Yannick Fialip : “Les entreprises jouent encore sur un mode individualiste”

PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICIA OLIVIERI

Yannick Fialip : “Il faut qu’on arrive à faire en fait ce que les éleveurs et la filière viande bovine ont réussi.”

Invité à la journée laitière du 16 octobre organisée par la FDSEA, le vice-président de la FNPL, l’Altiligérien Yannick Fialip croit à des perspectives positives pour l’élevage laitier.

L’actualité laitière de cet automne est on ne peut plus chargée, pas forcément avec de bonnes nouvelles d’ailleurs. Comment, côté FNPL, analyse-t-on la conjoncture de cette fin d’année ?

Yannick Fialip, vice-président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) : “Cette fin d’année s’annonce effectivement un peu difficile en ­raison du décalage de six mois entre les évolutions des marchés laitiers et leurs répercutions sur le prix du lait payé aux producteurs. Le marché mondial s’est ainsi tendu ce printemps et, en France, les entreprises ont été confrontées à des difficultés sur le secteur du lait de consommation et à une rude concurrence avec leurs homologues allemandes qui ont pris des parts de marché. Ce contexte du printemps conduit à la baisse du prix du lait annoncée pour le quatrième trimestre 2012.

Au final, sur l’année 2012, le prix moyen devrait s’élever à 313 €  pour 1 000 litres contre 323 € en 2011. Cette baisse de 10 € la tonne va s’additionner à l’inflation des charges que subissent les producteurs laitiers. La situation devrait cependant s’inverser en début d’année 2013 puisqu’on assiste actuellement à un fort redressement des marchés laitiers avec une demande importante en beurre et poudre de la part des pays asiatiques et, dans le même temps à une sécheresse aux États-Unis qui a réduit la production. En conséquence, on devrait bénéficier d’une embellie avec, en janvier 2013, un prix du lait aux alentours des 330 €/ 1 000 l.”

Vous évoquez le poids des charges, avez-vous espoir de les voir répercuter à l’aval de la filière ?

Y. F. : “Aujourd’hui, tous les critères nécessaires pour que la production laitière rentre dans l’accord  du 3 mai 2011 sont réunis. Il faut maintenant que les industriels et la grande distribution se mettent autour de la table. Cela permettrait de partir à la conquête de parts de marché à l’exportation, où on a beaucoup perdu.”

Estimez-vous que la filière est en ordre de marché pour l’après-quotas ?

Y. F. : “On a l’impression que la ­dynamique à l’œuvre côté production - avec la réflexion lancée au sein des Criel du Sud-Loire pour être plus performants à l’export - ne suit pas à l’aval avec des entreprises qui se montrent très timides et ont visiblement beaucoup de mal à travailler ensemble. Nous leur demandons au plan national un plus fort investissement dans des outils pour se positionner vis-à-vis d’une perspective mondiale favorable que tous les experts anticipent.

C’est quand même étonnant qu’une entreprise comme Sodiaal investisse en Bretagne dans une usine de séchage de lait et de lactosérum avec le Chinois Synutra pour approvisionner le marché asiatique. On aurait pu penser que des industriels français s’associent sur un tel projet mais visiblement, c’est un raisonnement individualiste qui prévaut. Il faut qu’on arrive à faire en lait ce que les éleveurs et la filière viande bovine ont réussi.”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Commentaires 1

viande bof

La filière viande bovine réussi à faire bien mourir ses éleveurs!La filière lait aussi,vous^etes aussi nul! quant les éleveurs aux cheveux blancs ne seront plus là,ou sont les jeunes? Plus d'armée! Bravo, les grosses tètes!!!

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