurent l’essentiel de l’activité.

Facturation à l’heure

L’intervention est facturée en fin de mission ou en fin de mois pour les clients réguliers, à raison de 16,50 €/h en semaine, 20 €/h le week-end à partir du samedi soir et 13,50 €/h pour la conduite de tracteur, le tout sans TVA. « C’est très simple, apprécie Thierry Briand, éleveur à Lieuron et qui fait appel régulièrement à Patrick Bompoil. Il y a une facture. Et comme c’est toujours la même personne qui intervient, il n’y a pas à tout expliquer à chaque fois et on peut partir en toute confiance, ce qui est essentiel car c’est notre capital qu’on lui confie. »

Pendant douze ans, après un BPREA Productions animales, Patrick Bompoil a été éleveur, en lait et viande d’abord, puis en porc à l’engraissement. Plus tard, il a travaillé dans un service de remplacement. « Mais après avoir été éleveur et indépendant, je voulais avoir ma liberté, travailler pour moi. J’ai donc décidé de devenir remplaçant indépendant. Je suis d’abord intervenu dans le cadre de Tesa. Mais c’était très lourd pour mes clients. Ils devaient prévoir mon intervention huit jours à l’avance, remplir beaucoup de papiers pour parfois quelques heures seulement. En mai dernier, j’ai donc sauté le pas et créé une microentreprise, TSA pour Tous Services Agricoles. »
Aujourd’hui sa microentreprise ne connaît pas la crise. Basé à Pipriac (35), Patrick Bompoil intervient dans le sud de l’Ille-et-Vilaine et les communes limitrophes du Morbihan, dans un rayon de 80 km. Il a une quinzaine de clients réguliers et quelques autres qui ne font appel à lui que pour des week-ends.
Le remplacement en élevage laitier assure 90 % de son activité. « Le week-end et les vacances, je ne fais que le travail d’astreinte, explique-t-il, c’est-à-dire essentiellement la traite, l’alimentation, le paillage et la surveillance. » Le reste du temps, il intervient en lavage de porcheries, aide au sevrage de porcelets, mise en place et tonte de veaux de boucherie, conduite de tracteur sur un chantier d’ensilage, préparation de terres…
Avant de commencer, Patrick Bompoil passe une demi-journée sur l’exploitation. « L’éleveur m’explique comment il travaille, l’alimentation, le cheptel, le matériel… » Ensuite, les choses se passent par téléphone. Et en fin de mission, il note ses observations sur un papier. Les interventions sont le plus possible prévues à l’avance. Et bien évidemment, les week-ends sont les plus demandés. « En 2012, je n’ai plus que deux week-ends de libres, indique-t-il. Mais j’ai un peu de temps libre en semaine. »

La microentreprise exige d'être organisé

L’activité, toutefois, ne s’improvise pas. « Il faut être très organisé pour traire matin et soir sur deux exploitations éloignées l’une de l’autre et, entretemps, laver une porcherie », assure Patrick Bompoil. L’intervenant doit aussi savoir s’adapter à toutes les techniques, enregistrer le fonctionnement de chaque exploitation, avoir l’œil pour détecter par exemple un animal malade et savoir prendre des initiatives. « Quand un animal va mal, j’essaie de m’en sortir seul. Mais dans les cas graves, j’appelle l’éleveur et le vétérinaire. Les numéros des vétérinaires sont enregistrés sur mon portable. » Il faut bien sûr ne pas compter ses heures, pouvoir commencer à 5 h 30 et finir à 22 h, être discret. Et les aspects sanitaires sont essentiels. « Quand je commence une mission sur un élevage, j’apporte une cotte propre et des bottes lavées et désinfectées. Et la cotte et les bottes restent sur l’élevage jusqu’à la fin de la mission. »
À 42 ans, Patrick Bompoil a enfin trouvé une activité qui lui plaît et qui lui permet de bien gagner sa vie. « C’est très prenant, stressant mais aussi très enrichissant, résume-t-il. Je rencontre beaucoup de gens, je découvre des méthodes de travail différentes, des installations variées. C’est très satisfaisant. »

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