Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2017, la biosécurité pour les bovins

Dr Didier GUERIN

Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2017, la biosécurité pour les bovins

Visites sanitaires obligatoires => Des visites sanitaires obligatoires en élevages ont été instituées dans différentes filières. Pour les bovins, en 2017, elle porte sur la biosécurité.

Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2017, la biosécurité pour les bovins

Dans le cadre du passage d’un système d’éradication vers une épidémiosurveillance, l’Etat a décidé l’instauration en 2005 d’une visite sanitaire obligatoire dans chaque élevage bovin pour surveiller et prévenir les risques sanitaires.

Les filières bovine, ovine, caprine, porcine, avicole et apicole concernées

L'arrêté ministériel du 24/09/2015 fixe les éléments des visites sanitaires obligatoires. Ces visites sont réalisées par votre vétérinaire sanitaire et sont prises en charge par l’Etat. Elles ont pour but de vous sensibiliser à la santé publique vétérinaire et aux moyens d’améliorer le niveau de maîtrise des risques sanitaires de votre exploitation. Cet article détaille la visite sanitaire bovine 2017. Pour l’espèce porcine, dans la continuité (cf. encadré « visite en élevage porcin » de l’article du 30/01/2015), la visite vise à qualifier les élevages vis à vis de la trichine. La visite avicole 2016/2017 aborde des thèmes suivants : gestion sanitaire, alimentation, pharmacie, tenue des documents sanitaires et dépistage des salmonelles. Pour les petits ruminants, nouvellement concernés, la thématique porte sur les avortements, elle concerne les élevages à n° EDE impairs pour 2017 et ceux à n° EDE pairs pour 2018, un prochain article présentera cette visite sanitaire petits ruminants. La visite sanitaire apicole est en cours de discussion.

La biosécurité : une notion encore méconnue, un besoin d’information et de conseil

Selon une enquête de l’Institut de l’Elevage de 2015 auprès d’éleveurs bovins, le mot « biosécurité » reste méconnu ou porteur d’une image négative. 77 % des éleveurs enquêtés déclarent ne pas en connaître le sens. Pour certains, ce mot renvoie à des risques industriels uniquement. Dans ce panel, 11 % d’éleveurs connaissaient ce terme car ils possédaient un atelier hors-sol, certains déclaraient que le mot biosécurité leur paraissait s’appliquer à cet atelier et pas aux bovins. Tous les éleveurs enquêtés ont exprimé un besoin d’information et de conseil sur la maitrise des risques sanitaires. L’objectif général de cette visite est de vous sensibiliser et de valoriser la biosécurité en rappelant que moins d’agents pathogènes et des agents pathogènes mieux maitrisés, c’est moins de traitements, d’antibiorésistance, de pertes, d’impacts financiers... 

La biosécurité : protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux

Pour la filière bovine, cette visite sanitaire obligatoire annuelle est à réaliser dans tous les élevages de 5 bovins ou plus. Après, les avortements en 2014, la fièvre aphteuse en 2015, l’antibiorésistance en 2016, la thématique abordée en 2017 est donc la biosécurité. La biosécurité est l’ensemble des mesures destinées à protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux transmissibles. Elle comprend les infrastructures, les techniques, les pratiques d’hygiène avec une triple finalité : santé animale, sécurité sanitaire des aliments et santé humaine notamment la vôtre en tant qu’éleveurs. Elle peut se décomposer en 5 axes de points de maîtrise (cf. illustration) :

  1. Faire que le pathogène ne rentre pas dans un troupeau.
  2. Faire que le pathogène ne circule pas dans un troupeau.
  3. Faire que le pathogène ne sorte pas d’un troupeau.
  4. Faire que le pathogène n’infecte pas l’homme.
  5. Faire que le pathogène ne persiste pas dans l’environnement.
Visites sanitaires obligatoires en élevage. En 2017, la biosécurité pour les bovins

En 2017, faire que le pathogène ne circule pas dans un troupeau et qu’il n’infecte pas l’homme

Compte-tenu de l’étendue du sujet, les points 2 (aide à la maîtrise de la circulation des agents pathogènes) et 4 (prévention de la contamination humaine par l’Information de la Chaine Alimentaire (ICA)) sont traités cette année. Les autres points feront l’objet de la visite sanitaire bovine 2018. L’expression « agents pathogènes » désigne l’ensemble des agents infectieux transmissibles : bactéries, virus, parasites et champignons.

Une maîtrise de la circulation des agents pathogènes dans le cheptel en diminuant l’exposition des animaux…

La limitation de la circulation des agents pathogènes passe par une moindre exposition des animaux, le renforcement de leur immunité, la détection précoce et l’isolement des malades. Au cours de la visite, sont abordés les différents points clés permettant de limiter l’exposition à un agent pathogène présent et leur application dans l’élevage : lieux dédiés, désinfection, dératisation, désinsectisation, allotement, circulation des hommes et des animaux d’élevage et domestiques…

… en renforçant la résistance et la protection des animaux…

En complément du Bilan Sanitaire d’Elevage, cette partie identifie des pistes à développer en matière d’alimentation, de stratégie antiparasitaire, de vaccination, de prise colostrale, de confort de l’hébergement (plein-air : pâtures, abris…) et du logement avec une ouverture vers les facteurs de risque de boiteries, mammites, maladies néo-natales, bronchopneumonies infectieuses enzootiques (BPIE) propres à votre élevage. 

… sans oublier la détection précoce et l’isolement des malades

La détection précoce des malades est un facteur de réussite du traitement et participe à la prévention de la transmission. Pour faciliter cette étape, la formation éleveur infirmier peut vous être proposée. Les malades et infectés sont excréteurs d’agents pathogènes, d’où l’importance de l’isolement des 1ers malades, de la désinfection des matériels de soins (ex. : bidon drencher pour distribuer le colostrum à la naissance et un autre pour traiter les veaux à diarrhée), de la marche en avant (intervenir sur les sains avant les malades)…

L’Information de la Chaîne Alimentaire (ICA), une protection du consommateur

L’ICA a pour objectif final la protection du consommateur. La connaissance de danger non-détectable à l’œil nu sur un animal vivant permet d’organiser l’abattage et d’orienter l’inspection. L’ICA repose en filière bovine sur l’ASDA dont le remplissage est une obligation réglementaire, même s’il n’y a pas de danger à transmettre (cf. articles des 20/03/2015 et 26/02/2016). La circulation de l’ICA revêt plusieurs enjeux : protection du consommateur, amélioration de l’élevage, plan de maîtrise sanitaire des exploitants d’abattoir, inspections ante et post-mortem des services d’inspection.

Un rendez-vous incontournable de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! »

Vous pouvez retrouver l’instruction technique pour la visite sanitaire bovine à l’adresse suivante : https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/instruction-2016-753. Articulée avec le BSE annuel nécessaire à la prescription sans examen clinique, la visite sanitaire bovine annuelle participe au développement de l’approche sanitaire globale de votre troupeau, base de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ». Pour tout renseignement complémentaire, contactez votre vétérinaire sanitaire, la DDCSPP ou GDS Creuse et venez nous rencontrer lors de notre prochaine journée « portes ouvertes » du 11 mars.

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