Une collecte de pneus agricoles à coût raisonnable

Costie Pruilh - Réussir Lait Juillet-Août 2012

Une collecte de pneus agricoles à coût raisonnable
L’engagement financier des communautés de communes et l’implication de nombreux professionnels agricoles pour l’organisation ont permis ces collectes. © Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, le comité de pilotage chargé de l’organisation de la collecte des pneus déchets a déjà trois services à son actif, pour un coût agriculteur d’environ 70 euros la tonne.

Quand un agriculteur veut se débarrasser des pneus servant à lester ses silos, pour passer à une couverture avec sacs par exemple, il doit les remettre, à sa charge, à un collecteur agréé. Il est interdit de les abandonner ou de les brûler.

Des collectes ponctuelles de pneus agricoles usagés ont déjà eu lieu un peu partout en France. Mais la profession n’a pas encore réussi à monter une filière de récupération et de revalorisation de ces pneus déchets. Le problème numéro un est le coût de collecte et de traitement : entre 150 et 250 euros HT la tonne. Les agriculteurs ne peuvent pas assumer seuls ce coût. « En outre, comme les agriculteurs font un premier recyclage des pneus, en les utilisant comme lest sur leurs silos (la loi cite cet usage comme un recyclage des pneus), il paraît légitime qu’ils ne soient pas seuls à assumer le coût de leur traitement final », insiste Anne-Bénédicte Martinot, de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine.

En Ille-et-Vilaine, un comité de pilotage a été formé en 2009 avec la chambre d’agriculture, Geda 35, Cuma 35, la FDSEA et Entrepreneurs des territoires, dans le but de monter une filière de collecte de pneus agricoles, en vu de sa revalorisation, dans le génie civil (stabilité des bassins de rétention d’eau) et dans la cimenterie.

Des subventions des communautés de communes

« À partir d’enquêtes en élevage laitier, nous avons évalué le gisement de pneus dont veulent se débarrasser les agriculteurs, à 20 000 tonnes en 2009. Et le stock de pneus encore utilisés sur les silos à 45 000 tonnes. Mais des exploitations bovin viande et porc en utilisent aussi », évalue Anne-Bénédicte Martinot.
La première action s’est montée grâce à la communauté de communes de Brocéliande, qui lançait fin 2010 une collecte de pneus agricoles avec un financement à 80 %. Le coût pour les agriculteurs s’est chiffré à 35 euros la tonne. « La chambre d’agriculture et la communauté de communes ont trouvé les sites (le négociant Demeuré et la coopérative Végam), organisé la précollecte, et communiqué auprès des agriculteurs. » L’entreprise SBVPU (Morbihan) a collecté le site et assurer la revalorisation des pneus pour un coût d’environ 150 euros la tonne.

Des coopératives et des négociants qui s’investissent

La deuxième action s’est faite avec Antrain communauté, qui compte 157 exploitations laitières. « La collecte a eu lieu en janvier 2012 et a permis de récupérer 200 tonnes auprès de 50 déposants, sur les sites des coopératives Triskalia et Le Gouessant. La subvention représentait 37 euros la tonne et le coût pour l’éleveur 73 euros la tonne. » Une jeune entreprise spécialisée dans la collecte et le traitement des pneus agricoles usagés, basée en Mayenne, a été choisie. Elle réussit à maîtriser ses coûts (110 euros/t pour la collecte et le traitement) grâce à une logistique étudiée pour la filière agricole (les autres collecteurs traitent les pneus déchets des garages).
En juin dernier, a eu lieu la troisième collecte organisée par le comité de pilotage, sur les sites de la coopérative Vegam et du négociant D2N, avec le soutien de la communauté de communes du pays d’Aubigné (120 exploitations laitières). « Nous avons collecté 207 tonnes auprès de 54 exploitations. Le coût pour l’agriculteur est de 70 euros la tonne environ. » Pour ces deux dernières collectes, la moitié du gisement a été récupérée. « Le coût reste non négligeable pour l’éleveur. Il finance la collecte, mais parfois aussi un nouveau dispositif de couverture des silos. » Les quantités récupérées sont très variables d’une exploitation à l’autre. « Certains ont fait un ménage complet : plus un pneu ne reste sur l’exploitation ! » Deux autres collectes sont en préparation en Ille-et-Vilaine, et d’autres élus ont pris contact avec le comité de pilotage. L’expérience de l’Ille-et-Vilaine fait tâche d’huile ailleurs. « À Lorient, en Vendée, en Alsace… il y a des collectes en préparation. » 

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