Bonne vulgarisation de la génomique bovine vaut mieux que mauvaise médiatisation

François d'Alteroche - Réussir Bovins Viande Novembre 2011

C omme l’expliquent souvent les promoteurs de la génomique, cette technique n’a strictement rien à voir avec les organismes génétiquement modifiés. « La génomique ce n’est pas des manipulations. C’est juste un outil de sélection », résumait David Dupassieux, directeur technique d’Umotest. L’objectif de ce nouvel outil est de regarder et d’essayer de comprendre comment un gène arrive à s’exprimer et comment ce qui est présent dans le génotype se traduit sur le phénotype. La technique respecte l’intégrité du génome. Il n’est donc pas question de parler de vaches génétiquement modifiées.
« Ce n’est ni plus ni moins qu’un nouveau moyen de sélectionner des animaux. En revanche, il est essentiel de ne pas laisser croire qu’il s’agit là de manipulation génétique », ajoutait Stéphane Patin directeur de Races de France, la fédération française des Upra et livres généalogiques.
Pour l’instant, la plupart des consommateurs ne sont guère au courant de l’application qui est faite de cette technique à l’élevage bovin. Il devient en revanche urgent de réfléchir à la façon dont ces pratiques seront médiatisées et vulgarisées auprès du grand public.

© Gènes Diffusion

Pour génotyper un animal, on utilise des puces à ADN et des lames sur lesquelles sont disposés des fragments d’ADN contenant un marqueur.

Eviter les éventuels "faucheurs"

Luc Chopard, directeur de l’UCATRC expliquait qu’il avait récemment eu une discussion à ce sujet avec un éleveur commercialisant en vente directe une partie de sa production. Ce dernier s’inquiétant des risques d’une médiatisation maladroite de ces pratiques craignait que l’on se retrouve confronté à une problématique proche de celles des OGM avec des taureaux d’IA qui pourraient être assimilés à des « taureaux de laboratoire ».
« Après les faucheurs de maïs OGM, nous ne voulons pas être confrontés à d’éventuels faucheurs de testicules de taureaux sélectionnés grâce à la génomique ! », ajoutait le directeur de l’Ucatrc. « Nous allons devoir faire des efforts de communication afin de mieux expliquer le pourquoi et le comment de ce travail aux différents prescripteurs d’opinion », précisait Patrick Ramet.

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