Assemblée Générale de GDS Creuse (1ère partie) : GDS Creuse en 2009. Une gestion de l'urgence, un suivi collectif à amplifier

GDS Creuse

Assemblée Générale de GDS Creuse (1ère partie) : GDS Creuse en 2009. Une gestion de l'urgence, un suivi collectif à amplifier

Le Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse (GDS Creuse) a tenu, ce 16 avril, son Assemblée Générale sous la Présidence de Philippe Monteil.

Dans son rapport d'orientation, Philippe Monteil a indiqué que, d'un point de vue sanitaire, l'année 2009 s'est encore trouvée profondément marquée par les retombées du virus fièvre catarrhale, amplifiées par la crise économique qui a mis à mal des mesures de prévention dans certains élevages et aggravées par une météorologique défavorable.

Face à un bilan difficile, une analyse pour déterminer les orientations

Face à ce bilan très difficile, il a été proposé de l'analyser sur le plan sanitaire afin d'aider le monde de l'élevage à déterminer ses orientations :
• La vaccination généralisée contre les sérotypes 1 et 8 de la fièvre catarrhale a permis d'enrayer la circulation virale et de stopper cette épizootie qui a entrainé des pertes conséquentes avec des effets importants à moyen et long termes.
• Les remontées collectives, des éleveurs et des vétérinaires, ont amené GDS Creuse à alerter les éleveurs et vétérinaires creusois sur de fortes problématiques existantes, au delà de la focalisation sur la seule fièvre catarrhale et sa vaccination correspondante.
• L'approche collective de son troupeau a montré son intérêt, mais aussi pour certains, des implications économiques catastrophiques lors d'insuffisances de prises en compte ou de précocité dans les actions correctives mises en place.

« L'éleveur, acteur majeur de la santé animale »

Le plan d'action sanitaire, proposé et mis en place par GDS Creuse, reste fortement basé sur : « L'éleveur, acteur majeur de la santé animale ». Cet adage, issu du Congrès de Grenoble, s'avère de plus en plus pertinent avec une pleine prise en compte :
• Du rôle que joue et peut jouer l'éleveur (notamment, pour la vaccination fièvre catarrhale, mais pas seulement…).
• Des besoins de suivi collectif de son troupeau, d'où la nécessaire (r)évolution de l'offre vétérinaire de services et, parallèlement, la relation éleveur – vétérinaire.
• De la focalisation sur les points à risques avec une limitation des réglementations et une recherche de retour significatif pour l'éleveur des obligations.
Ces orientations ne sont pas nouvelles mais elles deviennent patentes. Cela ne peut se réaliser qu'avec l'aide et grâce à la mobilisation des deux autres membres du trépied sanitaire que sont le Service Santé Animale de l'Etat et les vétérinaires.

Une mission « garanties de cheptel et image des élevages » prépondérante

Cette mission reste un axe majeur qui montre régulièrement son importance et les nombreuses implications commerciales, et donc économiques, qu'elle engendre. Pour les maladies réglementées historiques, nous sommes passés logiquement à une politique de contrôles des points à risques avec les allègements de prophylaxies, la mise en place de la visite sanitaire obligatoire et de SIGAL. Cependant, la vigilance doit rester de mise sous l'autorité de la DDCSPP. Cela implique, d'une part, que le relai départemental de proximité de la DGAl reste pleinement défini et opérationnel et, d'autre part, que le contrôle sur les points à risque soit pleinement effectué avec une circulation efficace des informations correspondantes. La tuberculose bovine représente un exemple important où tout relâchement ou tout retard peuvent avoir des conséquences dramatiques à terme.

L'avenir de la gestion de la fièvre catarrhale à définir rapidement…

En matière de fièvre catarrhale, après la gestion de la phase d'urgence, l'Assemblée Générale a demandé de se tourner vers l'avenir avec deux questions dominantes :
• Les directives de l'Etat en matière de vaccination pour la prochaine campagne avec quels objectifs sanitaires et commerciaux.
• L'évolution de la réglementation pour la réalisation de la vaccination et les actes effectués par les éleveurs. Philippe Monteil a rappelé qu'il indiquait, déjà en 2008 : « Avec la visite sanitaire obligatoire et le bilan sanitaire volontaire, … le triptyque de base de gestion sanitaire (acte, médicament, service) peut (doit) s'étendre à la gestion des maladies réglementées dans nos élevages, le rôle 1er d'un vétérinaire ne peut certes pas se réduire à la réalisation en chaîne d'actes vaccinaux ! ».

 

… sans oublier la pleine prise de responsabilité de chacun

Concernant la vaccination et sa réalisation, le Président de GDS Creuse a attiré l'attention des représentants de l'Etat sur le « vide juridique » persistant concernant les responsabilités de chacun lors d'accidents liés à cette vaccination. Même si les effets secondaires propres des vaccins sont « très rares » selon la formulation même de l'AFSSA (moins de 1 cas pour 50.000 animaux vaccinés), ils existent et constituent une problématique importante pour l'éleveur concerné. Il lui semble donc urgent de clarifier la situation et que l'Etat prenne toutes ses responsabilités puisque nous nous trouvons dans un cadre de prophylaxie réglementée dirigée par l'Etat et que les vétérinaires intervenant le sont en tant que vétérinaires sanitaires donc en tant qu'agents de l'Etat.

