AOC Maine-Anjou : Maintenant, il faut développer le commerce ! »

Emilie Durand

L'année 2007 a été une année plutôt positive en termes d'activité pour les éleveurs, mais les stocks sont là et il faut trouver de nouveaux débouchés.

Une hausse de 8 % des effectifs, soit dix exploitations supplémentaires, a caractérisé
l'année 2007 en AOC Maine-Anjou. Et le nombre d'éleveurs souhaitant intégrer l'AOC
continue d'augmenter. Même si la demande en vache stagne un peu, un marché de niche
se développe pour le boeuf qui va bientôt dépasser le cap des 200 animaux. Par contre, le
résultat est un peu moins positif concernant les mises en finition. « Dans la mesure où les
abattages sont restés sensiblement constants, nous avons eu des périodes où les durées
de finition se sont trouvées allongées par des délais d'enlèvement des animaux trop longs
(+20 jours) », explique Albéric Valais, animateur du syndicat AOC Maine-Anjou.

Pour Albéric Valais, animateur du syndicat AOC Maine-Anjou, « les stocks sont là pour 2008 ». S. Bourgeois

Pour Albéric Valais, animateur du syndicat AOC Maine-Anjou, « les stocks sont là pour 2008 ». S. Bourgeois

Une progression de 2 % en tonnage

Le taux d'agrément des carcasses s'est dégradé en 2007, passant de 92 à 85 %, lié
essentiellement à l'allongement de cette durée de finition. « Pour 2008, le rythme des
finitions s'accentue encore (2000 bêtes), ce qui nous amène à planifier les animaux 120 à
140 jours à l'avance et à trouver d'urgence de nouveaux marchés. » S'il y a eu un léger
retrait des abattages, il a été compensé par un alourdissement des carcasses. En tonnage,
l'activité a progressé de 2 % dans un marché en recul de 6 %, ce qui n'est pas négligeable.
Grâce aux 31 opérations commerciales réalisées dans différents magasins, « nous avons
pu assurer des volumes et dégager une partie des animaux, ce qui est plutôt positif dans un
contexte où il est difficile de vendre de la viande ». Grâce à ces opérations de promotion, ce
sont 22 à 23 vaches supplémentaires qui ont été vendues.






Cependant, certains débouchés se sont arrêtés ou s'essoufflent : Charal avec deux points
de vente en moins, le magasin du Mans avec l'arrêt de son rayon traditionnel, la dynamique
Auchan qui ralentit… « Pour 2008, nous ne devons absolument pas perdre de points de
vente, car les stocks sont là. » Deux débouchés sont en prévision, l'un à Issy-les-
Moulineaux et l'autre à côté de Bordeaux. « Monoprix réclame du boeuf de type R+ à U-
(550 kg C) mais nous ne les avons pas. De plus, même si nous sommes en contact avec
Hippopotamus, rien n'est encore fait car seuls certains morceaux intéressent les
restaurateurs. Les consommateurs veulent tous de la bavette d'aloyau ! Il nous faut aussi
valoriser les autres morceaux, sous forme de steack haché AOC par exemple ».

Trouver une dynamique forte

Le rôle d'Adema (1) est donc maintenant de trouver de nouveaux débouchés et de prendre
des parts de marché. Seulement, comme le précise Albéric Valais, « quand on arrive dans
un magasin, il faut bien se dire que nous prenons la place de quelqu'un d'autre… qui fera
tout pour revenir ! Pour pouvoir lutter, il nous faut un produit, un relationnel et une
dynamique forte ». Adema vient de changer la grille de prix et a souhaité faire une
différenciation des carcasses de plus de 440 kg C. « En effet, même si par décret les
vaches de 380 kilos C rentrent en AOC, nous n'avons pas de marché pour ce type
d'animaux. » Les éleveurs pourront bientôt démarcher eux-mêmes certains points de vente
à l'aide d'une plaquette créée par Adema. « Nous réfléchissons avec les autres signes de
qualité à créer un « panier de produits avec une identité locale » pour pouvoir répondre
entre autres à des points de ventes prônant une démarche de proximité. »

(1) Amélioration Développement Engagement Maine-Anjou.

Source Réussir Bovins Viande Juin 2008

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