AG GDS France : GDS-France. Après 2008 entre crises et tempêtes, 2009 vers la maîtrise des risques sanitaires

Ce 08 avril, les GDS de France était réunis pour leur Assemblée Générale. Après une année 2008 fortement marquée par les crises et tempêtes, GDS-France s'est fortement orienté vers la poursuite de la maîtrise des risques sanitaire en élevage au profit des éleveurs avec un partenariat efficace retrouvé avec les vétérinaires.

Sur fond de crise fièvre catarrhale renforcée, l'année 2008 aura été particulièrement contrastée pour les GDS qui, d'une part, auront une nouvelle fois vu leur compétence et leur expérience d'Organismes à Vocation Sanitaire reconnues par l'Etat être mises largement à contribution par les pouvoirs publics et, d'autre part, auront vu le partenariat qu'ils avaient construit au fil des ans avec les vétérinaires praticiens être mis à mal.

La France, principale victime de la fièvre catarrhale en 2008

Les mesures prises en application de la réglementation européenne, malgré les contraintes très lourdes qu'elles ont fait peser sur l'élevage des zones réglementées, n'ont pas permis de stopper la progression de la maladie tout au long de l'année. Au contraire, s'est ajoutée à l'extension du sérotype 8 du nord vers le sud, celle du sérotype 1 qui remonte du sud vers le nord. Avec 36.000 des 42.000 foyers enregistrés en Europe en 2008 (tous sérotypes confondus), la France a été la principale victime de ce fléau.

Une forte implication des GDS en accompagnement de l'administration

Les GDS ont, fidèles à leur tradition, accepté d'accompagner l'action de l'Administration. Le Ministre de l'Agriculture ayant décidé d'indemniser les mortalités d'animaux dans les élevages touchées par la maladie, décision historique à saluer, GDS-France et les GDS ont été sollicités pour assurer le traitement administratif des dossiers de demande d'indemnisation. Malgré des conditions financières très insuffisantes, malgré la charge de travail supplémentaire, les GDS ont relevé ce défi. A de nombreuses reprises, le Ministre de l'Agriculture a salué le remarquable travail qu'ils ont accompli. De plus, dans le cadre d'un conventionnement général entre la DGAl et GDS-France, les GDS ont décidé la prise en charge les indemnisations des mortalités qui avaient précédé la décision de l'Etat.

Un travail historique des GDS, en tant qu'Organismes à Vocation Sanitaire, qui s'est poursuivi

Toutes ces actions, tout ce travail, cela a été souligné avec force et vigueur, les GDS l'ont accompli en application du contrat moral et politique qui fonde leur relation de partenariat avec l'Etat depuis les années 50 et qui, par les lois de 1989, de 2001 et de 2005, a pris la forme d'une reconnaissance législative de ce statut particulier, celle des Organismes à Vocation Sanitaire dans le domaine de la santé animale.

La vaccination, seule arme efficace

Grâce à l'engagement du Ministre de l'Agriculture, en ce qui concerne la vaccination qui apparaît comme la seule arme efficace contre la maladie, notre pays a pu disposer d'un nombre important de doses de vaccins, même si leur distribution s'est faite au rythme de la production, leur utilisation a été différenciée selon les sérotypes :
• La vaccination contre le sérotype 1 a, malgré son caractère obligatoire, été insuffisante à enrayer la progression de la maladie pour des raisons encore assez obscures.
• La vaccination facultative contre le sérotype 8 n'a pas obtenu le succès souhaité, malgré la très forte mobilisation de toutes les organisations professionnelles, au premier rang desquelles les GDS. Si le taux de couverture vaccinale varie d'une région à l'autre, les résultats globaux sont en dessous de la barre des 50%.

Une communication du Ministère de l'Agriculture contre-productive, un partenariat éleveurs – vétérinaires à rétablir

Les messages contradictoires tenus aux uns et aux autres par le Ministère de l'Agriculture sur la vaccination ont contribué à nourrir une tension sans précédent entre les éleveurs et les vétérinaires dans certaines zones et à susciter une campagne virulente contre GDS-France alors même que depuis de nombreuses années, les GDS avaient multiplié les ouvertures vers un partenariat renouvelé avec la profession vétérinaire, notamment dans le cadre de la politique de maîtrise volontaire des risques en élevage. Pour sa part, à aucun moment, GDS-France n'a riposté à ces attaques formant le voeu que la sagesse l'emporte et considérant qu'il y aurait un après fièvre catarrhale. GDS-France continuera donc à oeuvrer pour rétablir les conditions d'un dialogue et d'un partenariat équilibrés entre éleveurs et vétérinaires.

Un fort investissement de GDS-France dans l'information, la recherche, les indemnisations…

Dans cette crise, l'action des GDS ne s'est pas limitée aux seuls appuis des actions de l'Etat. Les documents de sensibilisation et d'information réalisés auront largement servis dans l'animation des réunions locales. L'investissement des GDS dans des programmes de recherche sur la fièvre catarrhale a été soutenu par GDS-France qui a activement participé au Réseau Français de Santé Animale. La Caisse de Solidarité Santé Animale constitue aussi l'une des avancées les plus significatives de 2008 ; fidèles à leur tradition de solidarité, les éleveurs ont massivement apporté leur contribution à la Caisse et son ouverture prochaine à d'autres pathologies est un gage de sa pérennité, même si une articulation efficace devra être trouvée avec le Fonds sanitaire institué en France à partir du bilan de santé de la PAC.

Mais aussi, un travail continu sur les autres dossiers…

Comme en 2007, la priorité accordée à la fièvre catarrhale n'a pas empêché GDS-France de travailler sur d'autres dossiers, même si les contraintes liées à cette actualité ont interdit d'aller aussi vite et aussi loin que cela était espéré :
• En matière de traçabilité sanitaire, c'est la prise en compte de l'ASDA comme support de l'Information de la Chaîne Alimentaire, proposition avancée par GDS-France.
• En matière de maladies réglementées, outre un appui aux départements connaissant des résurgences de tuberculose bovine, GDS-France est fortement intervenu en faveur d'une adaptation de la politique de lutte contre les ESST (ESB, tremblante) et s'est impliqué dans les modifications de la réglementation en maladie d'Aujesky.
• Pour les maladies non-réglementées, GDS-France s'est impliqué dans l'ACERSA, avec la mise au point d'un protocole de certification en SDRP, dans la décision prise de renforcer la qualification « bovin non IPI » en BVD, dans les adaptations des cahiers des charges existants, notamment en IBR. Pour les maladies non-certifiées, les travaux sur la paratuberculose, la BVD, l'agalaxie contagieuse ou le CAEV se sont poursuivis.
• Par ailleurs, avec la réforme de l'organisation de l'Etat dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques, GDS-France a engagé, en 2008, le projet « réseau GDS 2010 » qui permettra à toutes les FRGDS de s'adapter aux évolutions administratives de l'organisation sanitaire française.
• Enfin, directement ou au travers de sa Fédération Européenne, GDS-France a poursuivi son action pour faire entendre et prendre en compte la voix des éleveurs et de leur organisation sanitaire dans l'Union Européenne.

… dont les risques sanitaires émergents

Pour terminer, il convient de mettre l'accent sur le colloque organisé par GDS-France, l'OIE et la Fondation Prometheus sur les risques sanitaires émergents. Il témoigne de la capacité des GDS, non seulement à gérer le présent, mais aussi à se projeter dans l'avenir, à savoir s'adapter à cet avenir tout en gardant vivants les principes mêmes qui les fondent et les orientations fondamentales qui les animent.

Source Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois

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