Zone de montagne : Le modèle laitier français à la croisée des chemins

Patricia Olivieri

Zone de montagne : Le modèle laitier français à la croisée des chemins

Christophe Perrot a exposé aux adhérents des coops d'Altitude les perspectives possibles, selon l'Institut de l'élevage, pour la production laitière en zone de montagne.

Le retournement de conjoncture sur nombre de marchés agricoles alimente depuis plusieurs mois analyses et projections des économistes spécialistes des matières premières et filières agricoles. Et leurs interventions n'ont sans doute jamais été aussi prisées lors des assemblées générales des organisations professionnelles agricoles. C'était le cas encore jeudi dernier pour les AG plénières de trois coopératives du groupe Altitude : Centraliment, Les Éleveurs du pays vert et Volcalis. Chacune des activités phares de ces coopératives - alimentation animale pour la première, abattage, transformation et négoce de bovins pour la seconde et collecte de lait pour la dernière - doit compter en ce début 2008 avec une conjoncture inédite depuis des décennies.

Le lait : une production de nouveau attractive ?

Flambée des cours des céréales, recul de la production bovine et sommets atteints par le prix du lait : autant d'éléments qui doivent amener les producteurs et leurs organisations économiques à se positionner, s'adapter pour ne pas être une composante passive de marchés mondialisés. C'est un peu le message délivré en filigrane par Christophe Perrot, de l'Institut de l'élevage, invité par le groupe Altitude à décrypter la situation mais surtout les perspectives des productions bovines. Pour cet ingénieur, c'est surtout le secteur laitier qui va devoir composer avec une nouvelle ère : demande mondiale soutenue par des zones à faible niveau de consommation mais qui s'enrichissent (Asie...), marchés mondiaux orientés à la hausse mais plus volatils, retour de la sécurité des approvisionnements comme enjeu politique majeur ... Les producteurs français pourront-ils bénéficier de cette nouvelle donne économique ?

L'avenir : se démarquer

Pour Christophe Perrot, c'est oui : la production laitière reste à ce jour rentable, et ce, malgré une charge supplémentaire de 28 euros / 1 000 litres (aliments, énergie...), largement compensée selon lui par l'embellie sur le prix du lait. D'où un résultat courant avant impôt encore favorable, certes loin derrière celui des grandes cultures. Mais pour conserver cette compétitivité avec un prix du blé qui risque de rester durablement élevé, l'Institut de l'élevage estime qu'il faudrait un prix du lait maintenu entre... 380 et 450 euros / 1 000 litres. Un niveau loin d'être assuré à l'avenir. Alors l'économiste livre ses pistes pour les zones de montagne : se démarquer grâce à la typicité des produits et les spécificités des modes de production et obtenir un accompagnement différencié des politiques publiques. Des préceptes que la profession cantalienne semble au final avoir devancé.

Source journal L'Union du Cantal »

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