Bilan de la campagne paratuberculose 2014/2015. Se protéger et intervenir rapidement en cas d’alerte

Christian PETIT & dr Didier GUERIN

Bilan de la campagne paratuberculose 2014/2015. Se protéger et intervenir rapidement en cas d’alerte

Paratuberculose bovine => La campagne 2014/2015 confirme la mobilisation chez les éleveurs confrontés à la maladie avec la mise en place d’un plan de maîtrise et chez les élevages « sains » avec une orientation vers un apport de garantie.

Bilan de la campagne paratuberculose 2014/2015. Se protéger et intervenir rapidement en cas d’alerte

La paratuberculose bovine reste une maladie insidieuse avec des conséquences économiques importantes. Les pertes sont directes (mortalité, euthanasie des malades, baisses de production, coût des traitements) et indirectes (non-accès à certains débouchés commerciaux) pénalisant aussi bien l’éleveur traditionnel acquéreur que certains secteurs très spécifiques telles que la vente de génétique ou la filière de reproduction assistée (insémination, transfert embryonnaire).

Un impact économique accru

Depuis l’interdiction d’introduction d’un animal malade en abattoir, l’impact de la paratuberculose clinique se trouve augmenté. Dès l’apparition de signes cliniques, un bovin paratuberculeux ne présente plus de valeur. Sa destination finale sera forcément l’équarrissage. En conséquence, aux pertes de production, s’ajoute, dès le début des signes cliniques, la perte totale de l’animal. Ceci explique l’augmentation de la vigilance en matière de paratuberculose et la progression des plans d’assainissement et des exigences en termes de garanties sanitaires vis à vis de cette maladie.

Une reprise de la mobilisation qui se confirme

La reprise de la mobilisation amorcée l’année précédente se confirme. Au cours de la campagne 2014/2015, 19 cheptels se sont engagés. 16 ont mis en place un plan d’assainissement suite aux conseils que nous avons apportés, en relation avec leur vétérinaire, à l’issue de résultats ponctuels positifs. 3 élevages ont effectué un dépistage avec comme objectif l’acquisition de garantie de cheptel. 11 élevages sont sortis du plan, 9 pour cessation d’activité et 2 pour raison de coût.  

Bilan de la campagne paratuberculose 2014/2015. Se protéger et intervenir rapidement en cas d’alerte

Des caractéristiques de cette maladie qui rendent sa maîtrise difficile…

Trois caractéristiques de cette maladie conditionnent les plans de lutte et de prévention :

  • Un long développement au niveau de l’animal. Le germe se développe très lentement chez le bovin, la contamination a lieu le plus souvent dans le premier mois de vie et les premiers symptômes apparaissent, en cheptel allaitant, entre 2 à 4 ans dans 50 % des cas, beaucoup plus tard jusqu’à l’âge de 10 ans et plus pour les 50 autres % après une période d’excrétion donc de contamination du milieu plus ou moins longue.
  • Un germe très résistant dans le milieu extérieur, tout particulièrement en milieu acide.
  • Des analyses disponibles pour détecter les bovins atteints imparfaites puisque la détection des bovins infectés ne peut intervenir que 2 ans minimum après l’infection lorsqu’ils sont en phase d’excrétion (PCR) ou à un stade d’infection avancé (ELISA). Cependant, ces analyses permettent de détecter les animaux infectés avant qu’ils ne présentent des symptômes (premier apport d’un plan d’assainissement) et d’apporter des garanties de cheptel par leur répétition au niveau d’un troupeau.

