CA de GDS Creuse. Plan d’action « positifs IBR isolés »

Christian PETIT & Dr Didier GUERIN

CA de GDS Creuse. Plan d’action « positifs IBR isolés »

Alerte « positifs IBR isolés » => Ce 19 mars, GDS Creuse a réuni son Conseil d’Administration pour faire un point d’étape sur la campagne en cours. Le plan d’action « positifs IBR isolés » a fait l’objet d’une étude approfondie.

CA de GDS Creuse. Plan d’action « positifs IBR isolés »

Ce 19 mars, le CA de GDS Creuse s’est, notamment, penché sur l’alerte « positifs IBR isolés ». Cet article fait le point sur le plan d’action lié à cette problématique. Un prochain article abordera d’autres thématiques traitées par ce CA.

Des résultats « atypiques » IBR dans 5 % des cheptels sous appellation…

Aux 2/3 de la prophylaxie 2014/2015, une augmentation des résultats « atypiques » IBR est observée. 89 cheptels sous appellation (soit 5 % des cheptels ayant réalisé leur prophylaxie) ont présenté un ou deux résultats positifs (81 élevages avec un résultat positif, 8 avec 2 résultats positifs) contre 21 la campagne précédente à la même période, sachant que pour certains, ce sont de vrais positifs. Cette problématique, observée dans nombre de départements, semble liée à 2 phénomènes :

  • Une modification de l’équilibre sensibilité/spécificité des kits suite à une décision unilatérale de 2010 du Laboratoire National de Référence IBR (LNR-IBR, à l’époque, le laboratoire de Sophia-Antipolis) d’augmenter la sensibilité. Nous les avions alors alertés sur la répercussion possible sur la spécificité (cf. encadré « Fiabilité » des tests de dépistage). Malheureusement, notre alerte se traduit dans les faits actuellement.
  • Une possibilité de « réaction croisée » avec d’autres agents voisins du virus IBR (virus BHV1), comme les virus BHV4 et BHV5 ou d’autres entités encore inconnues. Cela demande de poursuivre les recherches déjà entreprises dans ce domaine.

… des actions correctives, une prise en charge par GDS Creuse

Depuis mai 2013, le nouveau LNR-IBR est le laboratoire ANSES de Niort. En concertation avec GDS France et l’ACERSA, de nouveaux axes ont été initiés. Parallèlement, les règles de gestion ont été adaptées. Le plan d’action se définit comme suit :

  • De nouvelles règles de gestion basées sur 2 objectifs : limiter les contraintes pour les éleveurs concernés et avoir un protocole de recontrôle plus discriminant afin d’éviter l’élimination d’animaux faussement positifs.
  • La collecte des cas particuliers, mise en place depuis 2014, qui doit permettre au LNR-IBR de mieux comprendre la situation.
  • Le développement par le LNR-IBR d’un outil de confirmation pour pouvoir trancher simplement et rapidement.
  • Une campagne de collecte de sang dans des cheptels avec des profils spécifiques pour réévaluer le niveau de performances attendu et redéfinir le compromis sensibilité/spécificité des kits. Nous sommes impliqués, donc, en relation avec votre vétérinaire sanitaire, certains d’entre vous pourront être sollicités.

Ce phénomène « positifs IBR isolés » entraîne des frais supplémentaires (augmentation des analyses individuelles, recontrôles des bovins…) pris en charge par GDS Creuse par mutualisation dans le cadre de la cotisation certification.

L’apport de garantie, un fondamental de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! »

Il est primordial de se souvenir que le risque sanitaire peut provenir de « faux négatifs ». La gestion des « faux positifs » se réalise selon les conditions épidémiologiques et demande de constantes adaptations du fait de l’évolution des kits et de la régulière circulation de nouveaux germes, pour la plupart non-pathogènes, mais pouvant avoir une communauté antigénique avec les entités recherchées et provoquer des détériorations de spécificité. Ce travail est réalisé par les GDS en collaboration étroite avec les LDA, les vétérinaires et le LNR. Localement, nous étudions de manière approfondie chaque situation pouvant vous générer des difficultés afin de limiter les conséquences sans prise de risques sanitaires. Pour plus de renseignement, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire sanitaire ou nous-mêmes.

