Assemblée Générale de GDS Creuse (1/2) : GDS Creuse en 2010. Pour une nécessaire approche sanitaire raisonnée et collective

Assemblée Générale de GDS Creuse  (1/2) : GDS Creuse en 2010. Pour une nécessaire approche sanitaire raisonnée et collective

Le Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse (GDS Creuse) a tenu, ce 20 avril, son Assemblée Générale sous la Présidence de Philippe Monteil.

Dans son rapport d'orientation, Philippe Monteil a indiqué que l'année 2010 a été marquée d'une part, par la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), les Etats Généraux du Sanitaire (EGS), le bilan de santé de la PAC, la loi de Modernisation Agricole et d'autre, par la gestion de la lutte contre la fièvre catarrhale, les déséquilibres sanitaires dans les élevages, le tout dans un contexte difficile pour les éleveurs. Dans cet environnement plus ardu, une approche sanitaire pleinement raisonnée et collective demeure indispensable.

Un bilan rationnel pour une analyse objective dans une situation compliquée

Dans cette situation compliquée et à la lumière des évènements récents, qu'ils soient nationaux ou départementaux, les points d'analyse suivants peuvent être identifiés :
• L'outil vaccinal, dès lors qu'il est disponible, s'avère être le plus adéquat pour gérer une épizootie. La vaccination généralisée contre les sérotypes 1 et 8 de la fièvre catarrhale a permis d'enrayer la circulation virale.
• Les résultats de l'impact d'une maladie comme les effets secondaires d'une campagne vaccinale sont à considérer en fonction des données épidémiologiques. Le suivi des naissances, en zone allaitante, a montré un impact conséquent du virus en 2008 avec un rattrapage progressif depuis. Les études épidémiologiques nationales montrent un effet de la vaccination fièvre catarrhale sur la fertilité « faible, non décelable ». Le tableau de bord creusois des naissances creusois confirme ces éléments.
• Les épisodes sanitaires, qu'ils soient généraux (épizootie fièvre catarrhale) ou locaux (atteintes conséquentes de certains élevages) prouvent la nécessité d'une action sur la durée, basée sur des mesures sanitaires et médicales, cohérentes et rationnelles.
• L'approche collective de son troupeau s'avère aujourd'hui indispensable pour gérer le suivi sanitaire de son troupeau, anticiper ou solutionner efficacement et rapidement des situations sanitaires difficiles. Le raisonnement doit intégrer tous les domaines de risques,
• L'insuffisance d'utilisation de la démarche et des outils diagnostiques ont entrainé et laissé perdurer des situations très dégradées dans certains élevages. Une focalisation sur une origine présumée de la problématique (vaccination fièvre catarrhale) a été un élément aggravant.

Face à cet état des lieux, une forte mobilisation autour de deux axes majeurs

• Le maintien et l'animation d'une organisation dédiée au sanitaire articulée autour des partenaires que sont l'Administration Centrale et les services décentralisés en lien avec le réseau de vétérinaires sanitaires, le Laboratoire Départemental d'Analyses, les vétérinaires traitants en lien avec le GTV et l'organisation sanitaire des éleveurs qu'est GDS Creuse.
• Un plan d'action de GDS Creuse fondé sur l'adage « L'éleveur, acteur majeur de la santé animale » avec le rôle que joue et peut jouer l'éleveur, les besoins de suivi collectif de son troupeau, d'où la nécessaire (r)évolution de l'offre vétérinaire de services et, parallèlement, la relation éleveur – vétérinaire, la focalisation sur les points à risques avec une limitation des réglementations, une suppression de celles devenues inutiles et une recherche de retour significatif pour l'éleveur de ces obligations.

