Une laiterie filiale d’un distributeur

Véronique Bargain - Réussir Lait Janvier 2013

Une laiterie filiale d’un distributeur
Même si l’essentiel de sa production est vendue dans les magasins du groupement Les Mousquetaires, la laiterie se doit d’être au prix du marché. DR

La Laiterie Saint-Père, cas unique dans le paysage laitier français, appartient au groupement Les Mousquetaires. Une situation qui garantit ses débouchés et lui a permis, jusqu’à présent, d’appliquer les indicateurs interprofessionnels sur le prix du lait.

Du lait 100 % français

Si, à l’origine, l’objectif des Mousquetaires en se dotant d’outils de production était de sécuriser ses approvisionnements, la possession d’usines réparties sur
le territoire permet aussi aujourd’hui d’assurer et de mettre en avant l’origine française, voire régionale, des produits. « Les Mousquetaires privilégie depuis toujours le lait d’origine française, souligne le groupement. 100 % du lait vendu par l’enseigne est produit en France. Il nous paraissait donc naturel d’avoir notre laiterie. » Tous les laits et produits frais à la marque Pâturages affichent ainsi aujourd’hui sur leurs emballages la mention « Lait 100 % français ».

Créée en 1905 à Saint-Père en Retz (44), la Laiterie Saint-Père appartient depuis 1990 au groupement de distribution Les Mousquetaires (Intermarché, Netto…). C’est la seule laiterie intégrée du groupement qui possède soixante usines agroalimentaires en France. Pour la laiterie, qui collecte et transforme le lait de 512 éleveurs de Loire-Atlantique, Vendée et départements voisins, l’entrée dans le groupement a permis de sécuriser les ventes. « Nos débouchés sont assurés, apprécie René Grelaud, directeur de la Laiterie Saint-Père. Les circuits simples et rapides de décision et la bonne connaissance mutuelle de la laiterie et de la centrale d’achat permettent aussi d’aller très vite à l’essentiel. Nous avons ainsi une bonne vision à moyen terme, ce qui permet d’optimiser la planification et la logistique. Et nous connaissons très bien les besoins des magasins, ce qui nous amène à beaucoup innover. » Si, jusqu’en 1990, la spécialité de la laiterie était la poudre de lait et le beurre, l’entreprise s’est ainsi réorientée vers les produits grand public, notamment les desserts. Elle produit aujourd’hui 170 millions de litres de lait UHT et 40 000 tonnes de desserts lactés et produits frais. Et l’innovation reste essentielle. En 2012, 20 % du chiffre d’affaires des desserts et produits frais a été apporté par des produits qui n’existaient pas en 2010. Un autre atout est qu’en appartenant au pôle industriel des Mousquetaires, la laiterie bénéficie des avantages (force d’achat, logistique…) d’un groupe rassemblant soixante usines pour un chiffre d’affaires 2012 de 3,4 milliards d’euros.

Diversifier les débouchés

Depuis 1990, grâce aux capacités de vente d’Intermarché et à des investissements importants (15,5 M€ depuis 2010), le chiffre d’affaires de la laiterie, inférieur à 100 millions d’euros en 2004 est passé en 2012 à 170 millions d’euros et devrait dépasser 180 millions d’euros en 2013 pour 205 millions de litres de lait transformés. Jusqu’en 2009, tous les produits étaient vendus sous la marque Pâturages dans les 1 800 magasins. Mais depuis 2010, le groupe incite aussi la laiterie à chercher des marchés extérieurs. En 2012, 8 % du chiffre d’affaires a ainsi été assuré par des débouchés externes (RHF, autres enseignes de GMS), une part qui devrait atteindre 16 % en 2013, l’objectif étant d’arriver à 30 %. « Les distributeurs se rendent vite compte que nous connaissons bien la grande distribution et que nous sommes des professionnels de la MDD. » Les volumes augmentant, après sans doute une année de stabilisation en 2013, la laiterie pourrait donc à l’avenir avoir besoin de nouveaux éleveurs.
À ce jour, bien que le lait UHT représente encore 50 % du CA, la Laiterie Saint-Père a toujours appliqué les indicateurs interprofessionnels sur le prix du lait, sans double prix ni flexibilité. « La philosophie de la laiterie et d’Intermarché est que toute la filière s’y retrouve, assure René Grelaud. Toutefois, Intermarché a d’autres fournisseurs. Si nous représentons 80 % des desserts vendus, cette part n’est que de 50 % en lait UHT. Et la règle est que nous soyons au prix du marché. Nous sommes donc très attentifs à l’évolution des prix du marché. » Début décembre, même si beaucoup auraient souhaité avoir plus de poids dans les négociations, plus de 50 % des éleveurs livrant la Laiterie Saint-Père avaient signé un contrat.

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