« Fiabilité » des tests de dépistage

L’application d’un test de dépistage conduit inéluctablement à un risque de résultats non-conformes. Sensibilité et spécificité sont des composantes de la « fiabilité » d’une analyse.

La sensibilité pour détecter tous les infectés, la spécificité pour garantir tous les indemnes

La sensibilité d’un test correspond à son aptitude à fournir une réponse positive chez un individu infecté. Elle s’estime par la proportion d’infectés fournissant une réponse positive au test. Pour l’IBR, elle se situe vers 99,6 %. En paratuberculose, sur des animaux de plus de 18 mois, elle ne dépasse pas les 50 %, que ce soit par ELISA sur le sang ou PCR sur les fèces. Les insuffisances de sensibilité sont palliées par la répétition des tests dans le temps et sur l’ensemble d’une population.

La spécificité correspond à son aptitude à fournir une réponse négative chez un individu indemne. Elle s’estime par la proportion d’individus indemnes fournissant une réponse négative au test. Pour l’IBR, elle se situait vers 99,5 %, pour cette campagne, elle est descendue aux alentours de 99 %. En paratuberculose, pour l’ELISA sur le sang, la spécificité est voisine de 98 % ; pour la PCR sur les fèces, elle avoisine les 100 %. Les insuffisances de spécificité sont palliées par la réalisation d’un autre type de test en prenant en compte les conditions épidémiologiques.

L’interrelation entre la sensibilité et la spécificité impliquant une amélioration de l’une au détriment de l’autre

Pour un test donné, en fonction de la valeur choisie pour le seuil de positivité (voir schéma sensibilité et spécificité), on peut améliorer la sensibilité ou la spécificité, mais toujours au détriment l’une de l’autre. Une excellente sensibilité (détection de tous les animaux infectés) implique une détérioration de la spécificité (nombreuses erreurs par excès). De même, une amélioration de la spécificité (absence d’erreurs par excès) entraîne la non-détection accrue de certains animaux infectés. En milieu contaminé, on privilégiera la sensibilité afin de détecter le maximum d’infectés. A l’inverse, en milieu indemne, en cas de nouvelle contamination, étant donnée que nous sommes face à des maladies contagieuses qui entraîneront un grand nombre d’infectés, ce sera l’amélioration de la spécificité qui sera recherchée.

CA de GDS Creuse. Plan d’action « positifs IBR isolés »

Les tests disponibles pour le dépistage des maladies infectieuses sont essentiellement sérologiques, en particulier la réaction ELISA. Cette méthode permet de différencier les animaux infectés et indemnes grâce à une méthode colorimétrique avec des lectures de densités optiques. Sur le schéma, on remarque deux sous-populations importantes (rouges : infectés, vertes : indemnes). Il existe une zone intermédiaire (orange) correspondant aussi bien à des animaux indemnes qu’infectés avec une plus grande proportion d’animaux indemnes entre a et b et une plus grande proportion d’animaux infectés entre b et c. Si l’on choisit comme valeur seuil, la ligne a, on supprime les faux négatifs mais on augmente considérablement les faux positifs. A l’inverse, si la valeur seuil choisie est la ligne c, on a plus de faux positifs mais le nombre de faux négatifs augmente fortement. Cela implique deux conclusions :

  • Il y a nécessité de faire un choix afin de trouver un équilibre raisonné entre la spécificité et la sensibilité d’un test donné.
  • L’application d’un test de dépistage conduit inéluctablement à un risque de faux résultats dont le niveau dépend des qualités intrinsèques du kit.

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