Une mission « garanties de cheptel et image des élevages » en pleine adaptation

Les EGS ont engendré une nouvelle grille de classification des dangers sanitaires (intérêt général, intérêt collectif, intérêt individuel). Cela peut constituer une opportunité de meilleure adaptation des dispositifs de surveillance et de lutte en relation avec les évolutions épidémiologiques. Cependant, la vigilance doit rester de mise sous l'autorité de la DDCSPP. Cela implique, d'une part, que le relai départemental de proximité de la DGAl reste pleinement défini et opérationnel et, d'autre part, que le contrôle sur les points à risque soit pleinement effectué avec une circulation efficace des informations correspondantes. La tuberculose bovine représente un exemple important où tout relâchement ou tout retard peuvent avoir des conséquences dramatiques à terme.

Fièvre catarrhale, le choix d'une maîtrise de la maladie qui implique une responsabilité individuelle à ne pas baisser la garde

En matière de fièvre catarrhale, en rendant la vaccination volontaire, la France a fait le choix d'une maîtrise de la maladie plutôt que son éradication. GDS France a appelé à ne pas baisser la garde et à poursuivre une vaccination de masse des élevages, tout comme la FNB et la FNO. La très bonne situation française au regard de la fièvre catarrhale en 2010 résulte de la vaccination de masse. En fonction des remontées des réseaux sentinelles (virologie fièvre catarrhale sur 150 prélèvements mensuels par département), dans un avis du 28 février 2011, l'ANSES considère la situation comme préoccupante. En fonction des résultats virologiques de 2010/2011 disponibles, elle a défini 39 départements dont la Creuse comme étant à risque. Il reste à préciser les implications réglementaires, notamment en matière de commercialisation qu'entrainerait un nouveau foyer. De plus, en attendant la révision du règlement CE 1266/2007, les structures nationales comme GDS France, FNB, FNPL, FNO, Coop de France, FFCB et Races de France ont redemandé la reconnaissance de l'implication de l'éleveur avec un souhait d'harmonisation rapide de l'application des textes actuels de manière à ce que le troupeau dont est issu un animal destiné aux échanges puisse avoir été indifféremment vacciné par l'éleveur ou par un vétérinaire. Bien entendu, les animaux échangés restent soumis à une vaccination réalisée par un vétérinaire.

« Lutte conte les maladies contagieuses » vers la fin de l'assainissement IBR…

Une diminution des cheptels avec des bovins positifs, ainsi que les 5 cantons avec moins de 2% des élevages détenant des bovins positifs forment une nouvelle avancée avec 93,50% des élevages creusois dépistés négatifs. L'achèvement de l'assainissement IBR du département constitue une orientation majeure tant pour des raisons sanitaires que commerciales et économiques. Cela demande le passage à une zone à situation épidémiologique favorable (<1% de cheptels positifs) et ainsi permettra un allègement des contrôles dans les cheptels sous appellation A (contrôle de seulement 20% des bovins de plus de 24 mois). D'ores et déjà, GDS Creuse, en collaboration avec les éleveurs et les vétérinaires, a renforcé son action de sensibilisation à l'élimination rapide des bovins positifs dans les élevages en assainissement. Tous les éleveurs détenant moins de 5 bovins positifs ont été contactés. Dans cette optique, un plan d'action incitatif pour l'élimination des bovins positifs va être étudié par le Conseil d'Administration de GDS Creuse avec une demande soutien financier du Conseil Général.

… avec un renforcement de l'orientation vers l'approche collective

Les évolutions de la réglementation sur le médicament vétérinaire constituent de réelles opportunités de faire avancer la gestion sanitaire de l'individuel et du curatif vers le collectif et le préventif si éleveur et vétérinaire s'approprient la démarche pour apporter une cohérence et une efficacité du conseil vétérinaire en élevage. Pour aider le couple éleveur – vétérinaire dans cette démarche, un bilan sanitaire prérempli à fournir à chaque éleveur avait été programmé par GDS Creuse à l'automne. Basé sur les données enregistrées par les éleveurs en matière d'identification et les éléments sanitaires disponibles à GDS Creuse, cet outil n'a pu voir le jour faute de mise à disposition des données d'identification. Face à cette situation, le CA de GDS Creuse a demandé à la Chambre d'Agriculture de réétudier ce blocage avec les instances nationales, un accord favorable ayant été donné au niveau départemental.

Suite dans l'article suivant......

Source GDS de la Creuse

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