Une situation creusoise favorable (maladies réglementées, IBR, paratuberculose…)

La Creuse est indemne de brucellose, tuberculose et leucose. Les allégements de prophylaxie sont effectifs depuis 1999. Certains départements sont, encore aujourd'hui, contraints de réaliser des intradermo-tuberculinations sur l'ensemble de leurs cheptels. La situation encore améliorée vis à vis de l'IBR (93% de cheptels négatifs, baisse de 25% du nombre de cheptels positifs) fait entrevoir la reconnaissance du département comme zone à statut favorable avec les atouts en termes de commercialisation et d'allègements des prélèvements. La vigilance va être accrue sur les points à risque (animaux positifs, rassemblements bovins) d'où la demande d'une mobilisation forte et continue des vétérinaires et de la DDCSPP dans les élevages concernés et les rassemblements d'animaux. En paratuberculose, pour les élevages adhérents au Herd-book Limousin (obligation de dépistage de la paratuberculose), 79% bénéficient de l'apport de garantie conforme au référentiel technique national, soit 6% de plus que l'année précédente.

Une (r)évolution de la mission « lutte contre les maladies contagieuses » vers l'approche collective

Les évolutions récentes (réglementation sur le médicament vétérinaire et suivi sanitaire permanent, visite sanitaire obligatoire) constituent de réelles opportunités de faire avancer la gestion sanitaire de l'individuel et du curatif vers le collectif et le préventif si éleveur et vétérinaire s'approprient la démarche pour apporter une cohérence et une efficacité du conseil vétérinaire en élevage. Cela représente un point majeur d'action pour l'avenir. Comme cela a déjà été indiqué, des élevages où cette approche n'a pas été effectuée, malheureusement trop nombreux, ont subi des atteintes et des pertes importantes. Il est vrai que la période de crise subie n'a pas été propice à la réception de ce message et au développement de cet axe. Il reste néanmoins majeur à moyen terme en matière de gestion sanitaire des troupeaux. Dès la prochaine campagne, GDS Creuse devrait être en mesure de fournir, pour chaque élevage, un document reprenant son bilan d'identification (naissances, mortalités… en relation avec l'EDE) et sanitaires (données GDS Creuse, résultats d'analyses…) afin d'avoir un bilan sanitaire volontaire plus étoffé et, donc, plus enrichissant pour l'éleveur et son vétérinaire. C'est un exemple de retour positif à l'éleveur des nombreux enregistrements qu'il doit effectuer.

Une approche pour les différentes espèces
Concernant les ovins, en parallèle avec le plan de relance de cette production, la commission petits ruminants de GDS Creuse va renforcer son action sur deux axes : le plan tremblante en relation avec l'action nationale et le billet de garantie conventionnelle, outil qui a pleinement montré son intérêt chez les bovins mais qui est très insuffisamment utilisé alors même que le plan de relance pourrait augmenter les échanges et donc les risques en la matière. Pour les caprins, en raison de l'alerte fièvre Q aux Pays-Bas et en Belgique, une action particulière sur les avortements va être proposée.

Une mission « mutualisme » historique particulièrement importante actuellement

Cette mission historique de GDS Creuse se poursuit et a particulièrement montré son intérêt au cours de cette crise. Malgré les risques financiers importants, GDS Creuse a étendu le tiers-payant à la gestion de la fièvre catarrhale (analyses puis vaccination). Cela a été bénéfique pour tous : éleveurs avec des coûts d'intervention favorables par rapport à la moyenne française ; vétérinaires avec une fourniture des dossiers d'aides pour l'ONIEP et un paiement plus rapide que l'Etat ! Cette prise de responsabilité, Philippe Monteil a fortement indiqué que GDS Creuse continuera de l'assumer. Cependant, il a tenu à rappeler que le système ne peut perdurer qu'avec le paiement des appels de prestation. Certains ont des difficultés de trésorerie, elles sont prises en compte par GDS Creuse à partir du moment où elles lui sont indiquées. Mais, il est intolérable que d'autres refusent ce paiement pour des contestations vis à vis de l'administration. C'est une confusion des genres qui pénalise l'ensemble des éleveurs creusois. La collaboration étroite avec le Conseil Général s'est poursuivie avec la reconduction des conventions globales d'objectif, des conventions spécifiques dans le traitement d'urgence de situations difficiles telle que l'épizootie de fièvre catarrhale et l'actualisation de la convention avec le LDA. Le Président de GDS Creuse a remercié le Conseil Général et espéré une poursuite de cette collaboration, même si l'avenir des collectivités territoriales est source d'incertitudes.

Une mission « information » toujours en développement pour répondre aux nouveaux besoins

Cette mission connaît une progression importante en relation avec l'inflation des connaissances, de la réglementation, de l'actualité… GDS Creuse privilégie les voies informatiques pour des raisons de praticité, de rapidité et de coûts. Ainsi, chaque délégué cantonal ou éleveur, peut ainsi recevoir les articles hebdomadaires, il suffit de le demander à GDS Creuse. De même, chaque vétérinaire les reçoit. Cela permet une information commune et une possible mise à disposition pour leurs clients.

Un schéma sanitaire français efficace en phase d'actualisation avec les Etats Généraux du Sanitaire
En 2008, Philippe Monteil indiquait que le schéma sanitaire français avait montré son efficacité et devait donc garder ses grands principes, mais, parallèlement aux évolutions des élevages et des éleveurs, il devait évoluer pour répondre aux nouveaux besoins et était à définir avec la même capacité d'imagination qu'en 1950. Les Etats Généraux du Sanitaire, réunis à la demande de M. le Ministre de l'Agriculture, se déroulent depuis janvier et devraient prochainement rendre leurs conclusions. Un point d'étape en a été réalisé au cours de cette Assemblée Générale. Un prochain article, après fourniture du rapport final, fera le point sur ce dossier.

Source Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse

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