… d’où la nécessité d’associer précocité d’intervention, vigilance et constance dans l’action…

Du fait des caractéristiques de cette maladie, plus l’intervention sera précoce (intervenir dès la mise en évidence de la maladie dans l’élevage), moins le plan d’assainissement sera long et donc couteux. Le plan de lutte s’appuie sur deux catégories de mesures : la détection et la réforme précoce des animaux excréteurs et de leur dernier descendant et la maîtrise sanitaire des risques de contamination. Toute ommision d’une mesure, expose au mieux à une augmentation de la durée du plan, au pire à un échec. Le bilan de la campagne 2014/2015 fait apparaître une situation qui globalement s’améliore. Sur 164 cheptels en assainissement, 73 ont obtenu une première série de résultats négatifs. Dans la quasi-totalité des élevages en plan d’assainissement, on observe plus de cas cliniques.

… et de se protéger par la connaissance du statut du cheptel de provenance…

La contamination de son cheptel par la paratuberculose peut s’effectuer par l’introduction d’un bovin infecté. Le contrôle individuel présentant d’importantes limites, à la demande de GDS France, l’ACERSA (association de certification en santé animale) a élaboré un référentiel technique national d’apport de garantie de cheptel afin de pallier aux insuffisances des examens individuels. Il repose sur les données scientifiques et éléments de terrain recueillis au sein des différentes régions et, en particulier, sur le travail réalisé dans le Limousin. Ce dispositif est à disposition de tous les GDS depuis mai 2004. La connaissance du statut du cheptel d’origine apporte la meilleure garantie. La progression observée depuis plusieurs années se confirme. 156 élevages sont sous apport de garantie (au moins deux séries négatives sur tous les bovins de plus de 24 mois, liste disponible à GDS Creuse). 56 % sont des cheptels reproducteurs limousins, le dépistage de la paratuberculose étant une obligation dans le cadre du Herd-book Limousin (HBL). En Creuse, les 106 élevages en HBL, ont un plan de dépistage, 88 sont sous apport de garantie soit 82 % des élevages HBL creusois. Outre ces élevages « HBL », 68 élevages (44 %) sont aussi sous apport de garantie, qui pour une grande majorité sont des élevages préparant leur cessation d’activité (essentiellement des éleveurs limousins). Ceci fait suite à la sensibilisation mise en place par GDS Creuse depuis quelques années. Se trouvent également dans cette catégorie des éleveurs laitiers. De plus, l’historique accumulé chez tous ces élevages en dépistage de troupeau permet de renforcer les garanties apportées, même dans les élevages non encore sous apport de garantie par rapport aux cheptels tout venant.

… avec un contrôle à l’introduction associant analyses sanguine et de fèces

Malgré la remarquable progression en matière d’apport de garantie de cheptel vis à vis de la paratuberculose, nombre de bovins introduits ne rentrent pas dans ce cadre. Donc, tout bovin devra faire l’objet d’un contrôle à l’introduction en prenant en compte les limites et composantes de cet examen. Rappelons que toute analyse est inutile sur un bovin de moins de 18 mois du fait du manque de sensibilité de l’analyse à cet âge. Donc, aucune garantie individuelle ne pourra être apportée, seul le statut du cheptel d’origine sera utile. Du fait d’une sensibilité limitée des analyses, sur tout bovin de plus de 18 mois sans garantie de cheptel, il sera associé systématiquement une recherche paratuberculose sur le sang (ELISA) et sur les fèces (PCR). GDS Creuse, avec l’aide du Conseil Départemental, prend en charge 50 % des frais d’analyses lors d’utilisation du billet de garantie conventionnelle.

Le respect strict les mesures sanitaires, une des composantes de notre concept « Le sanitaire… J’adhère ! » avec un accompagnement de GDS Creuse

La réussite de la prévention et de la lutte contre la paratuberculose passe par un strict respect des mesures sanitaires : précautions à l’introduction pour éviter son entrée, mise en place rapide et respect avec vigilance et constance des mesures préconisées en cas de présence dans l’élevage. Notre investissement dans cette action est technique (outils collectifs pour la prévention et la lutte et le suivi individuel, en relation avec le vétérinaire de l’élevage) et financier (aides aux analyses et visites, mutuelle sanitaire en élevage bovin). C’est une des composantes de notre concept « Le sanitaire… J’adhère ! »

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